Une séance municipale sous haute tension à Rimouski
Des policiers de la Sûreté du Québec (SQ) ont expulsé des citoyens de la séance du conseil municipal de Rimouski, lundi soir, à la demande du maire Guy Caron. Près d’une centaine de citoyens se sont présentés à la séance de consultation publique afin de s’opposer au projet d’un quartier de 800 logements dans un secteur de Pointe-au-Père qui comporte des milieux boisés et humides. Dans le cadre de la séance régulière du conseil municipal, la Ville a procédé à une consultation publique pour le moins animée qui aura duré 1 h 30. L'objectif était de présenter un projet de changement de zonage afin de créer une zone de conservation de 159 000 mètres carrés dans la partie sud de la forêt. La Ville souhaite développer la portion ouest de ce secteur afin d'accueillir un projet immobilier de 800 unités de logement. Mais avant même le début de la consultation publique, le maire a dû faire plusieurs appels au calme après avoir notamment entendu des imitations de bruits d’oiseaux dans l’assemblée. La conseillère du district de Pointe-au-Père, Julie Carré, visiblement agacée, a demandé au maire d'interrompre la séance afin de calmer les esprits. Près d'une centaine de citoyens ont assisté à la consultation publique afin de s'opposer au projet de développement immobilier à Pointe-au-Père. Photo : Radio-Canada / Mathieu Berger À la reprise, le maire a annoncé aux citoyens présents que des agents de la Sûreté du Québec étaient maintenant sur place afin d’expulser ceux qui contreviendraient aux règles du conseil. Plusieurs personnes se sont ensuite présentées au micro pour dénoncer le projet immobilier, dont Dominique Bourassa, médecin de famille et membre de l'Association québécoise des médecins pour l'environnement (AQME). Celle-ci a fait part aux conseillers des demandes du groupe d'opposants, dont Dominique Bourassa, médecin de famille et membre de l’Association québécoise des médecins pour l’environnement (AQME), a posé une question aux élus lors de la séance de lundi soir. Photo : Radio-Canada / Mathieu Berger Après la séance du conseil, le maire a reconnu que la zone actuelle qui sera protégée représente une superficie d'environ 70 % de la zone qui était prévue au départ dans le plan-concept. Des agents de sécurité et des policiers de la Sûreté du Québec sont intervenus à plusieurs reprises auprès de citoyens lors de la séance municipale lundi. Photo : Radio-Canada / Mathieu Berger Quelques enfants se sont aussi présentés au micro pour dénoncer la décision du conseil, dont la jeune Zia qui avait une question pour les politiciens. Un autre enfant a ensuite posé une question directement au conseiller Sébastien Bolduc en faisant référence à ses propres enfants. Le conseiller Jocelyn Pelletier est alors sorti de ses gonds en accusant les adultes présents Le nouveau développement doit se faire dans le district de Pointe-au-Père, au sud du boulevard Sainte-Anne, entre la rue du Sieur et l'avenue des Violettes. Photo : Ville de Rimouski La séance a ensuite été interrompue à nouveau après quelques interventions et expulsions de la part des policiers de la Sûreté du Québec, avant de reprendre. Après la séance, Guy Caron est revenu sur les événements en déplorant la façon dont les choses s'étaient déroulées.C’est irrespectueux, c’est arrogant, c’est inacceptable
, a-t-elle lancé avant la suspension de la séance pour une dizaine de minutes.
Des policiers en renfort
la création d’une zone de conservation pour l’ensemble du boisé et des terres humides de Pointe-au-Père et la création d’une ceinture verte inviolable et à perpétuité des milieux naturels sur le territoire de la Ville de Rimouski qui ne sont pas déjà artificialisés
.
La superficie que vous avez décidé de protéger est beaucoup plus petite que celle qui était annoncée dans le plan concept. Vous n’êtes même pas cohérents avec ce que vous avez annoncé comme protection
, a pour sa part plaidé une autre citoyenne, Lysanne Picard-Paquin.Ça n'exclut pas qu’on puisse effectivement conserver d’autres portions de terrain par la suite
, a précisé Guy Caron.
Instrumentaliser des enfants?
Quand vous prenez une décision, est-ce que vous prenez le temps de vous tourner et de regarder la chaise des générations qu’on a faite il y a bientôt un an?
, a-t-elle demandé en fixant son regard sur ladite chaise des générations installée dans un coin de la salle du conseil. On a des enfants. On les prend en considération quand on prend nos décisions
, lui a répondu le maire Guy Caron.d'instrumentaliser
des enfants dans ce dossier, ce qui a fortement fait réagir les opposants dans la salle. 
C'est normal que pour des projets comme ceux-là, qui sont polarisants, qu’il y ait une réaction qui soit forte. Ça, on le comprend et on va l'assumer. D’un autre côté, ce qu'on ne peut pas vraiment accepter, c’est le manque de respect, c'est la volonté de perturber le déroulement du conseil municipal
, ajoute-t-il.
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