Des citoyens en croisade contre les hausses des rôles municipaux
L'explosion de la valeur aux rôles municipaux crée du mécontentement un peu partout en Abitibi-Témiscamingue. Dans des MRC de la région, des hausses importantes ont été appliquées sur les bâtiments, mais aussi pour les terres dans les rôles d’évaluation commençant en 2025. À Senneterre Paroisse, la citoyenne Caroline Allard fait état d’une Selon Mme Allard, ces chiffres ne sont pas du tout fidèles à la valeur réelle sur le marché. Celle dont la valeur de la maison a augmenté de près de 90 % explique que ce sont les terres qui ont subi les hausses les plus fulgurantes. Gilles Vallée proteste contre la hausse du rôle d'évaluation ainsi que les frais liés au processus de contestation. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada À Rémigny, au Témiscamingue, les hausses importantes des rôles d'évaluation sont également décriées, de même que les imposantes hausses des comptes de taxes qui les accompagnent. Selon le citoyen Gilles Vallée, il existe de nombreuses irrégularités dans la façon dont les nouveaux rôles ont été établis. On ne sait pas sur quoi la MRC s’est basée ni comment ç’a été fait parce qu’il y a des écarts énormes, ce n’est même pas comprenable. Mikael Plumier et Josée Lemay, qui possèdent une fermette à quelques minutes du centre de Rémigny, disent constater des incohérences entre la valeur établie de plusieurs bâtiments sur leur terrain. Mikaël Plumier donne en exemple trois hangars construits côte à côte et souligne que le plus rudimentaire des trois a obtenu l’évaluation la plus élevée. J’ai trois bâtiments de même grandeur et aucun du même prix, ce n’est pas la même évaluation. Je ne comprends juste pas. Ça me fâche. Selon la préfète du Témiscamingue, Claire Bolduc, l’exercice de comparaison auquel se prêtent les citoyens peut parfois se révéler boiteux. La préfète du Témiscamingue, Claire Bolduc. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly Pour le cas spécifique de Rémigny, Mme Bolduc rappelle que la précédente évaluation remontait à plus de six ans et qu’un ajustement important était ainsi à prévoir. Tout comme Mikaël Plumier et Josée Lemay, Gilles Vallée se demande néanmoins comment sa propriété a pu être évaluée avec précision. Tu ne peux pas dire qu’une bâtisse est évaluée à 170 000 $ sans avoir vu l’intérieur de la bâtisse. Selon Mikaël Plumier, il n’y a pas eu suffisamment de transactions immobilières à Rémigny, durant la période de référence, pour établir des comparables fiables. La préfète Claire Bolduc assure toutefois que c’est le cas. À Rémigny comme à Senneterre, les citoyens jonglent avec la possibilité de contester leur nouvelle évaluation. Caroline Allard déplore le caractère individuel du processus de contestation, dans un contexte où la situation est généralisée.explosion
des rôles municipaux. Sa terre est passée de 20 000 à près de 65 000 $ d'évaluation, une hausse de plus de 300 %.C’est sans commune mesure avec le marché local. Ce sont des choses qui sont décidées au palier provincial, avec des taux de références qui sont globaux, mais ici, ce n’est absolument pas ce qu’on constate sur le terrain. On ne pourra pas vendre nos terres à ce prix-là, c’est impossible, mais on va payer des taxes en conséquence
, déplore-t-elle.Mon voisin a augmenté de plus de 250 %, mais il a tout coupé le bois ces dernières années, alors je doute que les cartes utilisées pour évaluer notre secteur soient assez récentes pour évaluer la valeur réelle à ce jour
, fait valoir Caroline Allard. 
C’est vraiment biaisé. On parle de terrains qui vont de 3 $ du mètre carré à 15 $ du mètre carré, pour les mêmes terrains. [Dans ma famille], on a un terrain de 440 000 mètres carrés et un autre qui en a 4400. Celui qui a 4400 est évalué plus cher que l’autre [...] Comment expliquez-vous ça?
, demande-t-il.Ils ont peut-être évalué mon bateau qui est en dessous du hangar pour dire que ça valait ce prix-là. Comme il y en a un à 2000 $ et l’autre à 6800 $, peut-être que c’est bateaux inclus
, exprime M. Plumier en dérision.Un exercice de comparaison boiteux

Quand les citoyens se comparent entre eux, ils se comparent sur la base de ce qu’ils voient. L’exercice de l’évaluation foncière, il y a une profession qui est liée à ça, il y a des règles de l’art qui sous-tendent l’exercice. Donc les citoyens peuvent voir des choses que l’évaluateur ne considérera pas ou va considérer autrement
, fait-elle observer.C’est garanti que ç’a été fait par photos satellites en majorité. On a beaucoup de preuves qu’il n’y a personne qui est passé ici ou très peu. Beaucoup de mes voisins, il n’y a pas personne qui n’est passé là. On a des caméras sur les terrains, alors on sait qu’il n’y a personne qui est passé là
, témoigne-t-il.L’évaluation, c’est une évaluation globale. Il n’y a pas quelqu’un qui va se rendre à chaque propriété pour évaluer toutes les propriétés. Il y a une évaluation par exemple d’une rue donnée, d’un quartier donné, d’une collectivité donnée qui va se faire
, dit-elle, précisant qu’il est de la responsabilité des citoyens d’aviser la MRC de toute modification à leur propriété, incluant les coupes de bois.On va essayer de prendre d’autres dispositions pour faire avancer les choses, parce que là, c’est vraiment ridicule. Tu ne peux pas rester dans un village éloigné et payer ces taxes-là. Un propriétaire d’une petite terre à Rémigny est rendu qu’il va payer 6000 piastres de taxes. Ça n’a aucun, aucun sens
, estime Gilles Vallée, qui dénonce également les frais liés au processus de contestation.Je ne suis pas certaine que mon voisin de 85 ans va contester, même si l’évaluation n’a absolument aucun rapport avec la valeur réelle. Moi, je vais le faire pour ma propre terre, mais combien de gens vont vraiment mettre les efforts et le coût? Je ne suis pas certaine qu’il y en a tant que ça et je trouve ça dommage que ça fonctionne comme ça
, conclut-elle.
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