Quel avenir attend la fonction publique après les élections?
À l’approche des élections fédérales prévues le 28 avril, le débat sur l’avenir de la fonction publique s’intensifie, les partis étant divisés entre réduire sa taille ou gérer prudemment son expansion. Selon le gouvernement du Canada, 42,5 % des employés de la fonction publique fédérale se trouvaient dans la région de la capitale nationale en 2023. La taille de l'État a atteint le cap des 367 772 employés en 2024. Les conservateurs envisagent des réductions dans la fonction publique. Les libéraux s’engagent à ne plus augmenter la taille de l’État, sans toutefois préciser s’il y aurait des compressions dans la fonction publique. Quant aux néo-démocrates, ils affirment que toute compression dans la fonction publique pourrait affecter les services rendus aux citoyens. Plus tôt en mars, des syndicats ont tiré la sonnette d’alarme face à certaines réductions. Le président de l’Association canadienne des employés professionnels (ACEP), Nathan Prier, appelle les chefs de partis fédéraux à se différencier des politiques de réduction de l’État inspirées par le milliardaire américain Elon Musk, récemment nommé à la tête du département américain de l’efficacité gouvernementale (DOGE). Portant un t-shirt disant «soutien technique» et une casquette arborant le message de campagne de Donald Trump, Elon Musk a vanté les efforts du DOGE. (Photo d'archives) Photo : Reuters / Brian Snyder M. Prier craint que le futur gouvernement canadien adopte des politiques similaires. « Nous voulons que les politiciens ici se distinguent d’Elon Musk. Je sais que c’est extrême de dire que Pierre Poilievre ou Mark Carney suivent les mêmes politiques qu'Elon Musk, mais on constate qu’il n’y a pas une grande différence. C’est peut-être une approche plus accélérée [du côté d’Elon Musk] », indique-t-il. De son côté, le syndicat met également en avant l’importance du télétravail pour les fonctionnaires, estimant que ce mode de travail représente l’avenir. Le président de l'Association canadienne des employés professionnels (ACEP), Nathan Prier (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Simon Lasalle Selon le vice-président national de l'Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC), Alex Silas, c'est grâce à une fonction publique solide que le Canada a été capable de traverser des crises telles que la pandémie. Les syndicats mettent en garde contre l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) pour remplacer des travailleurs dans la fonction publique. L'ancien sous-ministre Daniel J. Caron, qui est professeur à l'École nationale d'administration publique, reconnaît les préoccupations des syndicats, mais apporte des nuances à la discussion. Selon le gouvernement du Canada, 42,5 % des employés de la fonction publique fédérale se trouvaient dans la région de la capitale nationale en 2023. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Estelle Côté-Sroka Selon M. Caron, il est essentiel de recentrer le débat sur une question importante : il ne s’agit pas seulement de la taille de l’État, mais aussi de sa place dans la société. Il insiste également sur la nécessité pour le futur gouvernement de repenser le rôle et le fonctionnement de la fonction publique. Les propositions de réduction dans la fonction publique soulèvent également des inquiétudes au niveau des élus en milieu urbain et rural en Outaouais. Avec les informations de Rémi Authier 
Le télétravail dans plusieurs emplois, c’est le futur du travail. C’est l’avenir [...] Notre position, c’est aussi que ce n’est pas seulement bénéfique pour les travailleurs qui peuvent accomplir leur tâche en télétravail, mais aussi pour la fonction publique en général. Ça permet d’avoir une fonction plus efficace
, ajoute-t-il.
On ne s'en rend pas compte quand on l'utilise quotidiennement, mais on s'en rend compte quand on en a besoin.
Prudence face à l'IA, plaident les syndicats
L'IA est incroyable. Ça peut remplacer peut-être des fonctions et des tâches dans la fonction publique, mais pas des employés
, lance Nathan Prier.Si la taille de l’État au fil des dernières années a beaucoup augmenté au niveau du fédéral [...] il faut dire aussi qu’on a augmenté nos programmes. Donc si on augmente le nombre de services offerts, il faut que quelqu'un vienne paramétrer tout ça puis offrir le service
, précise-t-il.
Avant de parler de la taille en termes d’effectif, il faut parler de ce qu'on veut comme service. Ensuite on ira se questionner sur la façon de le faire
, explique-t-il.J'espère que quelqu'un va se prononcer là-dessus et qu'il voudra bien faire les premiers pas pour dire oui, on va regarder ça et finalement on va se réinventer en quelque sorte
, affirme Daniel J. Caron.Nous ne voulons pas de réduction d’emplois dans notre région, surtout en ce moment où la situation est déjà difficile », mentionne le préfet de la MRC de Papineau, Benoit Lauzon. « La fonction publique est un pilier pour nous.
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