Campagne plus difficile que prévu pour Yves Lévesque
Au bout du fil, un conservateur n’y va pas de main morte. « À moins d’un revirement majeur, le résultat va ressembler à ce qu’on avait en Chambre avant le déclenchement », avance-t-il. Le problème, selon lui : le vote du Nouveau Parti démocratique (NPD) Cinq sources conservatrices font le même constat. Si le NPD ne remonte pas à plus de 10 % à 15 % d’intentions de vote, les carottes sont cuites pour le parti de droite. Des partisans conservateurs lors d’un rassemblement de Pierre Poilievre à Kitchener, en Ontario. Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul Au total, Radio-Canada s’est entretenue avec 13 sources conservatrices, dont 8 élus. Trois députés soulignent quand même à quel point, malgré les sondages, la réception est bonne quand ils font du porte à porte. L’ancien stratège de Stephen Harper, Yan Plante, ne s’en étonne pas. Mais, selon M. Plante – qui est maintenant directeur du Réseau de développement économique et d'employabilité – avec le NPD qui est Pierre Poilievre va chercher des appuis plus élevés, dans les intentions de vote, que ses prédécesseurs, Andrew Scheer et Erin O'Toole. Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul Au Québec, la baisse du Bloc dans les intentions de vote semble faire moins mal aux troupes de Pierre Poilievre. Plusieurs sources le soulignent d’ailleurs : les appuis conservateurs se maintiennent dans la province. Mais les difficultés dans les rangs bloquistes pourraient permettre aux libéraux de faire des gains au Québec, ce qui nuirait au PCC à l’échelle nationale. Même constat pour Yves Lévesque, qui avait bon espoir de gagner le comté Trois-Rivières il y a quelques semaines, mais qui pourrait maintenant avoir du mal à l’emporter. Dans les résidences pour personnes âgées, je sens plus de réticence. Les gens écoutent LCN en boucle et on ne parle que de Trump. Ça rentre dans la tête des gens. L’ancien maire de Trois-Rivières Yves Lévesque tente de se faire élire sous la bannière conservatrice dans sa région. Photo : La Presse canadienne / Christopher Katsarov Selon lui, Une source conservatrice renchérit : Carney, sans Trump, il ressemblerait à Ignatieff. Plusieurs conservateurs contactés pour cet article n’ont pas encore jeté l’éponge et fondent beaucoup d’espoir sur la semaine à venir qu’ils qualifient de Le reportage de Laurence Martin. Mais si les troupes de Pierre Poilievre arrivent deuxième le 28 avril, les couteaux pourraient sortir pour le chef, d'autant que les sondages le donnaient largement gagnant au début de l’année. Si on perd, après avoir été 20 points d’avance, il va falloir se regarder dans le miroir, et ça inclut le leadership du chef. Il est convaincu que Pierre Poilievre aurait dû pivoter plus tôt sur Donald Trump et que Les rassemblements de Pierre Poilievre attirent souvent des milliers de partisans, d'après les évaluations de ses organisateurs. Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul Cette source s’attend à des divisions importantes au sein du parti, en cas de défaite : Si Pierre Poilievre perd, il va devoir partir. Tu ne peux pas gaspiller une avance de 25 points et dire que ce n’est pas de ta faute. Mais d’autres sont moins alarmistes. Si Pierre Poilievre termine deuxième, mais récolte près de 40 % des voix, Avec des informations de Louis BlouinTout le monde vit d’espérance et d’espoir, ajoute-t-il, mais ceux qui souhaitaient des postes de ministre, ils vont être déçus.
est tombé pour aller aux libéraux
et cela ne crée pas la division nécessaire chez les progressistes pour que le parti de Pierre Poilievre se faufile.Dans un duel avec les libéraux, on ne gagne jamais
, note un conservateur québécois. En ce moment, ajoute-t-il, on se demande où il est le NPD. On ne le voit pas. On ne voit pas beaucoup le Bloc non plus.

D’habitude, dans une campagne, je donne environ 500 pancartes que les gens viennent chercher pour installer sur leur terrain
, explique un élu de l’Ouest. Là, j’en ai écoulé 1500 – du jamais vu.
Pierre Poilievre va chercher 38 % d’appuis en ce moment, ce qui est un bon score
, souligne-t-il. Normalement, avec un niveau d’appuis comme celui-là, il aurait gagné n’importe quelle élection récente.
en train de s’effondrer, ça complique énormément la tâche des conservateurs. Avec les données actuelles, il est très probable que ce soit une victoire libérale.

Au Québec, le défi des personnes plus âgées
Autrefois, les libéraux n’existaient pas dans mon comté
, explique Richard Martel, le député sortant de Chicoutimi–Le Fjord, au Saguenay. Là, ils font partie de l’équation.
Les jeunes, on sent la vague
, ajoute-t-il. Ils nous disent : "je vais voter pour toi". Mais les personnes âgées, elles ne sont pas tout à fait décidées. Elles me disent : "il faut encore analyser".

les analystes à la télé
mettent trop l’accent
sur le président américain. Ils ont décidé que c’était ça, la question de l’urne. Ce n’est pas ça. C’est le logement, l’économie, l’inflation. De toute façon, personne ne peut contrôler Trump. Il faut que les jeunes parlent à leurs parents et leurs grands-parents
, affirme-t-il. Trump a été un facteur d’anxiété pour la population. Ça a chamboulé les plans des tiers partis.
déterminante
, avec la présence du chef à l'émission Tout le monde en parle dimanche et les débats mercredi et jeudi, où le chef libéral Mark Carney pourrait avoir du mal à s’imposer.
Et si les conservateurs perdent…
Je n’ai jamais vu une campagne aussi contrôlée
, lance l’élu, déplorant le peu de contacts que les candidats sont autorisés à avoir avec les médias, entre autres.l’entourage du chef va devoir s’expliquer
en cas de défaite. Pierre Poilievre a réussi à rallier tous les progressistes contre lui
, avance une source influente au sein du mouvement conservateur. Quand il parle de la grosseur de ses rassemblements comme cette semaine, il ressemble beaucoup trop à Donald Trump
, fait-il remarquer. 
Les conservateurs de l’Ouest vont devenir fous. Ils ne comprendront pas pourquoi les libéraux peuvent être réélus pour un quatrième mandat.
Est-ce que les conservateurs auraient pu faire mieux qu’en ce moment? Moi, personnellement, j’en doute
, estime l’ancien stratège de Stephen Harper, Yan Plante.d’avoir une seconde chance, ça ne serait pas un luxe
, conclut-il.
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