Des Ukrainiens de Winnipeg réagissent aux échanges tendus entre Trump et Zelensky
À Washington, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a quitté abruptement la Maison-Blanche, sous l'objectif des caméras, après des échanges houleux avec le président américain, Donald Trump. À Winnipeg, des membres de la communauté ukrainienne s’indignent. Nick Krawetz est un bénévole communautaire ukrainien dont certains proches sont en Ukraine. Il a vu les images de la rencontre et est indigné par ce qui s'est passé. Pour moi, c’est choquant de voir un président américain avec son vice-président, dans le bureau ovale, faire de la désinformation avec autant de violence devant un président dont le pays est envahi depuis trois ans. Il qualifie les propos de Donald Trump de propagande russe. La visite du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, à la Maison-Blanche devait aplanir les tensions des dernières semaines avec son homologue américain, Donald Trump, et se solder par une entente sur les minerais ukrainiens. Or, la rencontre à la Maison-Blanche a tourné à l’affrontement, compromettant l’accord prévu et peut-être même tout soutien américain. Orest Cap, professeur émérite à l’Université du Manitoba et représentant du Congrès des Ukrainiens canadiens du Manitoba, a vu les extraits vidéos de la rencontre et pensait que le début de la rencontre était prometteur. Le président ukrainien a quitté la Maison-Blanche avant la conférence de presse qui devait avoir lieu en après-midi et au cours de laquelle son homologue et lui-même devaient signer une entente sur les minerais ukrainiens, une activité qui a été annulée. Selon CNN et NBC News, c’est la Maison-Blanche qui a demandé à Volodymyr Zelensky et à la délégation ukrainienne, qui voulait rester pour les discussions prévues à huis clos, de partir. Ce fut la consternation pour Orest Cap qui attendait quelques succès à l’issue de cette rencontre. Néanmoins, il estime qu'il y a encore place au dialogue, malgré les tensions. Je crois qu’il va falloir calmer les esprits et laisser la diplomatie reprendre dans les jours qui suivent. D’après les informations qui circulent, Zelensky a d’autres réunions qui viennent avec les dirigeants européens à Londres. On verra comment l’Europe va réagir aux agissements américains. Dans une entrevue accordée à L’Actuel, Dominique Arel, professeur agrégé en science politique et titulaire de la chaire d'Études ukrainiennes de l'Université d'Ottawa, considère que c’est désormais au Canada et à l’Europe de tirer les conséquences de cette altercation diplomatique. Il ajoute qu’un tel incident était à prévoir, prenant pour exemple les propos du vice-président américain, JD Vance, lors de la conférence de Munich. Le professeur met le sommet entre Donald Trump et son homologue ukrainien en perspective avec la rencontre entre le dirigeant américaIn et le président français, Emmanuel Macron, qui a eu lieu lundi. Lors de cette rencontre, M. Macron, comme d’autres dirigeants européens après lui, expliquait à M. Trump [...] : "Nous sommes prêts à assurer les garanties sécuritaires pour négocier un cessez-le-feu, mais nous avons besoin de votre appui." Et aujourd’hui on le voit, c’est non. Les détails de l’entente qu'ont conclue les deux parties n’ont pas été rendus publics officiellement, mais le document obtenu plus tôt cette semaine par divers médias prévoyait la création d’un fonds commun dans lequel seraient investis des revenus issus de l’exploitation des ressources minérales ukrainiennes, dont le pétrole et le gaz. L’accord-cadre n’incluait pas les garanties de sécurité auxquelles tenait Kiev. Il excluait également la demande américaine initiale de récupérer, par l’accès aux ressources ukrainiennes, l’équivalent de 500 milliards de dollars américains qu’exigeait Donald Trump en compensation de l’aide fournie à l’Ukraine. Avec des informations de Catherine MoreauDire tout cela alors que des gens continuent de mourir en Ukraine… C’est affligeant
, soupire-t-il.Au début, ça se passait bien. On sentait que quelque chose allait être signé. Il y avait un accord pour les minéraux avec 10 ou 11 points. Et puis, au moment de la discussion, on voyait pas mal d’émotions s’ouvrir et à la fin, ça a mal tourné
, raconte-t-il.Comme spectateur ukrainien, je dois dire que ça nous a fait mal étant donné que le président [Zelensky] était venu pour signer un accord. On attendait le soutien des États-Unis. Nous sommes fâchés
, témoigne le professeur.Canada et Europe sur le qui-vive
C’est obscène, mais il faut admettre que les États-Unis ne sont plus un allié sur la question de l’Ukraine, et même sur la question de l’OTAN. Tout est remis en question
, dit-il.Il l’avait déjà dit aux puissances européennes : la plus grande menace pour la démocratie, ce n’est pas la Russie, mais c’est vous
, mentionne Dominique Arel.
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