Une troisième défaite de suite pour la Victoire
La Victoire de Montréal n’a pas nécessairement connu un mauvais match, mais un manque de finition et, surtout, le brio de la gardienne Kristen Campbell ont permis aux Sceptres de Toronto de se sauver avec un gain de 2-1, dimanche, à la Place Bell. Montréal disputait un premier match depuis que la gardienne Ann-Renée Desbiens a subi une blessure au genou gauche contre le Fleet de Boston. Depuis un certain temps, l’entraîneuse-chef Kori Cheverie essaie de trouver de nouvelles combinaisons qui permettraient à son équipe de générer plus d’attaque. Si la Victoire connaissait jusqu’ici une excellente saison, c’est surtout grâce au travail de Desbiens devant le filet et à la production de Laura Stacey et Marie-Philip Poulin. Dans le vestiaire avant le match, les entraîneurs ont parlé d’envoyer davantage de rondelles au filet afin de marquer plus de buts et, conséquemment, de freiner la séquence de défaites à deux. C’est tout le contraire qui s’est passé en début de première période. Pendant que les Sceptres ont rapidement testé Elaine Chuli, les joueuses de Montréal ont semblé perdues sur la patinoire. En quête de repères, elles ont attendu huit minutes avant d’effectuer un premier tir sur Kristen Campbell. La Victoire a finalement menacé pour une première fois en fin d'engagement lorsque Cayla Barnes a vu son tir être arrêté par Campbell, avant de frapper le patin de Mikyla Grant-Mentis, puis aboutir directement sur le poteau à la droite de la gardienne des Sceptres. Je pense que nous avons bien fait à partir du milieu de la première période. J’ai aimé nos unités spéciales. Sur le deuxième but, je sens qu'on leur a fait un cadeau. Nous avons fait des erreurs devant notre but. Pour le deuxième but, en plus d’une erreur, il y a eu un problème de communication entre une attaquante et une défenseuse. Montréal a dominé Toronto au chapitre des tirs au but, mais les rebonds n’ont pas toujours été en sa faveur. On pourrait dire que la chance n'a pas été du côté de la Victoire, mais la réalité, c’est qu'elle n’a pas su saisir ses occasions. C'est justement la capitaine qui a finalement marqué en avantage numérique en fin de match pour réduire l’écart et redonner espoir aux 10 172 spectateurs réunis à la Place Bell. Montréal aura finalement manqué de temps. Si l’on se fie au discours de l’entraîneuse et des joueuses, l’inquiétude n’a pas gagné le vestiaire de la Victoire. Même si elles ne le diront jamais haut et fort, il y a cependant des choses qui ne mentent pas. À plusieurs reprises, on a pu voir des signes de frustration de la part de plusieurs joueuses. Ou peut-être était-ce du découragement? En tant que fières compétitrices, il n’est pas surprenant de voir qu’elles ont perdu leurs sourires lorsque leur équipe affiche un retard au pointage. Perdre, ça arrive, mais des questionnements plus profonds risquent de s’installer peu à peu. Si le printemps dernier, les meilleures joueuses de Montréal ont été surmenées en séries, on croyait que le scénario serait tout autre cette année. Il a souvent été question de la nouvelle profondeur de l’équipe depuis le début de la saison. Les joueuses, la directrice générale et l’entraîneuse en parlaient, pendant que les partisans et les médias ne faisaient que constater sur la patinoire. Elles doivent continuer le travail qu’elles font. Peut-être tirer un peu plus rapidement. Il y a des joueuses qui aimeraient marquer plus, et nous en avons parlé. Nous leur avons dit que pour marquer des buts, il fallait aller devant le filet. On a l’impression que les rondelles rebondissaient toujours sur les jambières de la gardienne, mais à un certain moment, elles doivent trouver un moyen de mettre la rondelle dans le filet, et j'ai bon espoir qu’elles vont réussir à le faire. Des joueuses qui avaient l’habitude de marquer régulièrement, que ce soit en équipe nationale ou au niveau universitaire, n’y arrivent soudainement plus. Est-ce que le doute commence à s’installer dans la tête de certaines? Est-ce que la confiance s’effrite peu à peu? Sur papier, la profondeur serait toujours là, mais concrètement, où est-elle passée? Abby Boreen, par exemple, a été époustouflante en première moitié de calendrier, mais