L’Ukraine aurait conclu une entente sur les minerais avec les États-Unis
Kiev et Washington se sont entendus sur le cadre d'un accord portant sur les ressources minérales ukrainiennes, après de fortes pressions exercées par Donald Trump au cours des dernières semaines, rapportent plusieurs médias, citant des sources gouvernementales ukrainiennes. Conclue sur fond de tensions entre les présidents américain et ukrainien, l'entente, qui devra obtenir l'aval du gouvernement de l'Ukraine, n'inclurait pas les garanties de sécurité auxquelles tenait Kiev. Leurs négociateurs auraient toutefois donné leur assentiment après que les États-Unis eurent abandonné leur demande initiale d'avoir accès aux ressources ukrainiennes pour récupérer l'équivalent de 500 milliards de dollars américains, selon le Financial Times, premier à rapporter ce développement. Des sources de plusieurs médias ont affirmé que le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, qui a été la cible d'attaques et de menaces lancées par son homologue américain, irait à Washington vendredi pour signer l'entente. La Maison-Blanche n'a pas confirmé l'information. L'entente prévoirait le développement conjoint des ressources minérales ukrainiennes, incluant le pétrole et le gaz, mais exclurait les ressources qui contribuent déjà aux coffres du gouvernement ukrainien, comme Naftogaz ou Ukrnafta, les plus grands producteurs pétroliers et gaziers du pays, selon le Financial Times. Les responsables ukrainiens espèrent que cela permettra d'améliorer les relations avec le président américain et ouvrira la voie à un engagement sécuritaire des États-Unis à long terme. Selon le New York Times, le document doit d'ailleurs d'abord être paraphé par le secrétaire américain au Trésor et son vis-à-vis ukrainien. L'entente survient dans un contexte où l'empressement de Donald Trump à mettre un terme rapidement à la guerre en Ukraine et son rapprochement avec la Russie ont alimenté les craintes de voir les États-Unis consentir au président Vladimir Poutine des concessions susceptibles de compromettre la sécurité de l'Ukraine et de l'Europe en plus de modifier le paysage géopolitique. En visite lundi à la Maison-Blanche, le président français, Emmanuel Macron, a plaidé que la paix ne devait pas « signifier la capitulation de l'Ukraine ». Il a en outre déclaré que les pays européens étaient prêts à Le projet d'entente serait né d'une idée lancée l'année dernière par Volodymyr Zelensky, qui voulait que les richesses minérales inexploitées de son pays soient utilisées pour contribuer au financement de son effort de guerre, rapporte le Washington Post. Mais les termes du plan initial de l'administration Trump avaient suscité la consternation des responsables ukrainiens, qui jugeaient que les Américains exigeaient beaucoup de l'Ukraine sans offrir beaucoup en retour. Jugeant certaines demandes inacceptables, le président Zelensky avait d'ailleurs rejeté le plan initial que lui avait présenté M. Bessent lors de sa visite à Kiev, il y a deux semaines. Il avait ensuite dit vouloir un accord « équitable ». Au début du mois, le président américain avait annoncé qu'il voulait obtenir un accès à 50 % des minerais critiques ukrainiens en échange de l'aide américaine déjà livrée. Il disait vouloir obtenir pour son pays un remboursement de 500 milliards de dollars américains, une somme largement supérieure à l'aide fournie à l'Ukraine par les États-Unis depuis le début de l'invasion russe, en février 2022. Donald Trump répète à tort que les États-Unis, sous l'administration Biden, ont dépensé pour l'Ukraine 350 milliards de dollars américains – soit plus de deux fois le montant déboursé par l'Europe. Selon l'Institut de Kiel pour l'économie mondiale, un institut de recherche économique basé en Allemagne, c'est plutôt l'Europe qui est le plus grand contributeur, avec une aide militaire, financière et humanitaire totale de 138 milliards de dollars américains versés à l'Ukraine depuis trois ans. L'aide militaire des États-Unis dépasse celle de l'Europe, mais leur contribution totale, autorisée par le Congrès avec l'assentiment de républicains, est inférieure à 120 milliards. Il y a quelques jours, Donald Trump a accentué la pression sur le dirigeant ukrainien, le qualifiant de « dictateur », un terme qu'il refuse d'appliquer à Vladimir Poutine. Reprenant la propagande du Kremlin, il avait reproché la veille à l’Ukraine d’avoir « commencé » la guerre avec la Russie, qui a pourtant lancé l'offensive contre son voisin. Le président ukrainien avait pour sa part reproché à son homologue américain de vivre dans une bulle de désinformation russe. L'administration Trump a lancé avec Moscou des discussions présentées comme des pourparlers de paix, dont elle a écarté l'Ukraine et ses alliés européens. Les discussions de haut niveau entre les délégations américaine et russe qui se sont amorcées en Arabie saoudite ont suivi le long appel téléphonique d'il y a deux semaines entre Donald Trump et Vladimir Poutine, qui ont convenu de lancer des négociations « immédiates » en vue de mettre un terme à la guerre en Ukraine. Les déclarations des responsables américains ont mis en lumière l'importance de l'établissement d'un partenariat économique russo-américain dans ces discussions. Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche a marqué un virage abrupt non seulement dans la position américaine face à ce conflit, mais aussi dans la politique étrangère menée depuis des décennies par les États-Unis envers Moscou. Devant l’Assemblée générale de l'ONU, lundi, les Américains ont voté avec la Russie pour rejeter une résolution qui réclamait le retrait immédiat des troupes russes du territoire ukrainien. Avec les informations de Financial Times, Bloomberg, New York Times et ReutersTout ce qui était inacceptable a été retiré du texte
, a assuré un responsable ukrainien, cité par CNN. Il a présenté l'entente comme un accord sur les ressources naturelles et la reconstruction.J'ai entendu dire qu'il venait vendredi. C'est correct pour moi s'il veut le faire. Et il aimerait la signer avec moi
, a toutefois commenté le président américain, Donald Trump, alors qu'il signait de nouveaux décrets. Je comprends que c'est une grosse affaire, une très grosse affaire.
Plus les entreprises américaines ont d'actifs en Ukraine, plus les États-Unis ont intérêt à ce que l'économie ukrainienne se porte bien, plus cela crée de la sécurité pour le peuple ukrainien et [...] plus le rendement pour le contribuable américain est élevé
, a récemment argué le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, sur les ondes de Fox News.aller jusqu'à l'envoi de troupes
pour vérifier que la paix [soit] bien respectée
une fois un cessez-le-feu conclu.Trump voulait une compensation pour l'aide américaine
Une relation diplomatique sous tension
Zelensky devrait se dépêcher ou il ne va pas lui rester de pays
, a-t-il lancé mercredi sur sa plateforme Truth Social.
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