Budget albertain : irresponsable pour certains, pragmatique pour d’autres
L’opposition et les syndicats fustigent le budget de l'Alberta déposé jeudi comme n’étant pas à la hauteur des défis de la province que ce soit la menace de tarifs douaniers ou la croissance de la population. Les milieux d’affaires affichent cependant plus d’enthousiasme face à un contexte difficile. Il critique le choix du gouvernement d’avoir formulé son budget sur la base d’un scénario irréel de 15 % de tarifs douaniers imposés aux biens canadiens exportés aux États-Unis alors que le président américain Donald Trump a plutôt parlé de 25 %. Le chef de l'opposition officielle de l'Alberta, Naheed Nenshi, ne comprend pas comment il peut y avoir une différence de 11 milliards de dollars entre les finances actuelles de la province et le budget prévu en 2025-2026. Photo : La Presse canadienne / JASON FRANSON La baisse d’impôt instituée dans ce budget aura peu d’effets sur les finances des Albertains, selon le chef du NPD, puisque les impôts fonciers vont augmenter ainsi que plusieurs frais pour les usagers. Je n’ai jamais vu un gouvernement dilapider autant d’argent. Il ajoute que les augmentations de dépenses ne sont pas à la hauteur des besoins de la population. Alors que le gouvernement présentait son budget, des centaines de personnes manifestaient devant l’Assemblée législative pour réclamer de meilleurs salaires pour tout le personnel de soutien éducatif. Plusieurs milliers de ces travailleurs sont en grève depuis quelques semaines. La hausse des dépenses est également insuffisante pour Mike Parker, le président de l'Association des sciences de la santé de l’Alberta, un syndicat de professionnels de la santé : Le syndicat est actuellement en négociation avec la province pour une nouvelle convention collective, mais rien dans ce budget ne favorise d'après lui un résultat positif à ces discussions. Les milieux d’affaires sont plus indulgents avec le gouvernement provincial. Le Business Council de l’Alberta, qui regroupe plusieurs grandes entreprises, souligne qu’envisager l’incertitude économique sous la forme de plusieurs scénarios est une approche Le vice-président des communications à l'Institut économique de Montréal, Renaud Brossard, estime que la baisse d'impôt est un bon coup de pouce dans ces temps incertains. Photo : Radio-Canada / Julien Fournier La Chambre de commerce de Calgary pense aussi que le gouvernement joue sur ses forces pour renforcer l’économie menacée par des tarifs douaniers. La baisse d'impôts sur le revenu des particuliers contribuera ainsi à améliorer le pouvoir d’achat des Albertains, note-t-elle dans un communiqué. Elle ajoute qu'accroître les marchés d’exportation pour les produits agricoles et diversifier l’économie sont autant de stratégies présentes dans le budget qui aideront l’Alberta en cas de tarifs. La Chambre aurait toutefois voulu plus d’aides spécifiques aux petites entreprises.C’est un budget qui n’a pas de plan
, déplore le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) de l’Alberta, Naheed Nenshi, pour qui les centaines de pages de document semblent avoir été écrites à la va-vite, sur un coin de table.Il n’y a aucun plan pour lutter contre la vraie menace des tarifs, déclare Naheed Nenshi, et pas seulement pour l’énergie, mais aussi pour les produits agricoles et toutes les autres productions albertaines.

Dépenses insuffisantes
Ils ont échoué à répondre aux besoins de l'éducation publique
, affirme ainsi le président du Syndicat des enseignants de l’Alberta, Jason Schilling. Il souhaitait un financement correspondant à 10 $ par jour et par élève, mais 910 millions de dollars supplémentaires dans le budget auraient été nécessaires pour atteindre un tel montant, selon les calculs du syndicat. Nous avons désespérément besoin d’améliorer les soins de premières lignes, de recruter et de garder des travailleurs. Il n’y a rien dans ce budget pour faire tout cela.
Un plan prudent, selon les milieux d'affaires
pragmatique
.
C'est quand même un budget qui est prudent à ce point et en même temps un budget qui remet de l'argent dans les poches des Albertains. C'est quelque chose dont les Albertains avaient besoin dans cette période
, estime aussi Renaud Brossard, vice-président aux communications à l’Institut économique de Montréal.
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