Pourquoi le taux de participation aux élections ontariennes est-il si bas?
Le taux de participation à l'élection provinciale de jeudi était le deuxième plus bas de l'histoire de l'Ontario. La situation inquiète plusieurs experts ainsi que des militants des réformes électorales. Selon Élections Ontario, le taux de participation de cette élection hivernale était de 45,4 %. C'est l'élection de 2022 qui tient toujours le record peu enviable de l'histoire de la province avec un taux de participation de 44,1 %. Doug Ford a 100 % du pouvoir. Il a annoncé dans son discours qu'il allait faire ceci et cela. Est-ce qu'il a vraiment le mandat pour faire ces choses-là? À mon avis, non. Duff Conacher, cofondateur de l'organisme Démocratie en surveillance, est du même avis. Il croit d'ailleurs que les résultats des autres autres partis ne sont pas plus représentatifs des souhaits de la population. En effet, les libéraux ont obtenu environ 30 % du nombre total de votes, mais n'ont remporté qu'environ 11 % des sièges, contrairement au NPD, qui n'a obtenu qu'environ 18,5 % des suffrages, mais a réussi à faire élire des candidats dans environ 22 % des circonscriptions de la province. Il s'agit vraiment d'un système antidémocratique et le taux de participation en est la preuve. Les gens se disent "pourquoi voter si le même parti gagne toujours dans ma circonscription?" Réal Lavergne, président de la section Ottawa-Gatineau de l'organisme Représentation équitable au Canada, croit que la représentation proportionnelle augmenterait le taux de participation. Photo : Soumis par Réal Lavergne M. Lavergne croit sincèrement que si l'Ontario utilisait la représentation proportionnelle comme mode de scrutin, le taux de participation aux élections augmenterait. Sans changer le mode de scrutin actuel, M. Lavergne doute que le taux de participation augmente. Mon vote ne compte pour rien du tout. La seule raison que j'ai pour voter, c'est par devoir citoyen. C'est symbolique. M. Conacher souhaite aussi que le système électoral change en Ontario, mais, selon lui, tout effort à cet effet n'est qu'un coup d'épée dans l'eau. Catherine Corriveau, directrice principale de la politique et des initiatives stratégiques à l'organisme Democratic Engagement Exchange, croit que les gouvernements doivent en faire plus pour faire participer les gens dans les élections. Photo : Radio-Canada / Sarah Tomlinson Catherine Corriveau, directrice principale de la politique et des initiatives stratégiques à l'organisme Democratic Engagement Exchange, lie quant à elle le faible taux de participation à une multitude de facteurs. Dans le cas précis de l'élection de jeudi, la courte campagne électorale – moins d'un mois – et le fait qu'il s'agissait d'une élection hivernale ont probablement eu un impact, dit-elle. Mais le facteur le plus important, selon Mme Corriveau, c'est le sentiment d'isolement. Les Canadiens et les Ontariens se sentent très isolés. Ils ont beaucoup moins tendance à aller voter s'ils ne se sentent pas connectés à une communauté ou à une population pour laquelle ils veulent se mobiliser. C'est un facteur qui continue d'être un problème à travers le pays. Avec des informations d'Andreane WilliamsLe résultat est aberrant
, affirme Réal Lavergne, président de la section Ottawa-Gatineau de l'organisme Représentation équitable au Canada (Nouvelle fenêtre).Encore une fois, on aura un gouvernement au pouvoir qui a [45 %] des votes, mais qui a deux tiers de tous les sièges
, déplore M. Lavergne.On n'a pas un gouvernement qui est légitime parce qu'ils ont une majorité qui est fausse
, lance M. Conacher.Une réforme électorale serait la solution, selon certains

Si un parti politique est élu en promettant de changer le mode de scrutin, soit il refuse de le faire une fois au pouvoir, ou ses tentatives ne sont pas assez efficaces
, explique M. Conacher. Il est plus probable qu'un gouvernement minoritaire change le système électoral.
Un climat politique
très polarisant

C'est sûr qu'une élection surprise, ça a toujours un peu des désavantages
, croit-elle. Ça ne donne pas beaucoup de temps aux candidats de présenter leurs plateformes aux Ontariens. Les Ontariens n'ont pas autant de temps pour s'informer non plus sur les enjeux pour comprendre vraiment comment se positionner.
Le climat politique en ce moment n'est pas super sain. C'est très polarisant et ça ne motive pas vraiment les personnes à s'engager dans la discussion politique, à aller en apprendre plus sur les candidats. Ils se sentent un peu découragés par ce qu'ils voient en ligne et dans le discours public
, estime-t-elle.
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