Une adolescente slovaque à la conquête du hockey féminin
Nela Lopušanová est arrivée aux États-Unis à l'automne 2023 avec un sac de hockey, quelques vêtements et le strict nécessaire pour sa chambre d'étudiante. Alors âgée de 15 ans, l'attaquante slovaque est arrivée seule dans son nouveau pays pour jouer au hockey dans une école secondaire de l’État de New York. Dès son arrivée, elle s'est immergée dans une nouvelle langue et une nouvelle école, loin de chez elle. C'est un grand changement, mais c'est ce que l'adolescente a toujours voulu : venir en Amérique du Nord, faire des études et continuer à se développer en tant que hockeyeuse. Ses performances peuvent maintenant lui permettre de rêver plus grand, après s'être fait connaître en marquant un but de type Bien qu'inscrites dans une ligue où le calibre de jeu est moins relevé, ses statistiques dans la Ligue professionnelle slovaque sont ahurissantes : 49 points, dont 28 buts, en 8 matchs à l’âge de 14 ans et 40 points en 6 matchs la saison précédente, à l'âge de 13 ans. Lors de ces deux saisons, elle a également disputé des matchs avec l’équipe masculine des moins de 16 ans où ses statistiques sont tout aussi impressionnantes. Elle a récolté 56 points en 19 matchs à sa dernière année dans cette équipe. À 16 ans, Lopušanová tente de mener son pays à sa première qualification olympique depuis celle de 2010, dans le but de développer son sport dans son pays natal et de montrer aux jeunes joueuses ce qu'il est possible d'accomplir. Elle s’est fait connaître pour ses buts spectaculaires et ses statistiques dignes de jeux vidéo, et elle montre que le hockey féminin est en pleine effervescence depuis quelques années. Elle dispose désormais d'une grande plateforme pour mettre en valeur son talent, au-delà de l'université et des Jeux olympiques. Les compétitions internationales féminines prennent de l’ampleur, mais il y a également la LPHF, qui vise à attirer les meilleures joueuses du monde. Lopušanová a la ligue professionnelle dans sa ligne de mire. Aucune Slovaque n'a encore porté les couleurs d’une équipe. Nela Lopušanová s'est d'abord fait connaître grâce à un but « à la Michigan » inscrit lors du Championnat des moins de 18 ans, il y a deux ans. Photo : La Presse canadienne / AP / Gene J. Puskar Un an et demi après son arrivée en Amérique du Nord, Lopušanová s'est bien intégrée à Bishop Kearney, une école privée qui propose un programme de hockey d'élite dans la ville de Rochester. En dehors de la glace, elle a appris à pratiquer un autre sport en effervescence, le football drapeau. Ce sport, dans lequel elle excelle également, l'aide à améliorer sa vitesse sur la glace. En début d’année, les Bills de Buffalo l'ont sélectionnée comme leur candidate au prix de joueuse de l’année aux États-Unis. Ses autres passe-temps incluent le pickleball, les jeux vidéo avec ses coéquipières et un peu de cuisine. Les quesadillas sont sa spécialité, mais elle dit que les repas de sa mère lui manquent et qu'elle attend avec impatience la visite de sa famille cette année. Lopušanová remercie ses entraîneurs et ses coéquipiers de l'avoir si bien accueillie dans ce nouveau pays. Sur la glace, elle a ébloui tous ceux qui sont venus la voir jouer, que ce soit au Championnat du monde ou à Rochester avec Bishop Kearney, où ses exploits avec la rondelle lui ont apporté de nombreux partisans. Elle a réussi son premier but Elle a ajouté un autre but identique à sa fiche, cette fois avec l'équipe senior de Slovaquie, dans un tournoi de qualification olympique en décembre. Cependant, les buts spectaculaires ne représentent qu’une seule facette de son jeu. Lopušanová se décrit surtout comme une fabricante de jeux qui aime permettre à ses coéquipières de marquer. Elle l’a fait abondamment au championnat des moins de 18 ans cette année, où elle a inscrit six mentions d’aide et a pris part à tous les buts de son pays, à l'exception de trois d'entre eux. À ces 6 mentions d’aide, elle a ajouté 5 buts pour conclure le tournoi avec 11 points en cinq matchs. Nela Lopušanová s'adapte bien depuis son arrivée aux États-Unis en 2023. Photo : La Presse canadienne / AP / Gene J. Puskar Lopušanová a commencé à jouer au hockey sur un étang en Slovaquie, après avoir vu son frère aîné sur patins. Cette joie ressentie sur cet étang est restée. Elle a toujours l'air de s'amuser sur la glace et n'hésite jamais