Après une rencontre tendue avec Trump, Zelensky quitte la Maison-Blanche fragilisé
La visite du président ukrainien Volodymyr Zelensky à la Maison-Blanche, vendredi, devait aplanir les tensions des dernières semaines avec son homologue américain Donald Trump et se solder par une entente sur les minerais ukrainiens. Or, la rencontre a tourné à l’affrontement, compromettant l'accord prévu et peut-être même tout soutien américain. Alors que l'administration de Donald Trump a entamé un rapprochement avec la Russie, le président et le vice-président J.D. Vance se sont emportés contre le président Zelensky, l'accusant d'avoir manqué de respect envers les États-Unis et de ne pas accorder à leur pays la gratitude qu'il mérite. Venu expressément pour signer l'accord sur les minerais ukrainiens, le président ukrainien a quitté la Maison-Blanche les mains vides et avant la conférence de presse qui aurait dû avoir lieu plus tard en après-midi. Selon plusieurs médias américains, c'est la Maison-Blanche qui a demandé à Volodymyr Zelensky et à la délégation ukrainienne, qui voulait rester pour les discussions à huis clos prévues ensuite, de partir. Non seulement l'entretien n'a pas permis à l'Ukraine d'obtenir les garanties de sécurité qu'elle cherchait à obtenir – un dénouement qui aurait déjà été surprenant vu les fins de non-recevoir déjà opposées par l'administration Trump –, mais il a carrément viré à la catastrophe et laissé ce pays dans une situation encore plus précaire. Volodymyr Zelensky a manqué de respect envers les États-Unis dans ce bureau ovale chéri. Il pourra revenir à la Maison-Blanche quand il sera prêt pour la paix. Quelques minutes ont suffi pour mettre à mal le renfort diplomatique apporté par les dirigeants français et britannique plus tôt cette semaine et pour effacer brutalement les timides avancées des dernières 24 heures, alors que Donald Trump avait adouci le ton à l'endroit de son homologue ukrainien dans la foulée de l'entente à laquelle les deux parties en étaient arrivées. Le climat a été très tendu à la Maison-Blanche lors de la visite du président ukrainien Volodymyr Zelensky le 28 février 2025. Photo : Reuters / Brian Snyder Selon CNN, la portion publique de la rencontre, qui n'était pas diffusée en direct, était en cours depuis une quarantaine de minutes et tirait même à sa fin lorsque les choses ont commencé à déraper. Donald Trump venait d'annoncer que les journalistes pouvaient poser une dernière question. Le ton a changé après l’intervention du vice-président américain, qui a critiqué l'approche de l'ancien président américain Joe Biden et vanté la Fait à noter, J.D. Vance a cependant reconnu que Dans une langue qu'il ne maîtrise pas parfaitement, le président ukrainien a alors rappelé calmement que le président russe Vladimir Poutine avait violé l'entente de cessez-le-feu signée en 2019, qui devait mettre un terme aux combats dans l'Est ukrainien, lancés en 2014. Au président ukrainien qui lui demandait s'il avait constaté par lui-même les effets de la guerre dans son pays dévasté, J.D. Vance l'a accusé d'entraîner les politiciens qui vont en Ukraine dans une opération de relations publiques. Je sais ce qui se passe : [...] vous les emmenez dans une tournée de propagande, M. le président. Et pensez-vous qu'il est respectueux de venir dans le bureau ovale des États-Unis d'Amérique et d'attaquer l'administration qui tente d'empêcher la destruction de votre pays? Depuis des semaines, l'administration Trump a pourtant fait écho à la propagande du Kremlin, le président Trump accusant par exemple l'Ukraine d'avoir « commencé la guerre » et proposant comme cause du conflit sa demande de se joindre à l'OTAN. C'est alors que Donald Trump a à son tour exprimé son irritation. Vous n'êtes pas en bonne position. Vous n'avez pas les bonnes cartes dans les mains en ce moment. Donald Trump a par ailleurs répété que son homologue russe n'oserait pas violer une entente qui serait conclue avec lui. Même les services de renseignement américains en étaient venus à cette conclusion, que Donald Trump avait balayée du revers de la main. Plus tôt cette semaine, le premier ministre britannique Keir Starmer et le président français Emmanuel Macron avaient tenté de préparer le terrain pour leur allié ukrainien lors de leurs visites respectives à la Maison-Blanche. La salle où devait se tenir la conférence de presse au cours de laquelle le président Donald Trump et le président Volodymyr Zelensky devaient signer l'entente sur les minerais ukrainiens est restée vide.
