Jean-Nicolas De Broeck veut tirer le biathlon québécois vers le haut
À 19 ans, Jean-Nicolas De Broeck est le visage du renouveau tant attendu du biathlon québécois. Seul représentant de la belle province dans l’équipe nationale, le prometteur athlète n’a aucune intention de poursuivre son développement dans l’Ouest du pays. Son rêve olympique passera par le Québec. En action aux championnats nord-américains de biathlon présentés au centre Myriam-Bédard, De Broeck tentera de signer une troisième victoire en trois épreuves dans la catégorie junior, mercredi à Valcartier. Natif de Sainte-Foy, mais élevé en Outaouais, c’est d’abord en ski de fond que le jeune homme a fait sa marque sur la scène provinciale. En 2019, il s’est toutefois laissé convaincre d’essayer le biathlon en vue de l’arrivée de la discipline aux Jeux du Québec. Jean-Nicolas De Broeck a remporté les épreuves de sprint et de poursuite des championnats juniors nord-américains de biathlon, samedi et lundi, à Valcartier. Photo : Hugo Goubel Champion des Jeux du Canada en 2023 et représentant du pays aux Championnats du monde benjamins et juniors à chacune des quatre dernières années, le voilà sur une trajectoire qui pourrait le mener aux Jeux olympiques aussi rapidement que l’hiver prochain. Une lueur d’espoir pour la Fédération québécoise de biathlon qui, après plusieurs années de vache maigre, vient d’entreprendre une réforme dans sa manière de développer les athlètes de haut niveau. Encore membre de l’équipe du Québec en ski de fond, en plus d’être dans l’équipe canadienne de développement en biathlon, Jean-Nicolas De Broeck aurait probablement davantage de ressources à sa disposition en poursuivant son parcours d’athlète de haut niveau comme fondeur. Dans la région, un centre national d'entraînement existe en ski de fond à Saint-Ferréol-les-Neiges, alors que le Centre de biathlon Myriam-Bédard de Valcartier a perdu ce titre, et le financement qui vient avec, il y a plusieurs années. Situé sur la base militaire de Valcartier, le centre de biathlon Myriam-Bédard ne reçoit plus de financement de Biathlon Canada depuis 2018. Photo : Radio-Canada Tout cela a pesé dans sa décision, mais le résident d’Aylmer a tout de même choisi le biathlon. Le tout en refusant de déménager ses pénates dans l’Ouest pour rejoindre ses coéquipiers de l’équipe nationale. Lui aussi l’un des beaux espoirs du biathlon québécois, François Gauthier est arrivé à un constat différent à la fin de la saison dernière. Vu les ressources supérieures dont disposent les clubs de biathlon de l’Ouest du pays, il a décidé de déménager en Alberta à la poursuite de son rêve olympique. François Gauthier et Jean-Nicolas de Broeck empruntent des chemins différents vers leur rêve olympique. Le premier s'est exilé dans l'Ouest du pays alors que le second n'a aucune intention de quitter le Québec. Photo : Radio-Canada / Guillaume Piedboeuf Il s’agissait en quelque sorte d’un retour aux sources pour l’athlète de 20 ans. Né en Oman, où travaillaient ses parents, il a grandi entre le Moyen-Orient, Calgary et Montréal avant que la famille Gauthier ne vienne s’installer à Lac-Beauport, il y a quatre ans. Son frère aîné, Simon, est d'ailleurs l'entraîneur-chef du club de biathlon La Poursuite, à Lévis. Le programme provincial de développement chez les plus jeunes va bien, précise-t-il. La Fédération québécoise de biathlon est sur la bonne voie. Mais pour des questions monétaires, ajoute-t-il, l’encadrement des athlètes de haut niveau fait encore défaut. François Gauthier a remporté la médaille de bronze dans la catégorie junior de l'épreuve nord-américaine de sprint, samedi, au Centre Myriam-Bédard. Photo : Hugo Goubel Le directeur général de la Fédération québécoise de biathlon, Bernard Stenger reconnaît que les clubs de biathlon de l’Ouest canadien disposent de plus de moyens financiers. Mais c’est parce que les athlètes là-bas déboursent eux-mêmes environ 8000 $ par saison, quatre fois plus qu’au Québec. Or, il faut faire du biathlon un sport plus accessible, argue le DG. Faire les choses différemment, c’est donc le pari qu’a pris sa Fédération ces dernières années. Les quelques athlètes les plus prometteurs de la province ont des plans de développement très personnalisés et des entraîneurs internationaux sont invités ponctuellement au Centre Myriam-Bédard plutôt que d’engager un entraîneur local à temps plein. Bernard Stenger dirige la Fédération québécoise de biathlon depuis bientôt trois ans. Photo : Radio-Canada / Guillaume Piedboeuf Signe encourageant, les athlètes québécois ont obtenu ces derniers jours leurs meilleurs résultats depuis longtemps aux Championnats nord-américains. Reste maintenant à réussir à rassembler les jeunes les plus prometteurs non pas dans l’Ouest, mais à Valcartier. D’autant plus que le Centre Myriam-Bédard recevra quelques centaines de milliers de dollars pour rafraîchir ses installations en vue des Jeux du Canada de 2027. Pour redonner ses lettres de noblesse à ce pôle d'entraînement provincial, Jean-Nicolas De Broeck pourrait d’ailleurs être un fer de lance. Le biathlète envisage de quitter l’Outaouais pour entreprendre des études en génie électrique à l’Université Laval l’automne prochain.On a fait un test une première fois à l’automne avec une combinaison de course à pied et de tir. Je n’ai touché aucune cible sur 15 tirs, mais j’ai vraiment trippé
, relate en souriant celui qui a vite gravi les échelons dans sa nouvelle discipline.
Le biathlon plutôt que le ski de fond

D’être capable de rester à la maison, même si tu n’as pas les ressources optimales, ça peut être bénéfique pour un athlète
, justifie-t-il.François Gauthier a choisi l’exil

C’est un sport qui a tout pour intéresser les Québécois. [... ] Historiquement, le Québec était la province la plus forte au biathlon. Où a-t-on pris un mauvais tournant? Il faut identifier ça pour revenir à ce qu’on était auparavant
, estime François, qui n’a pas connu de son vivant les belles années de Myriam Bédard et du biathlon québécois.
Ça commence toujours avec le financement. C’est dur d’avoir un bon entraîneur sans argent. Dans l’Ouest, le financement privé des clubs est beaucoup plus gros
, pointe le médaillé de bronze de l’épreuve junior de sprint présentée samedi à Valcartier.Faire plus avec moins

Son potentiel est énorme. Vu ses capacités physiques, ce sera un échec pour la fédération si on ne réussit pas à optimiser Jean-Nicolas pour en faire un champion sur la scène internationale
, conclut Bernard Stenger.
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