Les Roses prêtes pour un premier contact avec le public
Si on cultive des Roses, aussi bien laisser les gens les admirer. « Les gens », en fin de semaine, ce seront les amateurs de soccer de Québec, puisque le Royal Beauport accueillera le tout premier match des Roses de Montréal ouvert à tous.
Une semaine après sa première rencontre préparatoire à huis clos contre le CS Mont-Royal Outremont, l’équipe montréalaise de la Super Ligue du Nord prendra enfin contact avec son public, au sens assez large. Un baptême du feu à l’extérieur du marché principal a de quoi surprendre, mais ça n’a rien d’innocent, à en croire la présidente Annie Larouche, qui rappellera à qui veut bien l’entendre que les Roses forment la seule équipe professionnelle féminine de soccer au Québec. La seule équipe professionnelle féminine de hockey au Québec n’a pas donné un mauvais exemple en janvier dernier non plus.

Marinette Pichon (à gauche) a présenté Mathilde Lachance aux médias à l'ouverture du camp des Roses de Montréal.
Photo : Radio-Canada / Simon Lemieux
Le Royal Beauport, après tout, est bien représenté au sein des Roses. Deux de ses anciennes joueuses, la défenseuse Mathilde Lachance et la gardienne Anne-Marie Laroche, ont porté son maillot rouge.
D’ailleurs, elles ont pris tous les billets, donc nous, on n’a plus de billets
, a dit en rigolant la milieu de terrain française Charlotte Bilbault, bien consciente qu’elle n’a personne à convier au match dans une ville qu’elle n’a jamais même visitée.
Ce n’est pas vrai qu’on a pris toutes les places
, s’est défendue Anne-Marie Laroche, avançant tout de même que les deux joueuses de Québec auraient pu remplir les gradins du Centre sportif Marc-Simoneau avec leurs invités potentiels.
Un entraînement public aura lieu vendredi, suivi d’un match le lendemain. Forcément, le téléphone de Laroche travaille fort ces temps-ci. La gardienne de 25 ans est aussi passée par Québec le week-end dernier, où elle a croisé quelques anciennes coéquipières du Royal Beauport. Les échos qui lui sont parvenus lui ont plu.
On veut revenir avec la victoire si possible, mais ultimement, on veut surtout bien jouer et apprendre de cette expérience-là, a affirmé Laroche. J’ai eu des contacts avec le monde de Québec pour des billets et tout ça, mais ça s’est rempli vite, et on est vraiment contentes de voir qu’on aura beaucoup de supporteurs à Québec.
Bilbault, forte de ses 18 saisons dans l’élite française et de ses 56 sélections avec les Bleues, comprend ce sentiment de fierté qui accompagne un match professionnel joué devant les membres de sa propre famille. Une occasion de leur redonner quelque chose pour tous les sacrifices consentis sur le chemin vers un rêve.
Mais, diantre, on ne doit pas faire que dans la sentimentalité. Le premier match officiel des Roses, le 19 avril à Toronto, c’est essentiellement demain matin.
C’est bien de commencer les matchs amicaux, a soutenu Bilbault. Il faut qu’on ait aussi des automatismes. Ça permet de donner du temps de jeu à tout le monde, parce que ça fait un petit moment qu’on se préparait, et forcément, nous, ce qui nous anime, c’est de jouer. On va mettre notre tactique en place au fur et à mesure des entraînements et on va commencer.
De quoi sera-t-il fait, alors, ce jeu? Qu’est-ce que les gens de Beauport verront de la part des Roses? Déjà, l’entraîneur-chef Robert Rositoiu reconnaît qu’il jouera toutes ses cartes, mais sans dévoiler tout son jeu. Traduction : toutes les joueuses qui sont aptes fouleront le terrain, mais certains points tactiques resteront encore à être établis ou peaufinés.

Robert Rositoiu a été nommé entraîneur-chef de l’équipe féminine montréalaise de soccer dans la Super Ligue du Nord.
Photo : Radio-Canada
Si on ne se projette pas trop, Rositoiu est cependant bien ouvert sur ce qui s’est déjà passé, c’est-à-dire ce match à huis clos de jeudi dernier : une victoire de 3-0 contre Mont-Royal Outremont, avec deux XI qui ont joué 45 minutes chacun.
On était contre une opposition qui était surtout bien organisée, basse, s’est souvenu Rositoiu. Donc, c’était difficile de les percer, et on était contents, parce qu’on avait justement besoin de ça : de travailler sur notre patience, de travailler sur nos relations autour du ballon, de notre réaction à la perte. […] Je suis très content de la performance des filles. Maintenant, on est sur le prochain défi à Québec.
Ce défi, c’est une équipe du Royal Beauport qui essaie de bien jouer au ballon
, selon Anne-Marie Laroche, même si, de l’extérieur, c’est plutôt son bilan défensif de la saison dernière qui saute aux yeux : 14 buts donnés à l’adversaire en 16 matchs, seulement 2 de plus que la meilleure équipe défensive de la Ligue1 Québec… Mont-Royal Outremont. Et, offensivement, les données sont identiques : 21 buts.
Alors, qui croire? L’ancienne joueuse, ou bien les statistiques?
Après, ce n’est pas dans mes objectifs de dévoiler ce qu’ils veulent mettre sur le terrain, a soutenu Laroche. À l’inverse, je trouve que c’est bien, d’arriver et de ne pas savoir ce que l’adversaire veut mettre en place, d’avoir cet élément de surprise là. Toute l’année, c’est ce qu’on va avoir : on ne connaît pas encore les autres équipes de la ligue, on ne connaît pas le niveau. Avoir cette adaptabilité-là, je pense que ça va être la clé.
Des surprises pour toute la famille, et bien plus encore, donc, ce week-end à Beauport.
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