Avenir incertain pour des dispensaires nord-côtiers, selon un syndicat
Le Syndicat des intervenantes et intervenants de la santé du Nord-Est québécois (SIISNEQ) s'inquiète pour l'avenir des dispensaires de soins en Minganie et en Basse-Côte-Nord. Selon le syndicat, la province n’offre plus d’incitatifs financiers aux infirmières travaillant en dispensaire depuis le 23 février. Il s’agit, par exemple, d'indemnités de déplacement et de repas. Ces indemnités permettent de convaincre des infirmières de travailler dans les régions plus éloignées de la Côte-Nord. Trois infirmières sont concernées par la mesure dans la région, notamment une personne œuvrant au dispensaire de Baie-Johan-Beetz, d’après le syndicat. Elle avance que les établissements de santé ont mis fin à des pratiques [Les indemnités] n’étaient pas conventionnées. Ils ont mis fin à cette pratique. Mais les gens ne viendront plus travailler dans les dispensaires. Qui viendra travailler? Presque tous les postes sont dépourvus de titulaires en Minganie et en Basse-Côte-Nord. Karine Ouellet Moreau est la présidente du Syndicat des intervenantes et intervenants de la santé du Nord-Est québécois. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Catherine Gosselin Elle craint que certains dispensaires en Minganie et en Basse-Côte-Nord ferment d’ici quelques semaines. Le maire de Baie-Johan-Beetz, Sébastien L'Écuyer, craint de nouvelles réductions de services au CLSC du village. Il s’inquiète de l’avenir de l’offre locale des services de santé. Le retrait des [indemnités], c’est un frein supplémentaire qui risque d’aggraver encore plus la pénurie de personnel en rendant ces postes encore moins attrayants. Le maire avance qu’une réduction des services de santé régionaux pourrait accentuer le déclin démographique avec lequel la Côte-Nord doit composer. Sébastien L'Écuyer est le maire de Baie-Johan-Beetz, en Minganie, sur la Côte-Nord. (Photo d'archives) Photo : Gracieuseté : Sébastien L’Écuyer De son côté, le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Côte-Nord déclare prendre cette mesure pour respecter les conventions collectives en cours. Il précise que la mesure concerne les dispensaires de la Minganie, de la Basse-Côte-Nord et de Schefferville. Il ajoute que le CISSS de la Côte-Nord s’assure d’avoir les ressources requises pour offrir ses services à la population.C’est assez difficile de pourvoir nos postes en dispensaire. C’était un incitatif qui faisait qu’on avait de la main-d’œuvre. Il y a des gens qui allaient dans ces dispensaires depuis vraiment longtemps
, explique la présidente du SIISNEQ, Karine Ouellet Moreau.non conformes
dans certains milieux pour réduire les coûts de fonctionnement.
En plus d’avoir de la misère à trouver de la main-d’œuvre, les [établissements de santé] devront avoir recours à la main-d'œuvre indépendante, qui va coûter deux fois plus cher. Ce n'est pas logique
, affirme Mme Ouellet-Moreau.Vives inquiétudes à Baie-Johan-Beetz
Les infirmiers et infirmières nous ont informés de ce retrait [des indemnités]. Ils sont expérimentés. Ils sont souvent des retraités de retour au travail. Ils connaissent bien les citoyens et les réalités de nos villages. Il est primordial qu’on puisse leur donner les outils nécessaires pour remplir leurs fonctions
, lance-t-il.L’accès aux soins d’urgence en tout temps dans l’ensemble de la région, c’est primordial pour la rétention de nos citoyens, mais aussi pour attirer de nouveaux arrivants et de nouvelles familles dans nos villages
, fait-il valoir.
Les établissements de santé et de services sociaux sont tenus de respecter les modalités prévues aux conventions collectives. Les clauses à incidence monétaire relèvent des conventions collectives nationales et ne peuvent être négociées entre le syndicat local et l’établissement
, déclare par écrit un porte-parole du CISSS nord-côtier, Jean-Christophe Beaulieu.
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