Uashat mak Mani-utenam veut ouvrir un pavillon universitaire
Les Innus de Uashat mak Mani-utenam souhaitent ouvrir, éventuellement, un pavillon universitaire dans leur communauté. L’initiative vise à atténuer les effets de l’exode des étudiants autochtones vers le sud du Québec. La directrice de l'éducation pour la communauté, Vicky Lelièvre, en a fait l’annonce mardi à l'occasion du salon interuniversitaire, qui s'est déroulé à l’école secondaire Manikanetish, située à Uashat. Elle rappelle que ceux qui aspirent aux études postsecondaires de Uashat mak Mani-utenam doivent souvent quitter la région. La directrice de l'éducation pour la communauté innue de Uashat mak Mani-utenam, Vicky Lelièvre, est en compagnie de l’agent de soutien aux étudiants postsecondaires de la même communauté, Dan-Alexandre McKenzie. Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin Vicky Lelièvre considère que cette distance entre la communauté et les campus universitaires, dans le sud du Québec, est régulièrement un frein aux aspirations scolaires des Autochtones. Ce pavillon permettrait d’éviter que les jeunes s’exilent dans les grands centres. Elle indique travailler de concert avec des universités québécoises pour ce projet. Uashat mak Mani-utenam n’a pas encore déterminé quelle université sera responsable de ce potentiel nouveau pavillon. Le conseiller en soutien aux étudiants autochtones de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), Anthony Caron, perçoit une tendance des établissements scolaires à multiplier les pavillons en région. Anthony Caron est conseiller en soutien aux étudiants autochtones à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR). Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin Lorsqu’on se déplace loin, on perd parfois nos repères. On perd notre filet de sécurité. On est plus loin de la famille. C’est bien que les universités se rapprochent des régions. Le deuxième salon interuniversitaire de la communauté de Uashat mak Mani-utenam s’est déroulé mardi dans le gymnase de l’école secondaire Manikanetish. Un total de six universités québécoises ont présenté plusieurs de leurs programmes, notamment en sciences infirmières, en foresterie, en gouvernance autochtone et en criminologie. Près de 500 étudiants et élèves provenant des écoles de la communauté innue, mais aussi d’autres établissements d’enseignement de la région, étaient attendus. La population générale a également été invitée en soirée. Plusieurs programmes universitaires ont été présentés lors du salon interuniversitaire à Uashat, dont celui de la formation de sage-femme à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR). Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin L’objectif est de faciliter l’exploration des programmes d’études aux étudiants qui habitent loin des grands campus universitaires. Lors de l’événement, des artisans, dont Ovila Fontaine, étaient sur place pour faire découvrir la culture innue aux visiteurs allochtones. En plus d'écrire des livres jeunesse, Ovila Fontaine, Innu de Uashat mak Mani-utenam, présente aussi des conférences sur l'histoire de son peuple. Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne DrouinCes étudiants doivent même [parfois déménager] avec leur famille. Ce pavillon permettrait aux jeunes d’avoir accès à des formations universitaires dans la communauté
, explique-t-elle.
On va faire des annonces prochainement concernant ce projet. On veut être complémentaire à tous les autres services qui sont disponibles dans la région
, précise Mme Lelièvre.Multiplication des pavillons en région

C’est une formule qui fonctionne bien. D’avoir un cours ou un programme qui s’offre dans une région un peu éloignée, ça améliore l’accès aux études
, dit-il.Un salon interuniversitaire à Uashat

Ça nous permet de créer des ponts entre les jeunes de la communauté et les institutions universitaires. Il y a beaucoup de modèles inspirants [qui sont sur place] qui viennent de partout au Québec
, fait valoir l’agent de soutien aux étudiants postsecondaires de la communauté de Uashat mak Mani-utenam, Dan-Alexandre McKenzie.Il faut que les gens sachent d'où on vient
, explique M. Fontaine.
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