À peine investi, Mark Carney se dit prêt à agir
Après plus de neuf ans au pouvoir, la page de Justin Trudeau vient de se tourner à Ottawa, et celle de Mark Carney s’ouvre sur fond de guerre commerciale avec les États-Unis. Le nouveau premier ministre libéral a été assermenté vendredi, en présence de la gouverneure générale Mary Simon, à Rideau Hall, à Ottawa. Il y a présenté son Conseil des ministres, le 30e de l’histoire du Canada, qui est bien plus petit que celui de Justin Trudeau, avec 24 membres au lieu de 38. Rompant avec une tradition instaurée par M. Trudeau, la parité entre hommes et femmes n’a par ailleurs pas été atteinte dans ce nouveau Cabinet, qui compte 13 hommes et 11 femmes, si l’on inclut la whip en chef du gouvernement. Plusieurs des ministres ayant occupé une place centrale dans la gestion de la guerre tarifaire lancée par le président américain Donald Trump conservent leurs fonctions. C’est le cas notamment de la ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, qui a prêté serment à distance, étant donné qu’elle se trouvait dans Charlevoix, où se tenait une réunion ministérielle du G7. Le ministre Dominic LeBlanc devient ministre du Commerce international tout en gardant le portefeuille des Affaires intergouvernementales, tandis que François-Philippe Champagne lui succède aux Finances. Le premier ministre Mark Carney, la gouverneure générale Mary Simon et les membres du Cabinet libéral posent pour une photo de famille. Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick Trois nouveaux visages font leur entrée : Arielle Kayabaga (leader du gouvernement à la Chambre des communes et ministre des Institutions démocratiques), Kody Blois (ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire et du Développement économique rural) et Ali Ehsassi (ministre de la Transformation du gouvernement, des Services publics et de l’Approvisionnement). Le ministère de la Transformation du gouvernement est d’ailleurs un nouveau poste qui a été créé, M. Carney ayant promis une plus grande efficacité dans la gestion des affaires gouvernementales pendant la campagne à la chefferie libérale. Un autre ministère, celui des Langues officielles, cède la place à celui de la Culture et de l'Identité canadienne que va diriger Steven Guilbeault. Cet ancien militant écologiste perd ses fonctions à la tête du ministère de l’Environnement, son nom étant fortement associé à la tarification du carbone, une mesure phare des libéraux qui est récemment tombée en disgrâce. La ministre des Transports et du Commerce intérieur, Chrystia Freeland, à gauche, s'entretient avec le ministre du Commerce international et des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc, après leur assermentation lors d'une cérémonie à Rideau Hall, à Ottawa, vendredi. Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick D'ailleurs, le premier geste que M. Carney a posé comme premier ministre a été d’abandonner une partie de la tarification sur le carbone, celle qui concerne les particuliers et non pas les industries, affirmant que cette mesure environnementale ne fait pas l’unanimité des Canadiens. Le chef de l'opposition officielle Pierre Poilievre avait laissé entendre que le gouvernement ne pouvait pas abolir la taxe sans le feu vert du Parlement, dont les travaux sont actuellement suspendus. Cependant, l'ex-ministre de l'Environnement et actuel ministre de la Culture, Steven Guilbeault, a indiqué que le Cabinet Carney a adopté un décret qui « fait en sorte que le volet consommateur de la tarification du carbone est amené à zéro en matière de prix pour le 1er avril ». Ce Cabinet marque aussi le retour de Chrystia Freeland, ancienne rivale de Mark Carney à la direction du Parti libéral et ancienne ministre des Finances dont la démission en décembre avait provoqué la chute de Justin Trudeau. Elle devient ainsi ministre des Transports et du Commerce intérieur. Cette équipe Mark Carney, qui souffle ses 60 bougies ce dimanche, a d’ailleurs répété les mêmes objectifs dans son premier discours depuis son accession au pouvoir. Ce nouveau Cabinet est pleinement conscient de nos responsabilités pour renforcer les fondations de notre nation durant cette crise et pour bâtir un Canada encore meilleur. Les ministres Jonathan Wilkinson, Joanne Thompson, Steven Guilbeault et Arielle Kayabaga arrivant à Rideau Hall. Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld Ses priorités? M. Carney a aussi indiqué vouloir faire du Canada une superpuissance des carburants traditionnels et innovants. Cet économiste de carrière ne compte d’ailleurs pas perdre de temps. Dès la fin de la cérémonie d’assermentation, il préside une première réunion de son nouveau Cabinet. Et, dès la semaine prochaine, il s’envole pour Paris, où il va s’entretenir avec le président Emmanuel Macron, et ensuite pour Londres, où il doit rencontrer son homologue britannique Keir Starmer. Avec ces visites, Mark Carney, qui a dirigé les banques centrales du Canada et d’Angleterre, espère consolider les relations de son gouvernement avec les principaux pays européens qui sont également la cible des politiques du président Trump en matière de commerce et de défense. Chrystia Freeland, Nathan Erskine-Smith et Anita Anand à leur arrivée à Rideau Hall, vendredi. Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld M. Trump, qui a lancé une guerre tarifaire contre le Canada en imposant des droits de douane de 25 % sur plusieurs produits, dont l’acier et l’aluminium, s’apprête à annoncer des tarifs dits Le gouvernement de Justin Trudeau a riposté avec des contre-tarifs de 25 % sur des produits américains d’une valeur de 60 milliards de dollars environ. M. Trump s’en prend aussi régulièrement à la souveraineté du Canada, répétant son souhait d’en faire le M. Carney, qui n’a toujours pas parlé avec M. Trump, s’est dit prêt à discuter avec lui, mais a exigé du président américain qu’il respecte la souveraineté du Canada. Il dit aussi qu’il n’a pas de plans Aux journalistes qui l'interrogeaient à ce sujet, le nouveau premier ministre a qualifié de Ali Ehsassi, Patty Hajdu, Kamal Khera et Dominic LeBlanc font partie du premier Cabinet de Mark Carney. Photo : La Presse canadienne / Justin Tang Le règne de Mark Carney risque toutefois d’être de courte durée, puisque des élections fédérales anticipées pourraient avoir lieu d’ici quelques semaines. N’ayant jamais été élu, M. Carney va vouloir asseoir sa légitimité avec un nouveau scrutin au printemps. Il est attendu qu’il demande à la gouverneure générale Mary Simon de dissoudre la Chambre des communes avant le retour des travaux parlementaires, le 24 mars. Vendredi, M. Carney n’a pas voulu préciser s’il envisageait de déclencher des élections bientôt. Il n’a par ailleurs pas indiqué dans quelle circonscription il compte se présenter lors du prochain scrutin, sachant qu’il est né dans les Territoires du Nord-Ouest, mais qu’il a grandi en Alberta. Le Parlement a été prorogé à la demande de Justin Trudeau lorsque ce dernier a annoncé son intention de démissionner de ses fonctions comme chef libéral et premier ministre, le 6 janvier dernier. Il a de ce fait pu retarder la chute de son gouvernement minoritaire, tous les partis d’opposition ayant promis de le faire 
Quelques changements

« Une équipe prête à agir »
prendra des mesures pour unir les Canadiens, défendre la souveraineté du Canada face aux mesures commerciales injustifiées des États-Unis, faire du Canada une superpuissance énergétique dans le domaine de l’énergie conventionnelle et de l’énergie propre, créer de nouveaux corridors commerciaux avec des partenaires fiables, et bâtir une seule économie canadienne – l’économie la plus forte du G7
, indique un communiqué du bureau du premier ministre.Cette équipe est prête à agir immédiatement
, a dit Mark Carney dans son allocution, dans laquelle il a tenu à rendre hommage à la pluralité des peuples fondateurs du Canada, composés d'Autochtones, de francophones et d'anglophones
.
Protéger les travailleurs canadiens face à la guerre tarifaire de l'administration américaine [...], créer des emplois bien rémunérés, améliorer l'accessibilité financière et rendre le Canada plus sûr
, a-t-il assuré.Ce nouveau gouvernement sera axé sur l'action, dirigé par une équipe restreinte, mais hautement expérimentée, capable de s'adapter à la situation actuelle
, a encore promis M. Carney.Pas de temps à perdre

réciproques
sur d’autres pays à travers le monde, notamment en Europe.Le plan de Trump d'annexer le Canada est « fou »
51e État
américain, et qualifiant à plus d’une reprise l’ancien premier ministre de gouverneur Trudeau
.pour le moment
de se rendre aux États-Unis.fou
le plan d’annexion du président Trump. Il n'y a aucun scénario imaginable [selon lequel] on ferait partie des États-Unis
, a-t-il tranché.
à la première occasion
au moyen d'une motion de censure au Parlement.
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