tenir au cours d'une Photo : Reuters / Nathan Howard Au cours d'une entrevue accordée en soirée à Fox News, un réseau prorépublicain, Volodymyr Zelensky a affirmé que sa relation avec son homologue américain pouvait Il a remercié les États-Unis, souhaitant toutefois que le président américain soit Après l'entretien, il s'était tourné vers le réseau X pour remercier le président Trump, le Congrès et le peuple américain. En après-midi, Donald Trump a accusé son homologue ukrainien de ne pas vouloir signer la paix. Entrevue avec Eugène Czolij, avocat canadien qui a été président du Congrès mondial ukrainien de 2008 à 2018 En Europe, les manifestations de soutien à l'Ukraine ont fusé après l'altercation entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump. Plusieurs leaders ou ministres des Affaires étrangères de plusieurs pays, comme l'Allemagne, la France, la Pologne et l'Espagne, se sont tournés vers les réseaux sociaux pour réitérer leur appui au pays qui a été envahi en 2022. Plusieurs leaders canadiens, dont le premier ministre et la cheffe de la diplomatie, ont eux aussi réitéré leur appui à l’Ukraine. Le rapprochement des dernières semaines entre Washington et Moscou a alimenté les craintes non seulement de voir les États-Unis consentir au président Vladimir Poutine des concessions susceptibles de compromettre la sécurité de l'Ukraine et de l'Europe mais aussi de voir le paysage géopolitique se modifier. Affichant son appui à l'Ukraine, la haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Kaja Kallas, a d'ailleurs souligné le fossé en train de se créer entre les États-Unis et leurs alliés occidentaux. Aujourd'hui, il est clairement apparu que le monde libre a besoin d'un nouveau leader. C'est à nous, Européens, de relever ce défi. Si le régime de Vladimir Poutine, par la voix d'une porte-parole, a par ailleurs dit estimer que l'administration Trump avait fait preuve de Retour sur cette crise diplomatique avec d'Azeb Wolde-Giorghis, Rafaël Jacob et Justin Massie Comme à l'habitude, le camp républicain s'est résolument rangé derrière le président Trump, le félicitant ainsi que le vice-président Vance. Partisan de l'aide américaine à l'Ukraine, le sénateur Lindsey Graham, qui a participé à une rencontre entre des sénateurs des deux partis et avec le président Zelensky en matinée, a même suggéré qu'il devrait démissionner. Un élu républicain du Nebraska a cependant pris la défense de Kiev. Les démocrates ont pour leur part unanimement condamné la réaction de l'administration républicaine, certains d'entre eux suggérant même que cet affrontement était une stratégie délibérée de sa part. Le chef de la minorité démocrate à la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries, a pour sa part déploré une réunion Le président Trump et son administration continuent d'embarrasser l'Amérique sur la scène mondiale. La rencontre de vendredi avait pour but la signature d'un accord américano-ukrainien sur les minerais, négocié avec de fortes pressions exercées par l'administration Trump. Les détails de l’entente à laquelle en étaient venues les deux parties n’ont pas été rendus publics officiellement, mais le document obtenu plus tôt cette semaine par divers médias prévoyait la création d’un fonds commun dans lequel seraient investis des revenus issus de l’exploitation des ressources minérales ukrainiennes, dont le pétrole et le gaz. L’accord-cadre n'incluait pas les garanties de sécurité auxquelles tenait Kiev. Il excluait également la demande américaine initiale de récupérer, par l’accès aux ressources ukrainiennes, l'équivalent de 500 milliards de dollars américains qu’exigeait Donald Trump en compensation de l’aide fournie à l’Ukraine. Le président américain martèle à tort que son pays a fourni une aide de 350 milliards de dollars américains à l'Ukraine. C'est trois fois plus que l'évaluation qu'en fait l'Institut de Kiel pour l'économie mondiale, un institut de recherche économique basé en Allemagne.J'ai déterminé que le président Zelensky n'est pas prêt pour la paix si l'Amérique est impliquée parce qu'il pense que notre implication lui donne un grand avantage dans les négociations. Je ne veux pas d'avantage, je veux la PAIX
, a écrit Donald Trump sur son réseau Truth Social après la rencontre.Un échange devenu de plus en plus tendu

diplomatie
privilégiée par Donald Trump.Poutine a envahi l'Ukraine et détruit une partie importante du pays
, une réalité que Donald Trump ne formule jamais.Il a rompu le cessez-le-feu. Il a tué des gens de notre peuple. Il n'a pas échangé de prisonniers. Nous avons signé l'échange de prisonniers, mais il ne l'a pas fait
, a plaidé le président ukrainien. De quel type de diplomatie parlez-vous, J.D.?
