Hausse des cas d’agressions sexuelles signalés à Montréal
Près de 2500 nouveaux cas d’agressions sexuelles ont été signalés à Montréal l’an dernier. Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) peine à traiter les nombreux dossiers qui en découlent, faute de ressources, affirme son chef. Devant cette pression, le chef de police, Fady Dagher, reconnaît qu’il faudra plus de ressources pour répondre aux nouvelles plaintes et aux dossiers accumulés pas encore traités. Selon les données tirées des rapports trimestriels du SPVM, 2 428 dossiers pour agressions sexuelles ont été ouverts l’an dernier. C’est une centaine de plus qu’en 2021, année post-pandémie où il y avait eu un nombre record de dénonciations. Une complexité constatée aussi dans les démarches administratives des enquêteurs, comme le souligne le commandant de la section des agressions sexuelles du SPVM, Simon-Luc Tanguay. Le SPVM rappelle que les données trimestrielles de 2024 ne sont pas finales, puisque son rapport annuel ne sera publié que dans quelques mois. La section des agressions sexuelles comprend actuellement entre 32 et 34 enquêteurs et 2 autres devraient s’ajouter sous peu; mais pour le chef de police, Est-ce qu’on a des besoins? Absolument, et on va voir avec la Ville comment travailler là-dessus. Mais c’est sûr qu’il y a des backlogs, des dossiers en attente. Il n’a pas été possible de savoir combien de dossiers étaient actuellement en attente d’être traités, toutefois on précise que certains dossiers sont prioritaires, comme ceux impliquant des mineurs ou encore présentant des risques de récidive. Au SPVM, on estime que les hausses de cas d’agressions sexuelles constatées depuis la pandémie demeurent en grande partie dues aux prises de conscience lors des mouvements de dénonciation. Soulignons que dans son bilan de 2024 dévoilé jeudi, le SPVM a signalé une baisse de 19 % des meurtres, des tentatives de meurtre et des décharges d’armes à feu, entre 2023 et 2024. Par rapport à 2021, année durant laquelle la violence armée avait connu un sommet, c’est une baisse encore plus importante, soit de près de 50 % ont indiqué les autorités. Finalement, sur les 32 meurtres commis en 2024 à Montréal, 26 ont été résolus.Il y a une pression énorme sur les enquêteurs, c'est beaucoup plus complexe et beaucoup plus long, a fait valoir Fady Dagher, jeudi, en conférence de presse. Pour une scène de crime à Montréal, il y aura 80 caméras à observer et à analyser, tout ça ce sont des rajouts de temps et de complexité et de pression sur les enquêtes qu'il n'y avait pas il y a 10-15 ans.
On a toujours plus d’autorisations judiciaires à écrire que ce soit des mandats, des ordonnances de documents, des compléments de preuve, c’est demandé à juste titre, mais c'est plus long
, explique-t-il. Pas assez d'enquêteurs
ce n'est pas assez
.Bien qu’il y ait eu une grosse augmentation de dossiers entrés, le volume de dossiers en attente n’a pas tant augmenté que ça
, précise le commandant Simon-Luc Tanguay. On a réussi à avoir une productivité plus élevée, mais on a encore du retard.
Dossiers d’agressions sexuelles rapportés à Montréal
2020 2021 2022 2023 2024 1 797 2315 2214 2223 2428 Plus enclin à porter plainte
Tant au niveau de la police que de la société, le fait de sensibiliser les gens à dénoncer, le fait d'inciter les victimes à porter plainte, les gens prennent de plus en plus confiance dans le processus judiciaire et finissent par porter plainte et dénoncer
, indique Marc Charbonneau, chef de la Direction des services spécialisés.Baisse de la violence armée
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