Moins de cours de langues pour les nouveaux arrivants
Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) a réduit le financement dédié aux cours de langues offerts aux nouveaux arrivants. Le ministère explique sa décision par la baisse à venir des cibles d’immigration, mais des intervenants du milieu rappellent que beaucoup de nouveaux arrivants attendent toujours de bénéficier de ce service. En octobre, le ministre fédéral de l’Immigration, Marc Miller, annonçait une réduction importante du nombre de nouveaux arrivants au Canada. En réponse à cette baisse d’aide financière, le collège Bow Valley de Calgary annonce qu’il met fin au programme fédéral de Cours de langue pour les immigrants au Canada (CLIC). L’arrêt du programme touchera les 1300 étudiants inscrits actuellement, ainsi que les enseignants, explique le président-directeur général de l'institution, Vaughn Ravenscroft. À Edmonton, le collège NorQuest, qui compte déjà 3000 nouveaux arrivants sur sa liste d’attente, voit aussi son financement diminuer. Même son de cloche pour le Centre pour les nouveaux arrivants de Calgary où l’attente pour avoir accès à CLIC est de six à huit mois, selon le responsable des employés, Charlie Wang. De son côté, The Immigrant Education Society (TIES) recevra 450 000 $ supplémentaires pour élargir son offre. Cet argent permettra d'accueillir 185 étudiants de plus pendant un an, explique la porte-parole de l’organisme, Tomasia DaSilva. Cependant, TIES a aussi une liste d'attente saturée, comportant environ 2000 noms. Il n’y aura donc pas de place pour accueillir tous les étudiants du collège Bow Valley qui frapperont à sa porte, déplore-t-elle. Quand Viktoriia Kucheruk a quitté l’Ukraine avec sa mère et sa fille pour s'établir à Calgary, elle ne comprenait rien de l’anglais. Cette expérience l’a plongée dans l’isolement. Viktoriia Kucheruk a dû attendre huit mois avant d’être finalement admise au programme CLIC de TIES. Sa mère est toujours sur la liste d’attente. Photo : Radio-Canada / Laurence Taschereau Un peu plus d’un an après le début de ses cours, Viktoriia Kucheruk s'exprime en anglais avec confiance au cours de l'entrevue. Ce n’est pas simplement l’anglais qui est enseigné dans ces cours. Par exemple, cette semaine dans la classe de Peter Connel, les élèves comme Marite Rojas se penchent sur le fonctionnement du système de santé. Photo : Radio-Canada / Laurence Taschereau Marite Rojas, qui a quitté la Bolivie il y a deux ans, raconte : Elle espère obtenir le certificat du programme CLIC afin de pouvoir, un jour, suivre des études universitaires. Charlie Wang du Centre pour les nouveaux arrivants croit tout de même qu’il faut répondre à la demande actuelle avant de supprimer des services. Comme on s’attend à ce que le nombre de nouveaux arrivants soit moins élevé en 2025-2027, les ressources disponibles ont été réduites en conséquence, ce qui a entraîné une diminution du nombre de fournisseurs de services
, écrit la porte-parole du ministère, Mary Rose Sabater.Du jamais vu
, explique l'homme qui travaille dans le secteur depuis 18 ans.Plus que des cours d’anglais
Quand quelqu’un m'abordait, je ne comprenais rien et je me figeais
, se souvient-elle.J’étais très déprimée, tout était nouveau quand nous sommes arrivées il y a deux ans.

Peu de temps après notre arrivée, ma fille faisait beaucoup de fièvre et je ne savais pas où me tourner ni comment communiquer ses symptômes
, se rappelle la mère de famille dont les efforts ont été payants.Ces cours sont très importants, car ils vont nous permettre un jour d'accéder au marché du travail, de payer des impôts et de redonner au Canada.

J'ai appris beaucoup de choses que je ne savais pas, comme avoir accès à un médecin spécialiste.
La semaine dernière, on a appris sur les impôts
, ajoute-t-elle.Nous avons tous ces étudiants qui sont déjà entrés au Canada et qui attendent toujours leur formation linguistique.
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