Des quotas pour limiter le nombre d’étudiants étrangers au Québec
Les universités, les cégeps et les collèges privés devront prochainement limiter le nombre d'étudiants étrangers qu'ils pourront accueillir. Le gouvernement Legault a décidé de mettre en place des quotas de certificat d'acceptation du Québec (CAQ) délivrés par institution, selon les informations obtenues par Radio-Canada. Un décret sera publié mercredi à cet effet, à l’issue du conseil des ministres. Dans le passé, aucune limite n'était fixée, ce qui a entraîné plusieurs dérives et une hausse marquée du nombre d'étudiants étrangers au Québec. L'obtention du CAQ est une étape obligatoire pour chaque personne qui souhaite par la suite obtenir un permis d'étude, qui est octroyé par le gouvernement fédéral. Le plafond du nombre de CAQ variera cependant selon chaque établissement, d'après un document gouvernemental interne qu'a pu consulter Radio-Canada. Celui, daté du mois de février, dresse la liste des quotas qui seront imposés. Les quotas toucheront, par exemple, nettement moins certaines universités qui accueillent déjà des milliers d'étudiants étrangers, notamment à Montréal. En revanche, d'autres établissements seront plus touchés, comme des écoles qui servent massivement comme tremplins pour demander l'asile au Canada. Selon nos informations, des collèges privés ne seront pas épargnés eux non plus par ces mesures provinciales, notamment ceux qui ont été visés par des enquêtes de Québec, lancées dans la foulée des révélations de Radio-Canada concernant certaines pratiques de recrutement et conditions d'enseignement. Dans certains de ces établissements, plusieurs milliers de CAQ avaient été délivrés à des étudiants étrangers, majoritairement indiens. Désormais, seulement quelques dizaines ou centaines de ces certificats seront octroyés annuellement, selon les institutions. Cette mesure était dans l'air depuis le dépôt du projet de loi 74, cet automne, qui visait à créer des outils pour encadrer le nombre d'étudiants étrangers au Québec, qui n'a cessé d'augmenter dans les dernières années. D'après des documents publics, Québec avait délivré près de 134 000 CAQ en janvier 2024, contre environ 122 000 un an plus tôt. Cette hausse s'est d'ailleurs accentuée depuis l'arrivée du gouvernement Legault au pouvoir, puisque moins de 60 000 certificats avaient été émis en 2018. Le ministre de l'Immigration, Jean-François Roberge, veut diminuer le nombre d'étudiants étrangers au Québec. Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel Ni le ministre de l'Enseignement supérieur ni celui de l'Immigration n'ont souhaité émettre de commentaires. À ce jour, les établissements, qui ont fait plusieurs démarches ces derniers mois pour limiter l'intervention de Québec, n'ont pas encore été informés des intentions du gouvernement Legault qui seront officiellement dévoilées mercredi, nous a-t-on confié. Cette décision survient alors que de récents discours sur l'immigration et les mesures, instaurées tant par Ottawa que par Québec, auraient déjà un impact à la baisse sur les prochaines inscriptions universitaires et collégiales. Il y a un enjeu de compétitivité. On n’a pas assez d’étudiants internationaux pour les besoins de talents qu’on a ici. Cette annonce sur les quotas d’étudiants étrangers survient au moment où Québec vient de mettre à jour en catimini sa Liste des professions admissibles au traitement simplifié. Celle-ci, entrée en vigueur le 24 février, compte désormais 76 titres de profession admissibles, contre 267 un an plus tôt. Le traitement simplifié (Nouvelle fenêtre) permet l’embauche de travailleurs étrangers temporaires dans des professions spécialisées selon En 2023, près de 20 000 certificats d’acceptation du Québec ont été délivrés en vertu d’un traitement simplifié. La publication de cette nouvelle liste, valable jusqu'au 23 février 2026, a surpris le milieu universitaire, en raison notamment de l’exclusion cette année des professeurs et chargés de cours au niveau universitaire. Le recteur de l'Université de Montréal, Daniel Jutras, se désole de la décision de Québec d'exclure les professeurs du traitement simplifié d'immigration. Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel Le recteur de l’Université de Montréal, Daniel Jutras, y voit Attirer les meilleurs talents ici est un gain pour le Québec, pour tout ce qui a trait à l’innovation, qu’elle soit sociale, économique ou technologique. Dans le contexte international actuel, alors que des chercheurs de l’étranger souhaitent de nouvelles opportunités, ce n’est pas le temps d’ériger des obstacles supplémentaires à leur recrutement. À l’Université de Montréal, près du tiers (32 %) des professeurs recrutés requièrent une démarche d’immigration. Parmi les autres professions exclues de la liste, on trouve les enseignants de niveau collégial en formation professionnelle ainsi que les aides-enseignants aux niveaux primaire et secondaire. Radio-Canada dévoilait également en novembre que Québec suspendait ses missions de recrutement à l’étranger en 2025, notamment en Europe et en Afrique, où il recrutait des centaines d’ingénieurs, des informaticiens, des infirmières et du personnel enseignant pour atténuer les pénuries. Avec la collaboration de Julie Dufresne
Des baisses déjà en cours
C’est l’image de marque de l’attractivité du Québec et du Canada qui est en jeu
, note Christian Blanchette, le recteur de l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR). Bien que le processus ne soit pas encore terminé, les cégeps constatent déjà, en effet, des baisses des demandes d’admission de la part de candidats et candidates internationaux liés à l’incertitude entourant les politiques d’immigration des derniers mois
, confirme un porte-parole de la Fédération des cégeps.Près de 200 titres de profession retirés
les besoins de main-d’œuvre de toutes les régions
. 
une très mauvaise nouvelle pour l’Université de Montréal, mais aussi pour l’ensemble des universités et pour la société québécoise
. Depuis 2019, nous réitérons chaque année que l’ajout du titre de professeurs sur la liste aide à notre recrutement à l’international et cette année, non seulement on n’a pas pris en considération nos arguments, mais on ne nous a pas avisés du retrait non plus.
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