La guerre commerciale tourmente des agriculteurs en ce début de saison
Léo Guilbeault s’apprête à entamer une nouvelle saison agricole à sa ferme de Saint-Joachim, en banlieue de Windsor. « Ça s’en vient vite, dans trois semaines, dépendamment de la température », indique-t-il, faisant allusion à la météo capricieuse des derniers jours. Entre-temps, il change l’huile dans ses tracteurs et prépare son équipement qui, cette année, ne sera pas renouvelé. Dans le Sud-Ouest de l'Ontario, de nombreux agriculteurs s'apprêtent à entamer une nouvelle saison de culture. Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga L’équipement qu’il achète généralement des États-Unis est assujetti aux contre-tarifs de 25 % mis en place en mars par le Canada en guise de représailles aux droits de douane imposés par les États-Unis sur les produits d’acier et d’aluminium du Canada. Ce qui arrive cette année, ça n’a pas de bon sens. Tout le monde va garder ce qu’ils ont en ce moment et ça va le faire pour une autre année. Charles Desmarais est agriculteur à Pointe-aux-Roches, dans le Sud-Ouest de l'Ontario. Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga La guerre commerciale avec les États-Unis préoccupe également Charles Desmarais qui, dans sa ferme de Pointe-aux-Roches, entamera bientôt les semis de maïs. La volatilité des marchés boursiers et la fluctuation des cours mondiaux des céréales lui font craindre le pire. Si on continue dans l’incertitude qu’on a aujourd’hui, nous allons aller en récession et ça veut dire que les prix vont baisser cet automne. Il y a beaucoup d’agriculteurs qui vont être en grosse difficulté cet automne. Le vice-président de l’Union des cultivateurs franco-ontariens, Michel Dignard, dit entendre de telles inquiétudes chez les membres de l’organisme, d’un bout à l’autre de la province. Ils parlent beaucoup [du secteur] de l’automobile [...], mais nous autres, en agriculture, nos plus grosses dépenses, ça va être dans les prochains mois et demi, deux mois, puis on n’entend pas parler [les partis] pour nous dire qu’il va y avoir des programmes pour nous aider, nous soutenir. Michel Dignard est vice-président de l’Union des cultivateurs franco-ontariens. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin Certaines promesses, comme celle des libéraux de rendre permanente l’augmentation du programme d’appui financier Agri-stabilité (nouvelle fenêtre), ne sont qu’ Si un soutien considérable n’est pas assuré aux agriculteurs, il craint que [ces derniers] ne fassent Donc, on va juste payer nos factures cette année. Il va falloir une belle récolte aussi. Et si on ne fait pas d’amélioration parce qu’on n’a pas d’argent, on n’engagera pas d’électriciens, de constructeurs, [...] c’est une roue qui tourne. Il dit souhaiter l'élimination des barrières au commerce interprovincial, Bien de ses collègues redoutent une chute du prix des terres agricoles qui pourrait résulter des soubresauts du secteur, souligne-t-il. Or, la valeur de ces terrains À Amherstburg, Steeve Bouchard, lui, admet que cette guerre commerciale n’a pas que des effets négatifs pour lui, même s’il est loin de s'en réjouir. Cet agriculteur du Sud-Ouest de l’Ontario cultive des fleurs et des légumes dans sa grande serre. Steeve Bouchard est agriculteur à Amherstburg. Photo : Radio-Canada / Bienvenu SengaÀ toutes les années, on essaie de changer un ou deux morceaux d’équipement pour garder cela moderne, mais il vient un point où ça devient trop cher
, affirme-t-il.

La crainte d'une baisse des prix de vente
Du soutien financier réclamé aux partis en campagne
Ça ne regarde pas bien cette année
, affirme-t-il. Il dit déplorer la faible place qu’occupe, jusqu’ici, l’agriculture dans la campagne électorale fédérale.
un grain de sable sur la plage
, estime-t-il.aucun investissement, parce que les marges vont être quasiment à zéro
.la meilleure chose que le gouvernement pourrait faire pour l'agriculture
.J'ai hâte que le 28 avril [le jour du scrutin] arrive et j’espère que c’est un gouvernement qui va se mettre à l'œuvre pour nous aider
, lance M. Dignard.L’agriculture est le commencement d’un beau pays [...]. Sans l’agriculture, vous n’avez rien
, ajoute pour sa part Charles Desmarais.c’est ça, leur [fonds de] retraite
, dit-il.Vers un regain de l’achat local?

Pour les fleurs, les gens coupent un peu
en raison d’un budget serré
, affirme-t-il. Mais au marché des fermiers chaque fin de semaine, il dit remarquer un enthousiasme pour ses légumes, qui s’était quelque peu dissipé après la pandémie.Les gens veulent vraiment acheter local, ils voient qu’on n’est pas bien traités par les États-Unis, donc moi, ça va m’aider un peu pour ça. On ne veut pas trop [augmenter] nos prix, on essaie de les garder au même niveau.
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