L’industrie de la pêche inquiète à l’approche de tarifs douaniers chinois
À compter du 20 mars, la Chine imposera des tarifs douaniers de 25 % sur plusieurs produits canadiens, dont des produits de la mer. En Colombie-Britannique, l’arrivée de ce droit de douane fragilise l'industrie de la pêche commerciale, puisque la Chine en est un grand importateur. La Chine instaure ces droits de douane en réponse aux tarifs douaniers du Canada sur les voitures électriques, l’acier et l’aluminium de la Chine, imposés au mois d'octobre. Plus de 40 poissons et fruits de mer sont visés par ces tarifs douaniers, dont le crabe, la crevette et la palourde. Pour cette dernière, par exemple, l’Association des fruits de mer de la Colombie-Britannique précise que 95 % des palourdes récoltées dans la province sont exportées en Chine. Christina Burridge, directrice générale de l’Association, dit avoir été consternée en apprenant que de tels tarifs s'appliqueront. Néanmoins, elle précise que « On pêche 40 à 50 espèces de fruits de mer et on exporte près de 86 % aux États-Unis, à la Chine et au Japon », dit Christina Burridge, la directrice générale de l'Association des fruits de la mer de la Colombie-Britannique. Photo : Radio-Canada / Alphonsine Sefu Selon Statistique Canada, après les États-Unis, la Chine était le deuxième pays où le Canada exportait le plus de poissons et de fruits de mer en 2023. Les deux pays représentaient près de 83 % de part du marché d’exportation des produits de la mer au Canada. Dans le contexte de la guerre tarifaire avec les États-Unis, les membres de l’industrie de la pêche appréhendent le double impact créé par les nouveaux tarifs douaniers de la Chine. L’acier et l’aluminium chinois ont, de leur côté, été frappés de tarifs de 25 % par le Canada. Dès le 20 mars, la Chine imposera des droits de douane de 25 % sur les poissons, les fruits de mer et le porc. Elle imposera aussi d'autres tarifs de 100 % sur l'huile de canola, les tourteaux et les pois. Photo : Jon Martin Akira Matsunaga, directeur industriel des produits de la mer à Campbell Fishing, distribue les poissons de Martin Seafoods. Il s’agit d’un double coup dur. Non seulement nous sommes frappés par les États-Unis, mais nous le sommes aussi par la Chine. L’arrivée d’un nouveau premier ministre canadien et celle d’un nouveau gouvernement au fédéral donne un peu d’espoir à Christina Burridge : Dans un communiqué, Pêches et Océans Canada déclare qu’Ottawa espère entrer en négociation avec des représentants chinois afin d’aborder les inquiétudes des deux parties. Le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, dit avoir demandé au gouvernement fédéral de considérer les tarifs douaniers de la Chine avec autant d'attention que les tarifs douaniers américains. Selon des données de 2023 de Pêches et Océans Canada, en Colombie-Britannique, plus de 7500 personnes occupent un emploi lié à l’industrie de la pêche, et 64 400 emplois dépendent de ce secteur au Canada. Avec les informations d’Alex Kennedy, Tessa Vikander, Liam Britten, Olivia Stefanovich, La Presse canadienne et Chek Newsce n’était pas entièrement inattendu
, car depuis la mise en place des tarifs douaniers par le Canada, l’industrie des fruits de mer alerte Ottawa que ses produits pourraient être les cibles de contre-tarifs.Dans les importations de la Chine qui sont importantes et qui toucheraient le Canada, le canola est un exemple évident, ainsi que le porc et les fruits de mer
, explique-t-elle.
Les États-Unis chercheront du poisson moins cher, et la Chine explorera aussi d’autres avenues. Cela touche la Colombie-Britannique de manière importante
, estime Jon Martin, propriétaire de Martin Seafoods. La seule raison pour laquelle cela arrive, c’est qu’on a imposé des tarifs de 100 %
sur les véhicules électriques chinois, croit-il. Nous devons reculer sur notre décision d’imposer ces tarifs.

Nous tentons de trouver d’autres marchés, de voir si le Japon et l’Europe pourraient acheter un peu plus [de nos produits]
, précise-t-il.Des tarifs douaniers de 25 % sur les fruits de la mer impliquent probablement une perte de 25 % pour les pêcheurs, ainsi que pour les équipages des bateaux et les communautés côtières. Personne ne gagne dans une guerre tarifaire
, estime James Austin, président de l'Association des pêcheurs sous-marins de palourdes.Cela pourrait être l’occasion d'une remise à zéro des relations. Ainsi, nous devons attendre et espérer que [ces tarifs] soient de courte durée.
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