Washington met de la pression sur l’Ukraine en suspendant son aide militaire
Trois jours après la rencontre tendue entre le président américain Donald Trump et son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, les États-Unis ont sévi contre l'Ukraine en gelant l'assistance militaire qu'ils lui apportent, ont rapporté lundi soir plusieurs médias, citant des sources gouvernementales. Les efforts diplomatiques des dirigeants des pays européens et du Canada, qui avaient convergé à Londres la veille pour défendre les intérêts de Kiev, n'ont donc pas réussi à calmer le jeu entre l'administration Trump et le président Zelensky et l'Ukraine, qui combat depuis trois ans les assauts de la Russie. Cette pause, lourde de conséquence, vise tous les équipements militaires qui n'ont pas encore été expédiés en Ukraine, y compris ceux qui se trouvent tout près dans des zones en Pologne ou qui sont en transit par voie aérienne ou maritime, précise Bloomberg. Selon le News York Times, la décision, entrée en vigueur immédiatement, concerne des commandes – déjà autorisées par le Congrès américain – qui totalisent plus d'un milliard de dollars américains. D'après le média new-yorkais, la directive de la Maison-Blanche suspend aussi l'Initiative d'assistance à la sécurité de l'Ukraine, qui fournit des centaines de millions de dollars que l'Ukraine peut seulement utiliser pour acheter du matériel militaire directement auprès d'entreprises de défense américaines. Selon le Washinton Post, l'administration Trump envisage aussi de suspendre le partage de renseignements et l'entraînement des militaires et pilotes ukrainiens. Le gel de l'aide est le point culminant du réalignement opéré dans ce conflit par Donald Trump, qui dans les dernières semaines a rejeté la responsabilité de la guerre sur Kiev, traité son président de « dictateur », faisant écho à la propagande du Kremlin, et entamé des pourparlers de paix avec Moscou sans l'Ukraine. En après-midi, en marge d'une annonce économique à la Maison-Blanche, Donald Trump avait affirmé ne pas encore avoir discuté d'une suspension de l'aide militaire à l'Ukraine. Interrogé sur les gestes que pourrait poser le président ukrainien pour relancer les négociations, il avait répondu : Ironiquement, le président Trump avait déjà gelé l'aide militaire à l'Ukraine en 2019, quelques jours avant de demander au président Zelensky au cours d'un appel devenu célèbre de mener des enquêtes, entre autres sur le démocrate Joe Biden, ce qui avait mené à sa première procédure de destitution, au terme de laquelle il avait été acquitté par le Sénat. Dans un entretien accordé le mois dernier à un interviewer britannique, Volodymyr Zelensky a indiqué que son pays produisait désormais 40 % des armes et équipements utilisés sur le champ de bataille, ajoutant que la proportion fournie par les États-Unis était de 30 %. La Maison-Blanche veut que le président Zelensky reconnaisse l'effet de l'altercation de vendredi sur les relations bilatérales, potentiellement par la voie d'excuses publiques, avant de remettre sur les rails l'entente américano-ukrainienne sur les minéraux ukrainiens ou de reprendre son assistance, selon plusieurs responsables américains cités par CNN. Déjà en matinée, le président américain avait adressé un ultimatum à l'endroit de son homologue ukrainien, qu'il accuse de ne pas aspirer à la paix. Sur son réseau social, le président américain a pourfendu le président Zelensky, qui, cité par l'Associated Press, a affirmé dans un point de presse donné avant de quitter la capitale britannique que la fin de la guerre était Le président américain en a remis en marge d'une annonce économique, évoquant, sans nommer Volodymyr Zelensky, son départ éventuel, un scénario qu'ont évoqué certains de ses alliés républicains. Peut-être que quelqu'un ne veut pas conclure une entente. Et si quelqu'un ne veut pas conclure une entente, je pense que cette personne ne sera pas là très longtemps. Cette personne ne sera pas écoutée longtemps. Cet avertissement faisait partie de sa réponse à la question d'une journaliste qui demandait si les Américains devraient s'inquiéter de l'affirmation de la Russie selon laquelle la nouvelle politique étrangère américaine reflétait la sienne. Dimanche, un porte-parole du Kremlin cité par la télévision d'État s'est réjoui de voir l'administration Trump changer Il a par ailleurs dit ne pas penser que l'entente américano-ukrainienne sur les minérauux ukrainiens était chose du passé, contrairement à ce qu'ont laissé entendre des membres de son administration au cours du week-end. Au cours de la rencontre de vendredi, lui et le vice-président J.D. Vance lui ont reproché de ne pas avoir exprimé de la gratitude à leur pays, ce qu'il a pourtant fait en de nombreuses occasions. Dans son message publié plus tôt, Donald Trump avait par ailleurs critiqué au passage les pays européens, qui, lors de leur réunion avec le président Zelensky, ont Avant l'annonce américaine, la journée, tant le président que le Parlement ukrainiens ont livré un plaidoyer en faveur du soutien des États-Unis. Dans une tentative visant à apaiser les tensions, le Parlement ukrainien a exprimé sa Dans leur plaidoyer, publié en anglais sur le site web du Parlement ukrainien, les élus ont salué les initiatives du président