Émotions et incompréhension à l’école secondaire des Chutes
Ce n’était pas un lundi matin comme les autres pour les élèves de l’école secondaire des Chutes, trois jours après l’accident causant la mort d’une élève sur le site de l’ancienne usine Belgo.
Plusieurs élèves de l’école ne cachaient pas leur peine.
« Ça été vraiment tough de voir qu’elle n’était pas là. J’ai failli l’appeler comme à pas mal tous les matins et là j’ai vraiment eu la réalisation que je n’avais pas eue vendredi et je me suis mise à brailler », raconte une de ses amies.
« Quand je suis arrivée à l’école, je voyais tout le monde en pleurs. Et c’est là qu’on réalise que c’est vraiment plus tough qu’on pensait », ajoute une autre élève à proximité.
Un mémorial improvisé a rapidement été érigé sur le casier de la jeune victime de 15 ans. Des fleurs, des toutous, des photos et des messages y ont été apposés.
On dirait qu’on réalise vraiment que la vie ne tient qu’à un fil et qu’il faut tellement faire attention
Les élèves craignent d’ailleurs le pire : que d’autres adolescents décident de se rendre sur les lieux de l’accident et d’y risquer leur vie eux aussi.

Des gens sont allés porter des peluches et des fleurs à l'entrée du site de l'ancienne usine Belgo.
Photo : Radio-Canada / Luc Lavigne
C’est un comportement que certains jeunes pourraient effectivement reproduire, selon le psychologue Paul Langevin. À son avis, les parents peuvent accompagner leur enfant sur les lieux.
Ce n’est pas mauvais d’aller sur place, de leur montrer c’est où l’endroit et ce qui s’est passé, sinon ils vont le faire d’eux-mêmes. Donc, c’est peut-être mieux de les accompagner, de leur montrer et d’expliquer ce qui s’est passé. Ne jamais mentir à des jeunes, mais plutôt leur donner la vérité. C’est important de nommer les choses et de dire la vérité
, mentionne-t-il.
De l’aide à l’école
Une cellule de crise a été mise en place lundi entre les murs de l'établissement. Un local a été aménagé pour que les élèves qui en sentent le besoin puissent s’y recueillir. Des psychologues, des techniciens en éducation spécialisée et d’autres ressources psychologiques sont mis à la disposition des élèves.
Selon les témoignages recueillis auprès des élèves, plusieurs ressentent de la peine, mais également de la frustration et de l’incompréhension devant la situation.
On l’a déjà vécu cette peine-là, donc on sait comment gérer, mais c’est tout autant difficile que la première… C’est comme si on revit encore la même journée
, confie une élève.
Deux dans la même année, c’est beaucoup
, ajoute sa consœur.
Si les jeunes ont envie de parler, de se mobiliser et de faire des démarches, il faut les laisser faire et les accompagner
, ajoute le psychologue Paul Langevin. Plus on va les accompagner, plus un lien va se créer et ainsi permettre de les laisser s’exprimer et de pouvoir tempérer la situation plutôt que de les restreindre.
Une année scolaire éprouvante
C’est une année scolaire particulièrement éprouvante pour les élèves de l’école secondaire des Chutes, qui vivent le deuil d’une deuxième consœur en l’espace de quelques mois.
En septembre dernier, Mahélie Berrouard perdait la vie dans un accident de scooter à proximité de l’école. Elle était âgée de 14 ans. Selon nos informations, elle faisait partie du même groupe d’amis.

Des fleurs, des bougies et des peluches ont été déposées sur le lieu de l'accident qui a coûté la vie à Mahélie Berrouard en septembre dernier. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Raphaël Brouillette
Paul Langevin recommande d’ailleurs aux parents de prendre le temps de discuter avec leurs enfants et de ne pas hésiter à poser des questions afin d’établir un climat de confiance.
Vous connaissez vos adolescents. Ils ont des habitudes de vie, prenez le temps de les observer, de les rencontrer et de poser des questions. Vous allez voir si leurs habitudes changent. N’ayez pas peur de prendre les devants
, conseille le psychologue.
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