Chasse à l’orignal : une autre année restrictive réclamée dans la zone 2
Pour assurer la pérennité de l'espèce, les zones d'exploitation contrôlée (zecs) du Bas-Saint-Laurent demandent au ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs d'interdire la chasse à l'orignal sans bois dans la région en 2025. Un document qui comprend la signature de 150 entreprises liées de près ou de loin à cette industrie a été remis au ministre Benoît Charrette pour que Québec restreigne à nouveau la chasse dans la zone 2. Les gestionnaires des zecs de la région proposent que le gouvernement fasse fi, comme en 2023, du modèle de rotation prévu en vertu du Plan de gestion de l'orignal, en cours de révision, qui permet l'abattage de femelles et de veaux une année sur deux. L'abattage de ces orignaux sera permis en 2025 puisqu'il s'agit d'une année dite permissive. La zec du Bas-Saint-Laurent, qui se trouve à l'est de Rimouski, fait partie de la zone 2. Photo : Radio-Canada Les chiffres nous démontrent que faire une dernière année restrictive, ce n'est pas dangereux. De gros efforts ont été faits au cours des dernières années pour protéger la ressource, rappelle le président de la zec. Aucune femelle et aucun veau n'ont été chassés au Bas-Saint-Laurent depuis 2021. Résultat : le cheptel d'orignaux est en bien meilleure santé qu'il ne l'était, selon lui. Guillaume Ouellet indique que la majorité des membres des zecs de la région sont en faveur d'une année dite restrictive en 2025. Photo : Radio-Canada / Sébastien Ross Il reste que la population demeure fragile et qu'une année permissive ne ferait qu'empirer les choses, selon le responsable de la zec. En 2021, Québec avait estimé, à la suite d'un inventaire aérien, que le nombre d'orignaux de la zec du Bas-Saint-Laurent variait entre 664 et 1345 individus. Si Mario Ross, propriétaire de Pronature à Rimouski, est en faveur de l'interdiction de la chasse à l'orignal sans bois au Bas-Saint-Laurent en 2025, c'est pour que sa progéniture chasse à son tour. Mario Ross est propriétaire du magasin Pronature à Rimouski. Photo : Radio-Canada / Sébastien Ross Mario Ross maintient cette position en sachant très bien qu'une telle interdiction ne se ferait pas sans conséquences pour son magasin, qui dépend en partie de la chasse. Mario Ross estime que de 30 à 40 % de son chiffre d'affaires est lié à la chasse à l'orignal. Au moment d'écrire ces lignes, ni le ministère de la Faune ni la députée de Rimouski et ministre responsable du Bas-Saint-Laurent, Maïté Blanchette Vézina, n'avaient répondu à notre demande d'informations.Est-ce qu'on est prêts à prendre le risque de rebaisser notre troupeau pour un seul et dernier automne [avant l'adoption du nouveau Plan de gestion]?
se questionne Guillaume Ouellet, président de la zec du Bas-Saint-Laurent. En tant que gestionnaire faunique, je ne suis pas prêt à prendre ce risque
, admet-il.
Est-ce que l'orignal se porte bien au Bas-Saint-Laurent? Extrêmement bien! On a eu une présentation de la direction régionale [du ministère de la Faune] à la suite des prélèvements de dents, à la suite des classes d'âge. L'orignal va très bien
, assure Guillaume Ouellet.
Ce que le gouvernement vise, c'est 10 orignaux aux 10 km2. […] Ce qui pourrait arriver, c'est une baisse du cheptel et [la perte de] nos trois années d'efforts en attendant le Plan de gestion, qui est échu depuis 2019 et qui va être en vigueur en 2026. Donc là, on arriverait en 2026 avec un boulet au pied
, prévient-il.Se priver pour les générations futures
On demande de se restreindre encore une saison – ce n'est pas long, une saison – pour être capables de garder la qualité de chasse qu'on a pour que nos enfants et nos petits-enfants puissent en profiter
, fait-il valoir.
Tout homme d'affaires voudrait faire plus de business, voudrait vendre plus de produits, plus de permis. Ce qu'on veut, c'est prouver à la population que même moi qui suis lié directement au monde de la chasse, je suis prêt à me serrer la ceinture pour faire de la business encore longtemps
, explique-t-il.
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