Peu de réponses sur les effets cumulatifs des parcs éoliens
Le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) a amorcé mardi son audience concernant l'un de ces projets, celui de la Madawaska, situé au sud du Témiscouata. La question des conséquences cumulatives de la présence de plus en plus accrue de ces immenses ventilateurs a refait surface, sans toutefois générer des réponses bien claires. L'ouest du Bas-Saint-Laurent s'apprête à connaître un développement éolien explosif. Le parc éolien qui chevauchera les municipalités de Dégelis et de Saint-Jean-de-la-Lande ajoutera 45 éoliennes dans le paysage. Avec les autres projets en gestation, ce sont près de 350 turbines qui sortiront de terre au cours des prochaines années au Témiscouata et dans le Kamouraska. D'ailleurs, les trois demandes à l'origine de l'audience publique sur ce projet mentionnent la question des impacts cumulatifs sur la faune et l'environnement. Des voix se sont aussi élevées récemment pour réclamer, en vain, une analyse générique du BAPE sur le développement de la filière. Mais l'exercice actuel permet difficilement d'apporter un éclairage aérien. Les limites du mandat se bornent aux limites de la zone d'étude. Le commissaire du BAPE Antoine Morissette a tout de même posé candidement la question suivante au représentant du ministère de l'Environnement : Le projet présenté en audience publique a en effet été amélioré par rapport à la précédente version afin de réduire son impact sur l'environnement. La superficie des milieux humides détruits est passée de 6,6 hectares à 0,3 hectare. À 17 endroits, au lieu de 40, de nouveaux chemins forestiers traverseront des cours d'eau. La superficie déboisée a aussi été revue à la baisse. Les 45 éoliennes n'empiéteront pas non plus sur des érablières en production. Le promoteur a même retiré deux d'entre-elles sur des terres où il pourrait y avoir des entailles d'ici quelques années. Les chauves-souris peuvent fréquenter le site du parc éolien. Photo : Mersey Tobeatic Research Institute/Rick Whitman Le promoteur n'a cependant pas l'intention de mettre en place une mesure pourtant éprouvée pour éviter la surmortalité des chauves-souris. Cette mesure est d'ailleurs obligatoire pour les projets choisis dans le cadre de l'appel d'offres de 2023 et les suivants, ce qui n'est pas le cas du parc de la Madawaska, qui a été sélectionné deux ans plus tôt. Le Le responsable en développement de projets pour EDF, Casey Kennedy, soutient qu'il y aurait des pertes financières si une telle mesure est mise en place. Toutefois, le groupe n'avait pas les détails concernant ces sommes lors de l'audience. Cette première partie de l'audience publique, qui se poursuivra d'ailleurs mercredi, ne permettait pas l'expression d'opinions. Il s'agissait essentiellement d'une période de questions et réponses. La seconde partie aura lieu le 25 mars. C'est à ce moment que les intervenants pourront prendre position et suggérer explicitement des modifications. Le BAPE doit ensuite mettre la chose en délibéré et présenter ses recommandations avant le 24 juin, après quoi le ministre dispose de 15 jours pour publier le rapport.Comment vous faites, au ministère, pour avoir une vue d'ensemble de tout cela?
Chaque projet est évalué avec ses propres caractéristiques
, lui a répondu l'analyste du ministère Raphaël Demers. Si chacun des projets est optimisé, on considère que ça va réduire les impacts cumulatifs.
Ce parc ne sera pas seul au monde
, a rappelé le directeur du Conseil régional de l'environnement du Bas-Saint-Laurent, Patrick Morin. Il a demandé au promoteur selon quels paramètres il analysait les impacts cumulatifs de tous ces parcs éoliens
.De façon générale, plus on met de mesures d'atténuation qui réduisent les impacts du projet lui-même, moins le projet contribue aux impacts cumulatifs
, a fait savoir Nathalie Leblanc, directrice environnement et société de la firme Pesca, mandatée par le groupe EDF.Inquiétude pour les chauves-souris

bridage
consiste à limiter le fonctionnement des éoliennes durant des périodes de faible vent, soit les périodes où les chauves-souris sont le plus actives.Ce n'est pas obligatoire pour le parc de la Madawaska, mais on la recommande très fortement parce que c'est la meilleure mesure d'atténuation pour la mortalité des chiroptères
, est venue ajouter Geneviève Bourget, biologiste au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec.On s'est engagé à faire des suivis dans les trois premières années et si la mortalité des chauves-souris est plus haute qu'anticipée, on serait prêt à regarder des mitigations, comme le bridage
, concède Casey Kennedy.
Advertising by Adpathway









