Le métro de Montréal décoré par l’œuvre d’une Sherbrookoise
Une artiste-peintre originaire de Sherbrooke remporte la première édition du concours Prochaine Station. Elle voit son œuvre exposée à la station Berri-UQAM du métro de Montréal, pendant un mois.
Sarah Cloutier vient de terminer sa maîtrise en arts visuels et médiatiques à l'Université du Québec à Montréal (UQAM). L'artiste, qui a grandi à Sherbrooke, se trouvait justement dans le métro quand elle a appris l'excellente nouvelle, soit qu'elle a remporté le concours Prochaine Station, organisé par Astral Média et ouvert à tous les étudiants universitaires en art de Montréal.
J'étais en direction du travail, j'ai reçu le courriel, c'était complètement irréel! Je tremblais de joie.
Visibilité inespérée
Compost urbain est le titre de son œuvre éclatante, mesurant 18 m sur 5 m. C'est un paysage qui tire vers l'abstraction. C'est un portrait de la Ville de Montréal. On voit des bâtiments, des parcelles du pont Jacques-Cartier, des rappels du mont Royal. On alterne entre des repères de la ville et des repères plus colorés
, résume l'artiste-peintre dont le tableau a été imprimé sur un panneau publicitaire géant et installé à la station Berri-UQAM pour une durée d'un mois, dans le cadre du festival Montréal en Lumière. Elle reçoit également une bourse de 1000 $.
Même si l'exposition est éphémère, la visibilité pour Sarah Cloutier sera loin d'être passagère. Du moins, elle le souhaite. On ne sait jamais quelle porte ça peut ouvrir. Si des galeristes vont voir, ou d'autres gens qui voudraient des commandes. À la base, je fais de la peinture, mais l'art public, c'est ce qui m'attire le plus. L'accessibilité à l'art
, explique Sarah.

L'artiste-peintre Sarah Cloutier, originaire de Sherbrooke, pose fièrement devant son immense œuvre exposée dans le métro de Montréal.
Photo : Marie-Claude Carignan
Ralentir le regard
La Sherbrookoise aime la réflexion et les discussions engendrées par la force d'une œuvre. J'aime beaucoup l'art engagé
, ajoute-t-elle.
Dans ma pratique, ce qui m'intéresse, c'est vraiment le désir de ralentir le regard à l'ère des écrans, où on consomme tellement d'images et on ne se questionne plus sur ce qu'on voit et ce qu'on consomme.
Elle s'intéresse particulièrement au corps aliéné par l'ère du numérique, une période qui la trouble, certes, mais qui l'inspire aussi. J'ai toujours été très perturbée par ça. J'ai toujours refusé d'avoir un cellulaire. J'essaie de me battre contre ça. J'aimerais un retour aux sources, un retour à nous
, raconte l'artiste professionnelle qui, il y a un mois, a terminé la soutenance de sa thèse de maîtrise à l'Université du Québec à Montréal.
Quand elle obtiendra son diplôme, Sarah Cloutier souhaite vivre de son art et enseigner. J'ai beaucoup d'attirance en enseignement en milieu universitaire.
Ça tombe bien, Sherbrooke compte deux universités. Sait-on jamais, c'est peut-être l'art qui pourrait la ramener à la maison!
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