Des étoiles de mer tournesol trouvent refuge contre une maladie mortelle
Alors que le syndrome de dépérissement décime les populations d'étoiles de mer, une étude de l'Institut Hakai a découvert un refuge pour les étoiles de mer tournesol, dans les fjords de la côte centrale de la Colombie-Britannique. Les chercheurs de l'étude sont tombés par hasard sur ces étoiles, qui peuvent avoir jusqu'à 20 bras et atteindre la taille de 1 mètre. Le syndrome de dépérissement a anéanti plus de 90 % de ses populations d’étoile de mer tournesol entre l'Alaska et le Mexique entre 2013 et 2020. La maladie provoque des lésions, des contorsions et une désintégration mortelle. Depuis 2020, l'étoile de mer tournesol est considérée comme une espèce en voie d’extinction par l'Union internationale pour la conservation de la nature. Ondine Pontier a grandi avec l'étoile de mer qui décorait son trajet en traversier pour se rendre à l'école. Une étoile de mer tournesol dans le canal de Burke. Photo : Bennett Whitnell/Hakai Institute Avec cette nouvelle étude, la scientifique tente de percer les secrets de la résilience de ces étoiles. Isabelle Côté, professeure en écologie marine et conservation à l’Université Simon Fraser, et qui n'a pas participé à l'étude, confirme que les fjords offrent un environnement distinct avec une faible salinité en surface en raison de la fonte des glaciers. L'étoile de mer tournesol est désormais considérée comme une espèce en voie d’extinction. Photo : Fournie par Grant Callegari / Hakai Institute Cependant, les changements climatiques menacent ces environnements. L'étude souligne l'effet domino dévastateur du déclin des étoiles de mer sur l'écosystème. Elles jouent un rôle crucial en tant que prédatrices des oursins, dont la surpopulation met en péril les forêts de laminaires. Ces forêts d'algues, dont raffolent les oursins, sont fondamentales pour la biodiversité et la lutte contre les changements climatiques. Certaines populations juvéniles ailleurs sur la côte pourraient provenir de ces refuges. Malheureusement, en dehors de ces refuges, les populations ne sont pas stables. Malgré la présence de cette découverte, la situation reste donc préoccupante pour l’avenir de ces gigantesques étoiles qui colorent les fonds marins.C'était magnifique de voir les étoiles de mer de nouveau
, s’enthousiasme Ondine Pontier, chercheuse, plongeuse scientifique à l’Institut Hakai et coauteure de l’étude.Quand elles ont disparu, c'était vraiment choquant
, dit-elle.
Survivre dans les fjords
On a trouvé que, dans les fjords de la côte ouest, de l'eau douce à la surface permettait aux étoiles de mer d'être plus basses en profondeur, dans la zone où l'eau a été un peu plus fraîche ou plus froide et où la maladie n'était pas aussi virulente
, explique-t-elle.Les étoiles de mer tournesol n'aiment pas être dans l'eau à faible salinité. Alors, dans ces régions, on les retrouve un petit peu plus profond
, explique-t-elle. Ceci aurait créé un environnement propice à les protéger de la maladie.
On voit la maladie revenir chaque année. Avec les changements climatiques, la température de l'eau monte, et la maladie s'intensifie
, explique Ondine Pontier.Un équilibre fragile
Elles se déplacent quand elles sont petites, quand elles sont sous forme de larves, elles peuvent se déplacer avec les courants et elles atterrissent sûrement dans ces zones où elles ont disparu.
En ce moment, les températures continuent d'augmenter et, donc, ces étoiles de mer là ne grandissent pas jusqu'à des tailles assez grandes pour pouvoir se reproduire
, affirme la chercheuse.
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