Un nouveau comité pour mieux planifier les risques d’inondation à Gatineau
Le Service de l’urbanisme et du développement durable (SUDD) de la Ville de Gatineau recommande aux élus la création d’un comité d’adaptation aux inondations sur son territoire. Présenté ce mardi en comité plénier, le futur Comité ADAP-inondations veut rassembler différents experts, scientifiques, mais aussi faire participer les citoyens pour poursuivre les travaux, analyser les scénarios possibles et proposer des solutions aux risques d’inondation sur son territoire. Grâce à ce comité de travail, la Ville espère développer son propre plan d'adaptation du territoire face aux inondations. Un exercice d'anticipation pour être la plus préparée possible le jour où des mesures devront être prises dans les nouvelles zones à risques d'inondation. Mais ce jour n'est pas encore venu, car la Ville de Gatineau, comme toutes les municipalités du Québec, est soumise depuis trois ans maintenant, à un cadre réglementaire provisoire des zones inondables. Instauré par le ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP), le régime se veut transitoire, en attendant un nouveau cadre réglementaire modernisé et l'actualisation des cartographies des zones inondables de toute la province. Annoncée au printemps dernier, cette modernisation du cadre réglementaire sur les milieux hydriques et zones inondables devrait finalement être adoptée ce printemps pour entrer en vigueur cet automne. S'en suivra la publication progressive des cartographies actualisées des zones inondables. Si la Ville de Gatineau avait déjà actualisé ses zones, elle a dû réajuster ses données pour répondre aux nouvelles exigences du MELCCFP. Selon Guylaine Déziel, Cette image du 26 avril 2019 de Ressources naturelles Canada montre la végétation inondée (vert) et les inondations en eau libre (bleu foncé) sur la rivière des Outaouais. (Image d'archives) Photo : RADARSAT-2 / MacDONALD, DETTWILER AND ASSOCIATES /Agence spatiale canadienne Plusieurs élus ont relevé la difficulté de répondre adéquatement aux citoyens, sans cartographie définitive. De son côté, Mme Déziel rappelle que c'est le régime transitoire mis en place en 2022 qui est et reste le cadre réglementaire à respecter encore aujourd'hui. Le Service de l'urbanisme et du développement durable de la Ville de Gatineau recommande également la garantie du financement pour poursuivre les travaux de planification intégrée des zones inondables. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Rebecca Kwan La directrice générale adjointe du Service développement durable à la Ville, Lyne Savaria, rappelle que si les responsabilités sont partagées, On y va avec une analyse de risques, avec une analyse de coût-bénéfice. Le comité ADAP va commencer ces travaux-là pour faire des recommandations au conseil municipal. La mairesse de Gatineau Maude Marquis-Bissonnette ajoute que les solutions doivent être pensées en fonction de la réalité de chacun. Et l'élue d'ajouter que les solutions d'adaptation qui seront proposées, notamment pour les infrastructures publiques qui sont dans une zone à risque d'inondation, auront nécessairement un coût pour la Ville.L’objectif est de mieux comprendre les risques pour nous permettre d’agir de manière plus efficace et proactive
, rappelle la directrice du SUDD, Guylaine Déziel.Ce n'est pas simple ce qui va se passer avec ce comité-là
, reconnaît le conseiller de Masson-Angers, Mario Aubé. Il y aura beaucoup de réflexion à faire avec beaucoup de délicatesse [...] pour en arriver à des décisions peut-être un peu plus difficiles dans le temps.
Agir sans les nouvelles cartes des zones inondables
le dépôt et la validation de la cartographie au ministère ne sont pas prévus avant 2027, voire 2028
.
La carte [des zones inondables] avait été élargie, puis elle a été réduite
, souligne le conseiller du district de la Rivière-Blanche Jean Lessard.Comment on gère ça face aux citoyens pour ne pas qu'il y ait des enjeux? [...] Il y en a qui me disent : "moi, je veux vendre ma propriété, mais j'ai un point rouge dans ma cour parce que je ne sais pas si je vais [être] dans les inondations ou pas... mais je n'ai jamais été inondé".
C'est ce qui s'applique actuellement
, insiste la directrice du SUDD avant d'ajouter que l'objectif est d'informer les citoyens sur le cadre modernisé qui s'en vient, puis, à travers le comité ADAP et les exercices de participation citoyenne qui s'en viennent, sensibiliser davantage, informer davantage les citoyens sur cette notion de risque et les solutions à mettre en place.

Une analyse de risques coût-bénéfice
la base de décision finale va être la Ville
.Le gouvernement a la responsabilité d'adopter des cartes. Notre responsabilité à nous c'est d'intégrer ces cartes-là dans notre schéma d'aménagement, dans notre gestion de l'urbanisation
, explique-t-elle. S'il y a des décisions à prendre, avant qu'elles soient prises, je souhaite vraiment [...] qu'on ait retourné toutes les roches pour être sûr qu'on a des solutions à proposer autres que juste vider des quartiers
, insiste pour sa part Mario Aubé.Il y a le cas de Pointe-Gatineau, il y a le cas de la rue Hurtubise, il y a le fer à cheval, il y a Aylmer. [...] Il n'y a pas de solution qui s'applique à tous les secteurs à mon avis
, dit-elle.La répartition va devoir être discutée, puis on n'est pas rendu là du tout à ce stade-ci, mais c'est fort à parier que nos finances publiques vont être affectées. [...] Il va falloir de l'aide de Québec puis du fédéral
, conclut Mme Marquis-Bissonnette.
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