Je parle du type de diplomatie qui mettra fin à la destruction de votre pays
, a riposté le vice-président américain en montant le ton. Je pense qu'il est irrespectueux de venir dans le bureau ovale et d'essayer d'argumenter devant les médias américains
, a-t-il ajouté, l'accusant de manquer de reconnaissance envers les États-Unis.Vous avez un bel océan
qui vous sépare du front, a répondu Volodymyr Zelensky en reprenant une image déjà utilisée par Donald Trump, et vous ne sentez pas [les impacts] pour l'instant. Mais vous les sentirez dans le futur. Que Dieu vous bénisse, vous n'aurez pas de guerre
.Vous n'êtes pas en position de dicter ce que nous allons ressentir, a-t-il lancé. Nous allons nous sentir très bien et très forts
, a-t-il ajouté en élevant la voix.Vous jouez avec la vie de millions de personnes. Vous jouez avec la troisième guerre mondiale
, a-t-il accusé, reprochant à son interlocuteur d'avoir trop parlé et disant qu'il serait difficile de s'entendre.Les Russes ne respectaient pas Biden. Ils ne respectaient pas Obama. Ils me respectent
, a-t-il affirmé, ajoutant que Vladimir Poutine et lui ont traversé l'enfer
quand Moscou a été accusé d'ingérence dans la présidentielle américaine de 2016.Vous concluez un accord ou, sinon, vous ne pourrez pas compter sur nous et, sans nous, vous devrez vous battre. Je ne pense pas que ce sera beau à voir, mais vous vous battrez
, a-t-il dit, ajoutant que l'Ukraine serait en meilleure position avec une entente américano-ukrainienne sur les minerais.Vous n'agissez pas du tout de manière reconnaissante et, pour être franc, ce n'est pas une bonne chose
, a-t-il enchaîné avant de faire sortir les journalistes.
Zelensky plaide sa cause sur Fox News
bien sûr
être réparée. Il a dit être désolé
de la tournure des événements, mais il a réitéré que son pays avait besoin de garanties de sécurité pour pouvoir mettre un terme à la guerre avec la Russie.vraiment plus [du] côté
de l'Ukraine.L'Ukraine a besoin d'une paix juste et durable et nous travaillons exactement pour cela
, a-t-il soutenu.Il veut continuer à se battre, se battre, se battre
, a-t-il soutenu sur la pelouse de la Maison-Blanche alors qu'il partait à sa résidence de Mar-a-Lago pour le week-end.Je veux quelqu'un qui soit prêt à faire la paix
, a-t-il répondu à un journaliste qui lui demandait s'il souhaitait son départ.
« Le monde libre a besoin d'un nouveau leader »
L'Ukraine n'est pas seule
, a par exemple écrit la ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerboc, insistant sur le soutien indéfectible de l'Allemagne, de l'Europe et d'ailleurs
.retenue
devant celui qu'elle a surnommé l'ordure
Zelensky, il s'est en coulisses réjoui des développements, selon des sources de CNN.
Les démocrates outrés, les républicains derrière leur président
C'est un mauvais jour pour la politique étrangère de l'Amérique
, a écrit le représentant Don Bacon dans une déclaration citée par le Washington Post.L'Ukraine veut l'indépendance, le libre marché et l'État de droit. Elle veut faire partie de l'Occident. La Russie nous déteste, nous et nos valeurs occidentales. Nous devrions dire clairement que nous défendons la liberté
, a-t-il ajouté.consternante [qui] ne servira qu'à enhardir davantage Vladimir Poutine, un dictateur brutal
.
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