Le budget Girard ne convainc pas le milieu communautaire
Le budget du Québec déposé mardi par le ministre des Finances, Éric Girard, cause de l’insatisfaction chez plusieurs intervenants du milieu communautaire en Abitibi-Témiscamingue.
C’est ce qui ressort des discussions menées après une écoute collective de la présentation du budget au Cabaret de la dernière chance, à l’invitation du Regroupement d'éducation populaire de l'Abitibi-Témiscamingue (REPAT) et du Réseau vigilance de l’Abitibi-Témiscamingue, à laquelle une vingtaine de personnes ont pris part.
Le Québec vit une grande crise sociale présentement, déclare d’emblée Christian Milot, co-coordonnateur au REPAT. On parle de crise du logement, crise d’immigration, crise environnementale, et on a mis l’emphase sur tout ce qui est économique.

Christian Milot, co-coordonnateur du REPAT.
Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir
Selon M. Milot, le budget contient peu d’éléments permettant de protéger le filet social.
Le gouvernement parle de hausse de 3 % pour la santé, alors que les besoins seraient de 5 %. Inévitablement, on s’en va vers une période d’austérité, si on ne l’est pas déjà. C’est un gros feu rouge qui nous inquiète beaucoup.
Formatrice-gestionnaire au Centre d’animation, de formation et d’accompagnement (CAFA), Vicky Brazeau s’est dite déçue du temps pris avant qu’il soit question d’autre chose que d’économie et d’entreprises lors de la présentation du ministre Girard.
On parlait de commerce, encore de commerce, de production, d’entreprises, de déductions fiscales et de tarifs douaniers, mais à un certain moment, après 30 minutes, je me suis dit : “On n’est pas en train de parler d’économie locale et d’entreprises régionales”
, a-t-elle observé.

Vicky Brazeau, formatrice-gestionnaire au Centre d’animation, de formation et d’accompagnement (CAFA).
Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir
Mme Brazeau s’est par ailleurs sentie interpellée par les enveloppes réservées aux régions.
On n’a pas parlé des régions éloignées ou des régions ressources. On s’entend que Laval est une région, l’Estrie est une région, mais on est encore dans les grands centres urbains. Qu’est-ce qui va être là pour l’Abitibi-Témiscamingue?
, demande-t-elle.
Même pas des peanuts pour le logement social
Organisateur communautaire à l’Association des locataires de l'Abitibi-Témiscamingue (ALOCAT), Frédéric Duret n'a pas caché sa déception face au contenu du budget.
On vit une crise du logement actuellement, la ministre [de l'Habitation France-Élaine] Duranceau a zéro dollar pour financer du logement social. Ça fait 30 ans qu’on en demande, il n’y a pas eu de construction de HLM depuis 30 ans. Tant qu’à moi, ce n’est même pas des restants de peanuts sans saveur pour le logement social
, dénonce-t-il.

Frédéric Duret, organisateur communautaire à l'ALOCAT.
Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir
M. Duret dénonce également le manque de financement pour les organismes en défense des droits des locataires.
Il n’y a aucune cenne de plus pour nous venir en aide et répondre aux besoins des locataires. En ce moment, on a de la misère à payer des employés à temps plein pour répondre à la population de l’Abitibi-Témiscamingue au complet
, fait-il remarquer.
En entrevue à l'émission Ça vaut le retour, le président de la Chambre de commerce et d'industrie d'Amos Harricana, Claude Balleux, s’est dit perplexe
et trouve le budget décevant
, lui qui attendait une annonce concernant l'hôpital d'Amos.
De son côté, Louiselle Luneau, du Regroupement de femmes de l’Abitibi-Témiscamingue, reconnaît que le budget contient de bonnes mesures pour venir en aide aux entreprises. Elle aurait souhaité d’autres bonnes mesures pour venir en aide aux individus.

Louiselle Luneau, du Regroupement de femmes de l’Abitibi-Témiscamingue.
Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir
Ce qui m’a un peu dérangée, c’est qu’on n’a rien par rapport aux personnes les plus démunies, donc les personnes qui vivent dans la pauvreté. On n’a rien non plus par rapport aux familles, aider les familles moyennes qui en arrachent aujourd'hui avec le coût des logements et de l’épicerie
, dit-elle.
Ce qu’on a entendu aujourd’hui, c’est qu’on va aider les dirigeants et dirigeantes d’entreprises, on va supporter les entreprises. Est-ce qu’on a entendu des mesures pour aider les travailleuses et travailleurs dans ces entreprises-là? La réponse c’est non.
Mme Luneau s’est dite globalement déçue de la place faite aux femmes dans ce budget 2025-2026.
Est-ce qu’on a entendu des mesures touchant au travail des infirmières au niveau de la santé et des services sociaux? Non. Est-ce qu’on a entendu des mesures pour les CPE, dans lesquelles les éducatrices sont en négociation actuellement? Non. C’est dommage. On s’en va en élections en 2026 et on ne veut pas juste des cadeaux en 2026 en prévision des élections
, termine-t-elle.
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