L’occasion de Newhook, le salut du Canadien
De dire que l’attaque du Canadien a été l’affaire d’un trio depuis près d’un mois relève de l’euphémisme. Nick Suzuki, Cole Caufield et Juraj Slafkovsky se sont présentés sous leur meilleur jour depuis la fin de la Confrontation des 4 nations et ont hissé, presque à eux seuls, le CH dans une position enviable, soit à un petit point d’une place en éliminatoires. Suzuki, particulièrement, trône au sommet de la ligue au cours de cette période (avant les matchs de vendredi) avec 17 points en 9 rencontres. Les deux fois où le capitaine a été blanchi, le Canadien a perdu. Sans lui, point de salut, tout simplement. Un peu plus de chiffres, peut-être… Ces trois attaquants ont réussi 55% du total de buts de l’équipe depuis le 22 février (17 sur 31), une proportion qui passe à 65% à cinq contre cinq (11 sur 17). Le CH profite de l’abondance de ces joueurs qui, eux, bénéficient de la position au classement du CH pour tirer des leçons de cet univers compétitif, et l’on tourne comme ça, en bonne intelligence, dans ce que Charles Darwin qualifierait certainement de mutualisme, si seulement il s’était intéressé davantage au hockey. C’est un peu moins mutuel au sein des autres trios, par contre. Ou, pour citer Martin St-Louis, Le bonus, sur lequel l’entraîneur a appuyé au moins quatre ou cinq fois pendant son copieux point de presse de plus de 20 minutes vendredi, peut se traduire ici par l’apport offensif secondaire. Qui, après les piliers de l’attaque - un groupe qui comprend essentiellement les trois attaquants susmentionnés et Lane Hutson – prendra la relève de temps à autre? Jake Evans, Joel Armia et Emil Heineman l’ont fait pendant le temps des Fêtes. Brendan Gallagher et Josh Anderson ont saupoudré leur contribution un peu partout durant la saison. Mais ce serait plutôt à cet élusif deuxième trio composé de Joshua Roy, d’Alex Newhook et de Patrik Laine de prendre le taureau par les cornes. Le problème, pour ce trio, est le suivant. La fiabilité défensive demeure la valeur cardinale, surtout en pleine course aux séries éliminatoires et l’on ne peut pas dire que ces trois-là se démarquent de cette manière. Si l’identité de trois des quatre trios du Canadien apparaît claire, c’est moins évident dans leur cas. Voilà un assemblage d’un joueur explosif qui a passé la saison à l’aile et se voit confier une autre chance de démontrer ce qu’il peut faire au centre, autrefois sa position naturelle, d’un marqueur redoutable que l’entraîneur n’ose pas trop faire jouer à forces égales en raison de ses carences défensives, et d’un habile jeune homme de 21 ans jeté dans le feu de l’action au pire moment de la saison, quand le jeu se resserre et que chaque pouce de terrain est arraché de haute lutte. Autant le défi est de taille, autant l’occasion est belle. Et Newhook en est bien conscient. Le succès de ce trio passe par lui et il le sait. Comme l’a dit l’entraîneur, il faudra d’abord s’assurer de minimiser le risque et c’est beaucoup demander à Roy, peu expérimenté, d’être irréprochable défensivement. Dans le cas de Laine, toutefois, la chose diffère. Les attentes aussi. Il ne faut pas que [Laine] rende la tâche difficile au joueur de centre défensivement. Il faut que tu sois prévisible et que ton centre puisse te faire confiance. C’est une partie de la game qui est très, très importante, surtout à ce temps de l’année. Le dilemme est gargantuesque dans le cas de Laine. Le CH peut-il vraiment se passer de la contribution offensive du grand Finlandais? De ses 12 buts en 35 matchs en avantage numérique par exemple? Mais a-t-il les moyens de sa nonchalance occasionnelle, de son apparente lenteur et de son manque de combativité? Ils n’en feront jamais un candidat au trophée Selke, mais qui sait ce qu’ils peuvent accomplir avec un peu de bonne volonté. Newhook, lui, a encensé les habiletés offensives de son coéquipier et se met la pression d’être la conscience du trio pour permettre aux autres de s’exprimer. Patrik Laine a amassé un but et une mention d'aide à son retour au jeu. Photo : Getty Images / Steph Chambers St-Louis a souligné l’amélioration flagrante du jeu défensif de Newhook cette saison, semblable au travail accompli par Caufield à ce chapitre depuis l’an dernier, un avis que corroborent les statistiques avancées. Certains modèles, en effet, démontrent qu’il possède l’un des meilleurs jeux de transition de l’équipe, autant pour sortir de sa zone en contrôle de la rondelle que pour entrer chez l’adversaire avec celle-ci. Des atouts essentiels pour exceller au centre. Sans dire que le succès est assuré, il a les munitions pour se faire valoir. Newhook a un coup à jouer. Un coup qui pourrait être profitable autant à sa carrière qu’à son équipe, d’où le mutualisme de départ. Au moment où la hiérarchie du CH au centre est à réévaluer, avec le départ probable de Christian Dvorak et l’expérience Kirby Dach dans l’axe qui semble être arrivée à son terme, il s’agit de sa chance de prouver qu’il peut prendre un de ses postes de pivot. Probablement le troisième à compter de l’année prochaine, mais le deuxième, par défaut, en attendant. Le succès de cette poussée tardive du Canadien au classement pourrait bien passer par la contribution de ce trio hétéroclite. Si Newhook y parvient, et bien, ce sera du bonus. Et comme on a appris vendredi, du bonus, ça en prend.ça va prendre du bonus
.Ça prend du bonus, a répété St-Louis, mais pas au prix de ne pas jouer la game défensive. Si on joue la game défensive, on va être dans tous les matchs.
C’est une bonne occasion pour moi. J’ai toujours beaucoup joué au centre, ça me connaît. Je veux transporter la rondelle en zone neutre en attaquant le milieu de la glace, je veux augmenter la cadence, créer des jeux, être responsable. C’est un gros poids à transporter sur ces épaules, mais c’est ce que je veux
, a-t-il laissé tomber après l’entraînement.Il faut qu’il soit responsable. Il faut que j’aie confiance en lui pour lui donner plus de glace quand les matchs sont serrés en troisième, quand les points sont tellement importants
, a ajouté St-Louis à propos du numéro 92.
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