soudainement, elle n’est plus l’ombre d’elle-même. Elle a sans doute marqué l’un des plus beaux buts de la saison dans la Ligue professionnelle de hockey féminin (LPHF). Où sont passées l’agressivité, l’explosivité et les feintes qui lui permettaient de se démarquer en début de campagne? Afin de trouver une solution, Kori Cheverie a choisi, encore une fois, de séparer Laura Stacey et Marie-Philip Poulin. Mais plutôt que d’avoir deux trios qui produisent tel qu’espéré, la première unité d’attaque a soudainement perdu sa bougie d’allumage. Et ce premier trio, c'était vraisemblablement la principale – si ce n’est pas la seule – force de frappe de Montréal. On a aussi l’impression qu’une joueuse comme Kristin O’Neill est prise dans un cercle vicieux et incapable de s’en sortir. La joueuse de centre est un rouage important de l’équipe canadienne depuis de nombreuses années. Danièle Sauvageau n’a pas hésité à la repêcher rapidement lors de l’encan inaugural de la LPHF. Elle a reçu un contrat de trois ans et porte la lettre Kori Cheverie a récemment mentionné que le personnel d’entraîneurs travaillait avec O’Neill afin de trouver des solutions pour l’aider à sortir du creux de vague. Personne ne pourra reprocher à la joueuse de ne pas donner suffisamment d’efforts. Au contraire. Mais elle ne produit pas sur le plan offensif, commet des erreurs, en plus d’écoper de pénalités. Malgré tout, elle demeure dans le deuxième trio et elle a été convoquée par le Canada en vue du prochain mondial. Elle n’est pas la seule dans cette situation, mais si elle ne parvient pas à retrouver ses repères dans la LPHF, est-ce que son rôle avec l’équipe nationale pour les Jeux olympiques de Milan-Cortina pourrait être remis en question? Pendant ce temps, sa compatriote Kristen Campbell a su se lever dans un moment où plusieurs doutaient d’elle. Après un début de saison difficile, la gardienne n’avait pas été retenue par le Canada pour les derniers matchs de la Série de la rivalité. Dimanche, elle a été l’actrice principale dans cette victoire en réalisant 32 arrêts. Une performance qui lui a permis d’être nommée première étoile du match. Ses récents exploits lui ont fait retrouver sa place dans l’équipe nationale. Pour le moment, Emerance Maschmeyer est blessée et elle a dû déclarer forfait pour les mondiaux. Si Ann-Renée Desbiens n’est pas en mesure de participer à la compétition, en avril, Campbell risque de se retrouver pour une première fois en tant que gardienne no 1 du Canada. Avec un gain en temps réglementaire, la Victoire pouvait se qualifier pour les séries, mais la confirmation devra attendre après une troisième défaite d’affilée. Malgré tout, Montréal trône toujours en tête de la LPHF, mais l’écart se rétrécit dangereusement avec ses plus proches poursuivantes, alors que Toronto n’est plus qu’à trois points du sommet. La Victoire disputera son prochain match mercredi, contre le Frost, au Minnesota. Les joueuses ont fait exactement ce qu’on leur avait demandé, a soutenu Cheverie. Envoyer des rondelles au filet et aller au filet. Nous avons eu l’avantage au niveau des tirs au but. Nous avons fait ce que nous avions à faire de ce côté.
C’est certain qu’il y a des rebonds où l'on aurait aimé la mettre dedans, a reconnu Marie-Philip Poulin. On a eu beaucoup de lancers, beaucoup de trafic devant Campbell, c’est ça qu’on voulait, mais c’est une très bonne gardienne. C’est à nous de trouver une façon de mettre ces rebonds dans le but.
Où est passée la profondeur?
On a le groupe pour le faire. Ça fait partie du hockey, ça fait partie du processus. Ce ne sera pas toujours rose. C’est à nous de faire face à l’adversité et à nous relever les manches
, a martelé Poulin. Il y a des périodes où ça va moins bien, que ça ne rentre pas, ou que ça ne va pas comme tu veux. Il faut se regarder dans le miroir. Il n'y a personne à blâmer, mais il faut que toutes les filles se lèvent et trouvent des solutions. Il reste cinq matchs
, a ajouté la capitaine. A
sur son chandail. Dans une ligue où les contacts sont permis, son petit gabarit semble soudainement lui nuire, tandis qu’elle avait toujours réussi à tirer son épingle du jeu en sélection nationale.
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