Sous la menace de tarifs, l’Alberta anticipe trois années de déficits
La menace de tarifs douaniers et l’incertitude économique qui l’accompagne forcent l’Alberta à anticiper une dégradation de ses finances. La plus récente mise à jour économique prévoit un surplus de 5,8 milliards de dollars en 2024-2025, mais le prochain budget est dans le rouge et reste en déficit pour trois ans. La baisse d’impôt promise prend toutefois effet cette année. Le budget devrait ainsi montrer un manque à gagner de 5,2 milliards de dollars en 2025-2026. Il a toutefois avoué qu’il n’avait pas encore réfléchi à la manière de renouer avec l’équilibre. Le cadre fiscal que le gouvernement provincial s’est fixé impose un retour à l’équilibre après trois ans d’actuel déficit. Ce budget est également basé sur des hypothèses incertaines. À moins d’une semaine d’une possible imposition de tarifs douaniers, le gouvernement albertain, comme tous ses homologues, navigue dans un brouillard épais. Le processus budgétaire a été On budgétise pour le pire, on espère le meilleur et on s’assure d’avoir assez de flexibilité. Le gouvernement provincial a donc décidé d’un scénario de base de tarifs douaniers de 15 % sur la plupart des produits exportés aux États-Unis et de 10 % pour les exportations énergétiques. Pour le ministre Horner, ce scénario est plus Même dans ce scénario que le gouvernement estime Si les tarifs sont plus élevés, 15 000 emplois seront perdus cette année, et jusqu’à 41 000 en 2027. Le gouvernement s'attend à ce que les pertes d'emploi s'aggravent en 2026 et 2027 si les tarifs douaniers atteignent 25 %. Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier Le budget prévoit une diminution des redevances pétrolières de plus de 4 milliards de dollars, notamment à cause d’un prix du baril de pétrole plus bas. Le gouvernement table sur un prix du baril de pétrole de 68 $ américains, ce qui est inférieur au prix actuel. Chaque baisse d’un dollar dans le prix du baril par rapport à la prévision du gouvernement crée toutefois une baisse de 750 millions de dollars des revenus. Le gouvernement provincial s’attend toutefois à peu de répercussions des tarifs sur l’industrie pétrolière, et la faiblesse du dollar canadien devrait aider à compenser tout effet. Les revenus des redevances pétrolières sont prévus en baisse à cause d'une diminution du prix du baril. Photo : La Presse canadienne / Larry MacDougal L’incertitude économique nuit aussi aux rendements des fonds d’investissement de la province qui seront 2,3 milliards de dollars moins élevés qu’en 2024-2025. Malgré ce contexte économique, le gouvernement provincial offre une baisse d’impôt aux Albertains, une mesure d’abord promise lors de la campagne électorale du printemps 2023. Une nouvelle tranche d’imposition est créée, appliquant un taux de 8% sur les premiers 60 000 $ de revenus de l’année. Cette mesure est appliquée rétroactivement au 1er janvier, mais les Albertains devraient voir l’effet sur leur paie à partir du 1er juillet. Le gouvernement affirme que cette stratégie permettra jusqu’à 750 $ d’économies annuelles aux contribuables. Elle coûte toutefois 1,2 milliard de dollars aux finances de la province. Maintenant est absolument le moment pour implanter [cette mesure]. Le ministre a avoué que son aversion pour les déficits aurait prévalu si le contexte avait été différent, mais la menace de tarifs douaniers et les inquiétudes liées à l’abordabilité l’ont convaincu d’établir la baisse d’impôt dès 2025. Les propriétaires devraient toutefois voir leur impôt foncier augmenter. La province augmente la part qu’elle demande aux municipalités pour financer l’éducation. Pour une maison de prix médian, la hausse sera de 239 $ par an à Calgary et de 92 $ à Edmonton. L’autre élément pour se prémunir des effets de tarifs douaniers est le doublement du fonds de prévoyance. Quatre milliards de dollars sont mis de côté en cas de répercussions plus importantes de la guerre commerciale avec les États-Unis. Cet argent servira également à compenser des hausses de dépenses liées aux négociations collectives en cours avec la fonction publique. Le feu de forêt qui a ravagé une partie de la municipalité de Jasper a contribué à drainer les deux milliards de dollars du fonds de prévoyance de l'Alberta. (Photo d’archives) Photo : La Presse canadienne / Amber Bracken Le fonds couvre aussi les dépenses liées aux désastres naturels. Après le feu qui a éclaté à Jasper à l’été 2024 et des périodes de sécheresse fortes, les deux milliards de dollars prévus dans le budget précédent ont été intégralement épuisés. Les dépenses augmentent également, mais moins que la combinaison de la croissance de la population et de l’inflation. Certains voient cette donnée comme un seuil minimal pour garantir un niveau constant de qualité des services publics, mais le gouvernement provincial l’utilise comme un plafond à ne pas dépasser. Le budget de l’éducation augmente de plus de 600 millions de dollars par rapport au budget déposé en février 2024. Selon le gouvernement, cet argent permettra notamment de recruter plus d’enseignants et de soutiens éducatifs. Le montant de 10,4 milliards de dollars est toutefois inférieur à ce que le syndicat des enseignants (Alberta Teachers’ Association) espérait pour faire face à la croissance exponentielle d’élèves. En santé, le budget dépasse les 22 milliards de dollars alors que le système est encore en refonte. Même si les augmentations ne correspondent pas à la hausse de la population et à celle de l’inflation, le ministre des Finances, Nate Horner, a assuré que l’Alberta allait rattraper son retard dans le financement de ces services publics. L’éducation, la santé et les services sociaux demeureront des priorités, a-t-il souligné. Le gouvernement provincial a aussi accru les dépenses liées à la sécurité publique pour sécuriser la frontière avec les États-Unis, une des demandes du président américain. Quant au Fonds du patrimoine, dont le gouvernement provincial souhaite multiplier le montant par 10, un milliard de dollars du surplus de 2024-2025 y seront versés. Les déficits prévus ne permettront pas des versements supplémentaires. Le Fonds retient toutefois les bénéfices que les investissements produisent. Nous avons pris la difficile décision d’avoir un déficit pour arrimer les dépenses aux priorités des Albertains
, a expliqué le ministre des Finances, Nate Horner.Trois années de déficit budgétaire
2025-2026 5,2 G$ 2026-2027 2,4 G$ 2027-2028 2 G$ extrêmement difficile
, a avoué le ministre.raisonnable
que celui évoqué jusqu’à maintenant par le président américain, Donald Trump, à savoir 25 % pour tous les biens et 10 % pour le pétrole et le gaz canadiens.De petits ou gros déficits selon les tarifs
Pas de tarifs Scénario de base (tarifs de 15 % et 10 %) Scénario pessimiste (tarifs de 25 %
et 10 % ) 2025-2026 2,9 G$ 5,2 G$ 8,7 G$ 2026-2027 500 M$ 2,4 G$ 7,2 G$ 2027-2028 200 M$ 2 G$ 5,4 G$ Des tarifs qui donnent un coup d’épée à l’économie
prudent
, les effets sur l’économie albertaine seront marqués. La croissance albertaine n’atteindra que 1,8 % et le taux de chômage restera élevé à 7,4 %.

D’autres secteurs seront toutefois frappés fort, comme les usines de fabrication et l’agriculture
, a mentionné le ministre des Finances, Nate Horner.Un cadeau de plus de 1 G$
4 G$ pour les imprévus

Priorité à la santé et à l’éducation
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