La friperie de Sept-Îles transforme des vêtements usés en chiffons
Depuis quelques jours, la friperie Recyk et Frip, à Sept-Îles, vend des chiffons confectionnés à partir de tissus recyclés. Face à une explosion des dons, l’organisme parvient, avec l’aide de détenus de la prison de Sept-Îles, à intercepter plusieurs tonnes de textiles avant qu’ils n'aboutissent au dépotoir.
En 2024, Recyk et frip a reçu 220 tonnes de vêtements et textiles, une quantité qui a presque doublé en deux ans.
Selon le directeur de Recyk et frip, Stéphan Marchand, les gens évitent de plus en plus d’envoyer leurs vêtements à la poubelle et préfèrent en faire don. La surconsommation de vêtements, engendrée par la popularité de la mode éphémère, ou fast fashion
, est également en cause, croit-il.

Des ballots de chiffons attendent d'être envoyés à des PME de Sept-Îles.
Photo : Radio-Canada / Bénédicte Filippi
En raison du surplus ou de l’état des articles, 8 à 10 % des dons ne pourront pas être vendus. En transformant ces textiles en chiffons, l’organisme septilien estime pouvoir détourner de l’enfouissement environ 120 tonnes de matières annuellement.
Présentement, on envoie certains rebuts à Montréal. En éliminant ce transport, on [élimine] aussi 18 tonnes de GES par année
, ajoute Stéphan Marchand, au micro de Bonjour la Côte, mardi.
En plus de donner une seconde vie à ces matières, l’organisme prévoit récolter des fonds qui l’aideront à essuyer la hausse des coûts d'opération engendrée par l’accumulation des dons.
Le projet va créer une économie circulaire locale, plutôt que provinciale
, affirme le directeur de Recyk et frip.

Stéphan Marchand précise que son organisme reçoit maintenant des dons en provenance de la Minganie et de la Basse-Côte-Nord, ce qui peut être l’une des causes de l'augmentation des stocks reçus.
Photo : Radio-Canada / Bénédicte Filippi
À Sept-Îles, le marché pour les chiffons est immense
, selon Stéphan Marchand. Selon une étude de marché réalisée l’automne dernier auprès de 100 PME, 39 tonnes de chiffons sont utilisées chaque année.
En 2025, la friperie prévoit livrer 15 tonnes de chiffons. Ces premières guenilles seront testées par quelques entreprises afin de permettre à l'organisme de parfaire sa production.

L’argent récolté avec la vente de chiffons pourrait également être mis au profit de l’agrandissement des locaux de Recyk et frip, un projet sur la glace depuis 2019.
Photo : Radio-Canada / Paul Fontaine
Un projet économique, environnemental et social
En plus des 27 bénévoles qui offrent leur temps au projet, quelques détenus du centre de détention de Sept-Îles mettent la main à la pâte.
Ces derniers, qui se portent volontaires, se bâtissent des références et une expérience de travail
, explique Stéphan Marchand.

Les bénévoles utilisent une découpeuse pour confectionner les chiffons.
Photo : Radio-Canada / Bénédicte Filippi
Cette collaboration est grandement appréciée par l’organisme, qui profite par la même occasion de l’espace de travail fourni par le centre de détention et de sa participation à l’achat des équipements, rapporte M. Marchand.
La friperie espère pouvoir compter sur l’aide d’une soixantaine de bénévoles pour son projet.
Cette année, l’organisme installera une trentaine de conteneurs pour la collecte de dons à Sept-Îles.
D'après une entrevue de Paul Fontaine
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