Le propriétaire de l’aérodrome de Stephenville poursuivi par son bailleur de fonds
Le propriétaire de l’aérodrome de Stephenville, à Terre-Neuve-et-Labrador, est poursuivi en justice par son principal bailleur de fonds qui lui réclame près de 2 millions $. Selon des documents juridiques, Carl Dymond n’aurait pas remboursé l’argent qu’il a emprunté à Matthew Poppel pour faire l’acquisition de l’ancien aéroport. Une société à numéro dirigée par Carl Dymond a acquis l'aéroport de l'ouest de l’île de Terre-Neuve à l'été 2023 pour la somme de 6,90 $ et le paiement de 1,1 million $ de dettes existantes. Les documents hypothécaires montrent que Matthew Poppel, de la Saskatchewan, a fourni à la société de Carl Dymond la somme de 1,1 million $ quelques mois avant la transaction. Ce même Matthew Poppel aurait gagné un gros lot de 55 millions $ à la loterie dans sa province d’origine en 2021, selon la publication AllNewfoundlandLabrador.com. Des documents judiciaires obtenus par CBC révèlent que la relation entre MM. Dymond et Poppel s’est détériorée peu après l'acquisition de l'aéroport. Matthew Poppel, de la Saskatchewan, a gagné 55 millions $ à la loterie en 2021. Deux ans plus tard, il a investi 1,1 million $ dans l'acquisition par Carl Dymond de l'aéroport de Stephenville, à Terre-Neuve-et-Labrador. Il cherche désormais à récupérer cet argent. Photo : Josh Schaefer/Western Canada Lottery Corporation Dans une poursuite déposée en avril 2024 devant la Cour suprême de Terre-Neuve-et-Labrador, l’investisseur saskatchewanais affirme que Carl Dymond avait accepté de lui rembourser la somme de 1,1 million $ plus les intérêts avant le 12 octobre 2023, soit moins de deux mois après l’achat de l’ancien aéroport. Toutefois, l’homme d’affaires d’Ottawa n’aurait rien remboursé à son principal bailleur de fonds. En septembre dernier, la Cour suprême de Terre-Neuve-et-Labrador a donné gain de cause à Matthew Poppel puisque Carl Dymond n’avait soumis aucune défense. Le montant dû s’élèverait maintenant à près de 2 millions $, selon un jugement enregistré contre le propriétaire de l’aérodrome de Stephenville au bureau du shérif de la province. Matthew Poppel demande maintenant que le jugement du tribunal terre-neuvien soit reconnu et exécuté en Ontario, où habite Carl Dymond. Les deux hommes n’ont pas répondu aux demandes d’entrevue de CBC. L'homme d'affaires Carl Dymond lors d'une conférence de presse à Stephenville le 9 septembre 2021. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada Dans une déclaration sous serment à la Cour supérieure de justice de l'Ontario, le plaignant affirme que l’homme d’affaires d’Ottawa est au courant du jugement de la Cour suprême de Terre-Neuve-et-Labrador et qu’il n’a pas interjeté appel. Cette affaire doit être entendue par la Cour supérieure de l’Ontario en juillet. Matthew Poppel n’est pas le seul à poursuivre Carl Dymond en justice. Dans une autre affaire devant la Cour suprême de Terre-Neuve-et-Labrador, l'entreprise Tristar Electric réclame 2,4 millions $ à l’homme d’affaires pour l'installation d'éclairage extérieur à l'aérodrome de Stephenville, un montant qui n'a pas été vérifié en cour. Carl Dymond doit trouver un nouvel avocat pour le représenter d’ici à ce que la cause soit entendue le 1er mai prochain. Son ancien cabinet d'avocats, Benson Buffett, l’a récemment largué pour non paiement de ses honoraires. Des problèmes d'entretien de la piste d'atterrissage ont aussi entraîné la rétrogradation de l'aéroport de Stephenville au statut d'aérodrome enregistré, ce qui complique désormais l'accueil de vols commerciaux dans le sud-ouest de Terre-Neuve. Par ailleurs, l’aérodrome de Stephenville doit près de 500 000 $ en impôts fonciers impayés à la municipalité. Carl Dymond promet depuis 2021 de créer des milliers d’emplois à Stephenville et d’y dépenser des centaines de millions de dollars, notamment en construisant une usine de fabrication de drones futuristes. Avec des renseignements de Rob Antle et Troy Turner, de CBC

À ce jour, [Carl Dymond] n'a payé aucune partie du jugement
, a écrit Matthew Poppel dans sa déclaration sous serment du 4 mars dernier. Je crains que si nous ne procédons pas rapidement à l'enregistrement et à l'exécution du jugement, [Carl Dymond] n'épuise la plupart ou la totalité de ses actifs et ne rende l'exécution du jugement encore plus difficile.
Une autre poursuite et une rétrogradation
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