Plaidoyer des producteurs laitiers régionaux en faveur de la gestion de l’offre
Alors que le contexte économique est actuellement truffé d’incertitudes, le Syndicat des producteurs de lait de la Gaspésie et des Îles revendique la protection du principe de gestion de l’offre. Les membres du syndicat étaient rassemblés à Maria, mardi, dans le cadre de leur assemblée générale annuelle (AGA). Ils ont notamment adopté une résolution demandant aux Producteurs de lait du Québec de tout mettre en œuvre afin de s’assurer du maintien de ce pacte auprès des deux paliers de gouvernement ainsi que des Producteurs laitiers du Canada. Une dizaine de personnes ont assisté à l'AGA. Photo : Radio-Canada / Roxanne Langlois Les producteurs gaspésiens souhaitent notamment s’assurer qu’aucun accès supplémentaire ne sera accordé au marché laitier intérieur. À l’heure où une guerre économique est en cours avec les États-Unis, le principe de la gestion de l'offre est plus que jamais d’actualité, note leur président. L’inquiétude, c’est notre voisin d’à côté qui veut venir fouiller dedans. Les États-Unis ont souvent manifesté leur déplaisir face à la façon dont le Canada gère son industrie laitière. La gestion de l'offre a d'ailleurs été un point de friction en 2018 lors de la ratification de l'Accord Canada États-Unis Mexique (ACEUM). Une révision précipitée de cet accord pourrait d'ailleurs venir, selon des experts. Normand Barriault est lui-même producteur laitier à Carleton-sur-Mer en plus d'être président du Syndicat des producteurs de lait de la Gaspésie et des Îles. Photo : Radio-Canada / Roxanne Langlois Les producteurs laitiers de la région sont loin de faire exception lorsqu'ils demandent le maintien et la protection de ce système en vigueur depuis un demi-siècle. Daniel Gobeil, président des Producteurs de lait du Québec, s'est déplacé à Maria pour l'AGA du Syndicat des producteurs de lait de la Gaspésie et des Îles Photo : Radio-Canada / Roxanne Langlois Pour lui, l’imminente campagne électorale fédérale constituera d’ailleurs une nouvelle occasion de réitérer son message. On ne baissera pas les bras. Le projet bloquiste C-282, qui visait à protéger le principe de gestion de l’offre, n’a pu être adopté par le Sénat avant la fermeture de la Chambre des communes, en décembre, ce que Normand Barriault juge décevant. Justin Trudeau s’était engagé à protéger la gestion de l’offre. Daniel Gobeil rappelle que celui qui lui succédera, Mark Carney, a aussi fait une telle promesse durant sa campagne. Le chef du Parti libéral du Canada, Mark Carney, salue les militants après avoir remporté la direction du parti lors de l'annonce à Ottawa, le dimanche 9 mars 2025. (Photo d'archives) Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick Si seulement 1 % de la production laitière canadienne est exportée, les producteurs gaspésiens et madelinots ne sont pas à l’abri des répercussions négatives créées par le contexte économique actuel. Celles-ci demeurent néanmoins difficiles à évaluer pour l'instant. Les pièces de machinerie agricole fabriquées aux États-Unis et les médicaments destinés aux bêtes pourraient être affectés, cite toutefois en exemple M. Barriault. 

Il n’y a rien de pire que de l’incertitude dans un contexte comme celui que l’on vit actuellement
, observe Normand Barriault, qui s'inquiète que des concessions soient faites en ce qui a trait aux produits laitiers. Selon lui, la gestion de l'offre devrait être non négociable
.C’est un message qui résonne dans toutes les régions
, admet Daniel Gobeil, président des Producteurs de lait du Québec, qui martèle aussi que la protection intégrale de la gestion de l'offre
est nécessaire. Il faut protéger notre alimentation
, plaide le syndicaliste.
Ça aurait été une étape de plus à franchir avant de concéder une part supplémentaire de nos marchés, éventuellement, si d’autres accords avaient lieu
, estime le producteur laitier.
On voit ça d’un bon œil, mais c’est clair que le travail doit continuer
, ajoute M. Gobeil. Ce dernier précise que M. Carney est d’abord et avant tout un économiste, ce qui lui donne confiance.Des conséquences indirectes ?
Ça va avoir une influence sur nos liquidités [...], sur notre fonds de roulement.
Nos fournisseurs, la plupart du temps, sont internationaux
, précise le producteur laitier, qui estime qu’une épée de Damoclès plane actuellement au-dessus de toute l’industrie. Ce dernier choisit néanmoins de demeurer optimiste malgré le contexte économique, qu'il qualifie de délicat
.
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