Vers un regroupement des services de sécurité incendie dans Charlevoix
Un nouveau pas a été franchi vers la mise en commun des services de sécurité incendie à Charlevoix, près de deux ans après les inondations qui ont coûté la vie à deux pompiers volontaires à Saint-Urbain. Le regroupement des services de sécurité incendie vise à optimiser les ressources humaines et matérielles des différentes municipalités de la MRC de Charlevoix. La Ville de Baie-Saint-Paul prendra en charge la gestion du service unifié, alors que les cinq autres municipalités concernées, soit Petite-Rivière-Saint-François, Saint-Hilarion, Saint-Urbain, Les Éboulements et L’Isle-aux-Coudres, siégeront sur un comité consultatif intermunicipal. De l'équipement pour sauvetage nautique récemment acquis par la municipalité de Baie-Saint-Paul. Photo : Radio-Canada / Camille Carpentier L’idée de regrouper les services de sécurité incendie avait été au cœur des discussions lors de l’enquête publique sur la mort de deux pompiers volontaires à Saint-Urbain, en mai 2023. Régis Lavoie, 55 ans, et Christopher Lavoie, 23 ans, ont péri en tentant de porter secours à des résidents isolés par les eaux de la rivière du Gouffre. Le rapport de la CNESST a conclu que les deux pompiers volontaires n’étaient pas formés adéquatement pour réaliser des sauvetages nautiques. La mairesse de Saint-Urbain, Claudette Simard, soutient défendre l’idée de regrouper les forces entre les municipalités depuis de nombreuses années. Elle se réjouit que la MRC de Charlevoix se soit positionnée en faveur de la mise en place d’une telle structure. La mairesse de St-Urbain, Claudette Simard, et le maire de Baie-Saint-Paul, Michaël Pilote. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada Elle soutient que la municipalité n’est pas en mesure de corriger seule les lacunes mises en lumière lors du drame survenu dans sa municipalité durant les inondations du printemps 2023. Avec cette nouvelle structure, la MRC de Charlevoix estime être en mesure de faire des économies en réduisant les dédoublements des structures administratives et en regroupant les achats. Malgré la mise en commun de la gestion des ressources humaines, chaque municipalité restera responsable de sa caserne et aucun poste ne sera aboli, a assuré le préfet Patrick Lavoie. Patrick Lavoie, maire de Saint-Hilarion et préfet de la MRC de Charlevoix. Photo : Radio-Canada / Camille Carpentier Le regroupement permettra aussi d’uniformiser et de mettre à jour la formation des pompiers. La caserne de pompiers de Baie-Saint-Paul est la mieux équipée de Charlevoix. La Ville a notamment été la première à former ses pompiers pour répondre aux urgences sur l’eau. Les changements qui seront apportés avec le regroupement des services de sécurité incendie seront davantage administratifs, note le maire de Baie-Saint-Paul, Michaël Pilote. L'équipement des pompiers de Baie-Saint-Paul. Photo : Radio-Canada / Camille Carpentier Les six municipalités de Charlevoix devront décider si elles décident ou non de rejoindre le regroupement. La MRC espère que l'entente avec la Ville de Baie-Saint-Paul sera en vigueur à l'automne, avant les prochaines élections municipales. Avec les informations de Camille Carpentier
Les incendies, c’est majeur. On parle de sécurité de nos citoyens, et de [celle des pompiers] aussi. On n’est pas à l’abri d’avoir des poursuites à tous les niveaux. C’est une inquiétude et une préoccupation que j’ai depuis longtemps
, a-t-elle réagi en entrevue à Radio-Canada.
Chacun ne peut pas faire n’importe quoi, n’importe comment. Nos pompiers, on y tient, on a confiance en eux, on sait qu’ils se dévouent pour la population. Mais en même temps, il faut renforcer tout ça pour leur donner encore plus de belles réalisations, de compétences et de formations adéquates
, note la mairesse.Mise en commun

On ne peut pas tolérer qu'un pompier fasse des interventions alors qu'il n'a pas maintenu ses acquis. S'il y arrive un accident, c'est nous qui se fait blâmer
, souligne Patrick Lavoie, qui est également maire de Saint-Hilarion.Changements surtout administratifs

Les gestionnaires des casernes, eux, vont voir des changements, mais pour les pompiers sur le terrain et pour les citoyens, il y aura très peu de changements
, mentionne-t-il en entrevue à Radio-Canada.
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