américain Le peuple ukrainien désire la paix plus que quiconque dans le monde et croit que le rôle personnel du président Donald Trump et ses efforts de maintien de la paix seront décisifs dans la cessation rapide des hostilités et l'instauration de la paix pour l'Ukraine, l'Europe et le monde entier. Le Parlement ukrainien a en outre réitéré l'importance du Après la critique de son homologue américain sur son propre média social, le président Zelensky avait lui-même réitéré son engagement pour la paix dans un message publié sur le réseau social X, insistant sur les garanties de sécurité, mais aussi sur l'importance de la relation ukraino-américaine. Nous travaillons avec l'Amérique et nos partenaires européens et nous espérons vivement que les États-Unis nous soutiendront sur la voie de la paix. La paix est nécessaire dès que possible. Vendredi dernier, le traitement réservé par le président Trump et le vice-président américain J.D. Vance au leader d'un pays envahi par la Russie, nouveau signe du rapprochement de Washington avec Moscou, a alarmé les pays occidentaux. Les événements de vendredi continuent d'ailleurs d'avoir un écho dans les capitales occidentales. À Paris, le premier ministre François Bayrou, prenant la parole à l’Assemblée nationale, a dénoncé Il a exprimé sa Il ne s'agit pas d'un arrêt définitif de l'aide, mais d'une pause
, a affirmé un haut responsable de l'administration Trump, cité par Fox News.Le président a clairement indiqué qu'il se concentrait sur la paix. Nous avons besoin que nos partenaires s'engagent eux aussi à atteindre cet objectif. Nous faisons une pause et réexaminons notre aide pour nous assurer qu'elle contribue à une solution
, a soutenu une source de CNN, peut-être la même que celle de Fox News.Je pense simplement qu'il devrait être plus reconnaissant.
Vous pouvez imaginer ce qui nous arriverait sans ces 30 % cruciaux
, a-t-il dit. Je ne pense pas que nous devrions suspendre nos efforts. Ce sont les Ukrainiens qui versent du sang
, a commenté la sénatrice républicaine Susan Collins.Des excuses publiques de Zelensky?
très, très loin
.C'est la pire chose que Zelensky pouvait dire et l'Amérique ne va plus tolérer ça très longtemps
, a menacé Donald Trump, quelques jours après que son homologue eut plaidé en sa présence en faveur de garanties de sécurité en rappelant que la Russie avait déjà violé des accords de paix.C'est ce que je disais, ce gars-là ne veut pas de paix tant qu'il a le soutien de l'Amérique
, a-t-il poursuivi. Je crois que la Russie veut conclure un accord de paix
, a ajouté Donald Trump, réitérant de nouveau sa confiance en Moscou. Je crois que le peuple ukrainien veut conclure un accord. Ils ont souffert plus que n'importe qui d'autre.
rapidement toutes les configurations de [sa] politique étrangère
. Cela correspond en grande partie à notre vision
, a déclaré Dmitri Peskov.Un tango se danse à deux. Il va falloir conclure une entente avec la Russie, il va falloir conclure une entente avec l'Ukraine
, a commencé par dire Donald Trump, éludant la question, mais évoquant le consentement
des nations européennes.Il va falloir l'assentiment et le consentement des nations européennes – parce que je pense que c'est important – et les nôtres
, a-t-il soutenu. Je pense que tout le monde va devoir se réunir dans une pièce, si l'on peut dire, et on doit conclure une entente.
Une entente pourrait être conclue rapidement, ça ne devrait pas être si dur à faire
, a-t-il martelé.déclaré catégoriquement qu'ils ne peuvent pas faire le travail sans les États-Unis
. Probablement pas une grande [...] démonstration de force contre la Russie. À quoi pensent-ils?
, a dit le président américain.Le Parlement ukrainien plaide pour le soutien de Washington
profonde gratitude
au président Trump, au Congrès et au peuple américain pour leur soutien militaire et leur aide afin d'assurer l'indépendance, la souveraineté et l'intégrité territoriale
de l'Ukraine.pour lancer un processus de négociation visant à garantir la paix
.Le soutien des États-Unis est plus crucial que jamais pour le peuple ukrainien et les forces de sécurité et de défense de l'Ukraine
, affirment-ils toutefois.Nous sommes fermement convaincus que le leadership des États-Unis sur la scène internationale est indissociable de la défense des idéaux de liberté et de démocratie, de l'adhésion aux accords internationaux et de la fiabilité des relations avec les alliés et les amis
, avance le Parlement ukrainien, dans un contexte où plusieurs leaders européens ont cependant critiqué la tangente pro-Moscou prise par l'administration Trump.partenariat stratégique avec les États-Unis
, faisant allusion à l'entente sur les minéraux ukrainiens qui devait être signé vendredi dernier.Nous avons besoin d'une paix réelle et ce sont les Ukrainiens qui la souhaitent le plus, car la guerre ruine nos villes et nos villages. Nous perdons notre peuple. Nous devons mettre fin à la guerre et garantir la sécurité
, a-t-il écrit.une scène sidérante, marquée de brutalité, de volonté d’humiliation, dont le but était de faire plier par la menace le président Volodymyr Zelensky pour qu’il se rende aux exigences de ses agresseurs
.reconnaissance
à l'endroit du président ukrainien, qui n'a pas plié
.
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