à essayer quelque chose de nouveau. La Slovaquie a été dépassée par des puissances comme le Canada et les États-Unis lors du tournoi des moins de 18 ans, surtout lorsque Lopušanová n'était pas sur la glace. Elle a tout de même joué un rôle important dans le maintien de son pays en première division chez les moins de 18 ans. Elle lui a permis d’éviter la relégation face au Japon. Nela Lopušanová, à gauche, lors d'une compétition internationale avec la Slovaquie. (Photo d'archives) Photo : Gracieuseté : IIHF Pour nous, c'est comme [Connor] McDavid pour le Canada. Elle a rendu le hockey féminin en Slovaquie beaucoup plus populaire qu'il ne l'était auparavant. Elle l'a fait rien qu'avec son jeu. Puis en février, la Slovaquie a tenté en vain d'obtenir un laissez-passer pour les Olympiques. La jeune sensation et ses coéquipières, plus âgées, se sont inclinées face à l'Allemagne lors d'un match décisif du tournoi de qualification. Le rêve olympique demeure toutefois bien vivant chez Lopušanová, qui s'est fixée pour objectif de montrer l'exemple aux filles qui veulent venir jouer en Amérique du Nord. Jouer contre les États-Unis et le Canada, si cela se produisait aux Jeux olympiques, ce serait extraordinaire et l'un de mes rêves. Ses entraîneurs sont enthousiastes à l'idée qu'un plus grand nombre de personnes puissent la voir jouer. Ils ne doutent pas non plus qu'elle soit à sa place. Lopušanová s'est engagée à jouer dans l'un des meilleurs programmes de hockey féminin de la NCAA, l'Université du Wisconsin, à partir de la saison 2026-2027. En général, les joueuses qui accèdent à la LPHF terminent d'abord leurs études universitaires. Cependant, il se peut que les partisans de cette ligue n’aient pas à attendre cinq ans avant de la voir en action. Contrairement à la LNH, il n'y a pas d'âge minimum pour être repêché dans la LPHF. À partir des informations de Karissa Donkin de CBC SportsC'était mon plus grand rêve depuis que je suis toute petite
, a déclaré Lopušanová lors d'un entretien avec CBC Sports.Michigan
lors du Championnat du monde des moins de 18 ans, il y a deux ans. Depuis, elle a été nommée à deux reprises joueuse la plus utile de ce tournoi. C'est la seule à avoir réalisé l'exploit.Les buts
à la Michigan
J'aimerais être la première. Je vais travailler dur et j'espère y arriver
, a-t-elle dit à CBC Sports.
Ce sont des gens extraordinaires. Ils m'ont aidée et il est facile pour moi de vivre ici
, note-t-elle.à la Michigan
au mondial des moins de 18 ans de 2023. Comme de nombreux jeunes hockeyeurs, Lopušanová a appris la manœuvre en regardant des vidéos sur YouTube. Elle a décidé de l'essayer lors d'un match après que son père l'a mise au défi.Je suis vraiment contente d'avoir réussi
, lance-t-elle en souriant.Une fabricante de jeux

Son objectif est de donner à ses coéquipières des occasions de marquer dans des filets vides, si elle peut capter l’attention de la gardienne, capter l'attention de l'adversaire
, a déclaré Chelsea Walkland, qui entraîne l'équipe des moins de 19 ans de Bishop Kearney. Vous devriez la voir s'illuminer lorsque ses coéquipières inscrivent un but grâce à elle. C'est assez remarquable pour une joueuse de ce calibre d'être aussi humble et d’être aussi heureuse à jouer.
C'est une artiste à bien des égards. Je pense que du point de vue de l'opposition, elle est menaçante à chaque présence sur la glace. Mais je pense que du point de vue des partisans, chaque fois qu'elle a la rondelle, on est fébriles parce qu'il peut se passer quelque chose de génial
, a souligné Walkland.Développer le hockey en Slovaquie

Nela est le plus grand talent que nous ayons jamais eu dans le hockey féminin
, a dit Michal Kobezda, entraîneur de la Slovaquie lors de ce tournoi. Si Lopušanová peut rappeler à certains un autre jeune joueur qui ressent la pression de sa nation, Juraj Slafkovský, son entraîneur la compare plutôt à un autre joueur bien connu.J'essaie vraiment d'améliorer le hockey en Slovaquie
, a-t-elle déclaré. Elle est à la hauteur de ces moments
Nela est ce genre de joueuse : plus le match est important, plus elle élève son niveau de jeu
, a déclaré Walkland. Elle est à la hauteur de ces moments.
Je pense qu'elle pourrait jouer à ce niveau même aujourd'hui, pour être honnête
, a affirmé Cari Coen, directrice du hockey féminin à Bishop Kearney.
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