Transport suspendu en mars pour les aînés malades
Les centres d'action bénévole (CAB) de la Gaspésie suspendront durant tout le mois de mars le transport offert aux aînés malades âgés de 65 ans et plus. Ils réclament, pour pouvoir mener à bien leurs activités, un financement adéquat au Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Gaspésie et à Santé Québec. Les huit organismes de la péninsule coordonnent et planifient l’intervention des bénévoles qui transportent les patients qui doivent se déplacer sur le territoire ou à l'extérieur de la région pour des soins de santé. Les CAB de la région estiment que ces services coûtent au total quelque 485 000 $ par an. Les organismes déplorent que le CISSS de la Gaspésie, qui a versé un montant de 200 000 $ en 2023-2024 pour soutenir cette offre, a mis fin à sa contribution pour l’année financière en cours. Les CAB demandaient 350 000 $ au réseau. Pour la présidente du Regroupement des centres d’action bénévole Gaspésie–Les-Îles, ces coupes constitueraient un effet collatéral du déficit anticipé avec lequel doit composer le CISSS gaspésien. Nancy Valois, directrice du CAB Saint-Alphonse-Nouvelle et présidente du Regroupement des centres d’action bénévole Gaspésie–Les-Îles (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Roxanne Langlois Celle qui dirige le CAB Saint-Alphonse-Nouvelle rappelle que la décision de suspendre les transports, qu’elle juge essentiels et vitaux, n’a pas La personne qui va en oncologie ou qui va en hémodialyse trois fois par semaine et qui n’a pas de proche aidant autour d’elle, elle est toute seule. Je pense que ça démontre l’importance de ce service. Mme Valois rappelle que ce jumelage entre un bénévole et une personne âgée constitue une solution humaine qui est loin de se limiter à un simple transport. En 2024-2025, les bénévoles des centres d'action bénévole de la Gaspésie ont parcouru plus de 477 000 km pour accompagner des aînés à 4871 rendez-vous. Photo : Gracieuseté du Regroupement des centres d’action bénévole Gaspésie-Les Îles Si les accompagnateurs ne sont pas rémunérés pour le transport des malades, ils reçoivent néanmoins une indemnité pour pallier les coûts reliés à l’essence et à l’usure de leur véhicule. Les bénéficiaires du service paient quant à eux entre 30 et 50 % de ce montant en moyenne. Or, leur refiler l’entièreté de la facture ne constitue pas une possibilité, selon les CAB. Nancy Valois rappelle par ailleurs que les distances à parcourir pour aller à un rendez-vous médical peuvent s’avérer très importantes en Gaspésie, notamment pour les malades habitant les extrémités du territoire. Elle ajoute que la population régionale se fait vieillissante et que les besoins sont à la hausse. L’offre a d’ailleurs dû être restreinte au cours des dernières années. Michel Alexandre Cauchon est le directeur général de la Fédération des centres d’action bénévole du Québec. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Claude Bouchard La Fédération des centres d'action bénévole du Québec soutient quant à elle la décision de ses membres gaspésiens puisque selon elle, ce type de service est fragilisé partout au Québec en raison d’un sous-financement de l’État. Le CISSS de la Gaspésie défend quant à lui que le financement du service n’a pas été amputé, puisqu’il ne faisait pas l’objet de fonds récurrents. Il renchérit aussi que le financement global des huit organismes a plutôt été bonifié en 2024-2025. Selon le réseau régional de la santé, l’aide de 200 000 $ accordée l’an dernier pour le service de transport en était une d’urgence seulement. Cette aide avait été convenue Le gestionnaire confirme que le déficit à prévoir au CISSS de la Gaspésie ne permet plus de reconduire une telle enveloppe exceptionnelle. L'organisation précise néanmoins avoir offert 80 000 $ aux huit organismes pour le maintien de l’offre en Gaspésie, ce qui représenterait 10 000 $ par CAB. Le PDG du CISSS de la Gaspésie, Martin Pelletier (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose M. Pelletier indique que cette somme a été attribuée Le couloir de relation avec les CAB est bon. On se parle, on essaie de trouver des solutions. […]. Mais il reste qu’en bout de ligne, ça ne nous amène pas plus d’argent. M. Pelletier rappelle que la situation financière du CISSS actuelle ne permet plus de soutenir davantage les services. Selon le CISSS, une soixantaine de personnes seraient touchées par l’arrêt du service de mars. Les CAB mentionnent quant à eux que jusqu'à 1000 transports pourraient être compromis. Accompagnatrice bénévole depuis environ 14 ans, Hélène Porlier comprend la posture difficile dans laquelle se retrouvent les CAB du territoire qui, à son avis, On est pris à la gorge. Si on n’a pas de famille, si on n’a pas trop de connaissances, si on est déjà démunis, on fait quoi?Ils ont 40,7 millions à couper et on en déduit qu’on fait partie de ce décompte-là
, déplore Nancy Valois.
été prise de gaieté de cœur
puisqu’elle aura irrémédiablement des conséquences négatives.La majorité de nos aînés [qui utilisent le service] n’ont pas d’autres moyens de transport
, observe par ailleurs la gestionnaire. C’est riche comme accompagnement, c’est rassurant
, lance-t-elle, indiquant qu’il ne peut être remplacé par du transport en commun ou adapté.
Nous savons très bien que nos aînés n’ont pas les moyens financiers d’absorber la facture à 100 %. […] On est persuadés que certains ne se présenteraient pas à leur rendez-vous
, précise Mme Valois.
C’est sûr et certain que les centres d’action bénévole membres de la fédération, partout au Québec, regardent très attentivement ce qui se passe en Gaspésie
, confirme son directeur, Michel Alexandre Cauchon. Il rappelle que les organismes communautaires ne peuvent prendre les responsabilités du gouvernement provincial.Deux visions différentes
en réponse à leur détresse
, indique le président-directeur général (PDG) du CISSS, Martin Pelletier.
pour être capable de finir l’année et prioriser les cas qui sont plus critiques en termes de besoins de transport dans des situation d’oncologie, par exemple
. Ce montant serait néanmoins conditionnel à une sélection des cas les plus urgents, précise-t-il.On est dans un contexte où il faut restreindre nos dépenses, même les diminuer
, rappelle-t-il. Le réseau régional de la santé indique par ailleurs être à pied d’œuvre pour trouver une alternative et invite les bénéficiaires dépourvus de transport à contacter l’intervenant clinique responsable de leur dossier. Une décision
désastreuse
tiennent à bout de bras le service
. La retraitée de Maria juge néanmoins la suspension du transport bénévole désastreuse
. Celle qui effectue plusieurs heures de bénévolat par semaine constate que de nombreuses personnes âgées comptent sur ce service et sont sans ressource. Je trouve ça triste. Les gens qui sont malades, ils ne font pas ça par plaisir. Tu ne choisis pas d’être malade
, ajoute la dame, qui espère qu'une solution sera trouvée rapidement.
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