Les crabiers nord-côtiers prennent la mer dans l’incertitude
Les pêcheurs de crabe des neiges de la zone 16 ont commencé, jeudi matin à 5 h, leur saison. Le prix au débarquement n’est toutefois pas encore connu. Ils devront également composer avec une baisse des quotas de 5 % comparativement à l’année dernière. Au quai de Sept-Îles, une dizaine de navires se sont élancés jeudi matin, très tôt. Entre 4 h et 5 h jeudi matin, les pêcheurs étaient à pied d'œuvre pour préparer leur embarcation au quai de Sept-Îles. Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin D’autres crabiers en sont à plus de 30 ans dans le domaine. C’est le cas de Serto Boudreau. Le premier jour, on est toujours fébriles. On ne dort presque pas la veille. J’ai dormi deux ou trois heures. C’est le feeling de sortir tous ensemble, avec tous les bateaux. Le crabier Serto Boudreau travaille dans l'industrie des pêches depuis plus de 30 ans. Jeudi, il était à pied d'oeuvre, au quai de Sept-Îles, dès le petit matin. Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin Le directeur général de l'Office de pêcheurs de crabe des neiges de la zone 16, Jean-René Boucher, est pourtant déçu puisque les quotas diminuent de 5 % par rapport à ceux de la dernière saison. Plus précisément, selon M. Boucher, les quotas passent d’environ 3067 tonnes à environ 2914 tonnes. Il indique que les pêcheurs avaient plutôt demandé une augmentation. Le directeur général de l’Office des pêcheurs de crabe des neiges de la zone 16, Jean-René Boucher (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin Il fait référence à l’industrie de la transformation, qui, en 2024, a vécu difficilement la décision du gouvernement fédéral d’imposer un visa pour les travailleurs étrangers temporaires. Le ministère des Pêches et des Océans (MPO) est arrivé à la conclusion que la meilleure décision à prendre est une diminution de 5 % [des quotas]. Ça nous laisse avec une certaine déception. Steve Noël est un crabier de la zone 16. Jeudi matin, en buvant son café sur le quai de Sept-Îles, il a offert une entrevue à Radio-Canada. Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin Il cite en exemple la zone 17, où le ministère des Pêches et des Océans prévoit une baisse des quotas de 20 % par rapport à l'an dernier. Une baisse de 5 %, on le prend bien. [Mais en raison de la guerre commerciale que se livrent le Canada et les États-Unis], ça s’annonce une année assez tranquille. On aura peut-être un petit ajustement [des quotas]. On verra pour le roulement. Jeudi matin, des crabiers de la zone 16 ont préparé tout l'équipement nécessaire avant de partir en mer. Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin Pour l’instant, Jean-René Boucher préfère ne pas nommer ses attentes en ce qui concerne le prix du crabe au débarquement, qui n'est pas encore annoncé. Il souligne tout de même que les marchés sont vides et que la demande est en hausse. Selon le ministère des Pêches et des Océans, la saison de pêche au crabe des neiges dans la zone 16 doit durer un total de 14 semaines. Avec des informations de Bénédicte Filippi
C’est ma première année. Je suis fébrile. J’ai hâte de jeter les cages
, lance le pêcheur autochtone Bradley McKenzie.J’ai hâte de voir, dans les prochains jours, si la pêche est bonne. Sinon, on se tassera plus à l’ouest. Ça dépend. Le crabe se promène
, raconte M. Boudreau.
Baisse de 5 % des quotas
On considère qu’il s’agissait [d’une demande] d’augmentation qui était tout à fait réaliste et raisonnable, considérant ce qu’on voyait sur le terrain à la lumière des données recueillies par les pêcheurs. On pourrait dire que certaines des données étaient faussées par la saison qu’on a connue l’année dernière
, explique-t-il.
L’année dernière, en début de saison de pêche, il manquait de travailleurs étrangers dans les usines. On s’attendait, après que cette situation a été prise en compte et à la lumière des chiffres que les pêcheurs obtenaient lors de leurs expéditions, que les pêcheurs puissent bénéficier d’une hausse des quotas
, fait valoir M. Boucher.Dans la zone 16, on a eu une baisse des quotas de 5 %. C’est moins mauvais qu’ailleurs
, se console un crabier d’expérience rencontré à Sept-Îles, Steve Noël.

Prix au débarquement inconnu
On comprend qu’il y a de l’incertitude, notamment en lien avec l’imposition des tarifs douaniers du côté du marché américain. Toujours est-il que les marchés sont complètement vides et qu’il y a de la demande pour les produits. On croit que les pêcheurs pourraient obtenir un bon prix au débarquement
, affirme-t-il.On part [la saison] en ne connaissant pas le prix. Ça nous fait une petite béquille
, avance le pêcheur Steve Noël.
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