Les questions autochtones brillent par leur absence au premier débat des chefs
Coût de la vie, crise du logement, crise des opioïdes, sécurité… Bien que les Autochtones soient frappés les plus durement par les problèmes qui préoccupent bien des Canadiens, Marc Carney, Pierre Poilievre, Jagmeet Singh et Yves-François Blanchet ont à peine effleuré les questions autochtones en deux heures de débat en français, mercredi soir. Le chef du Bloc québécois Yves-François Blanchet répond aux questions des journalistes après le débat en français. Photo : Reuters / Evan Buhler La seule mention directe des peuples autochtones au courant du débat lui-même est venue lorsque Patrice Roy a demandé au chef conservateur ce qu’il ferait pour construire des pipelines – l’une de ses priorités – si des nations autochtones ou des provinces s’y opposaient. Sans dire qu’il imposerait de tels projets, Pierre Poilievre et Marc Carney ont tous les deux discutés de leur vision de l'approbation de projets énergétiques par les Autochtones. Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick Il a par la suite réitéré sa promesse (nouvelle fenêtre) selon laquelle les entreprises qui pilotent ce genre de chantiers industriels, énergétiques ou miniers sur des territoires autochtones verseraient Marc Carney – qui comme son adversaire conservateur veut augmenter la production de pétrole au Canada – a affirmé pour sa part qu’il n’imposerait MM. Blanchet et Singh ne sont pas intervenus directement pour répondre à cette question, mais ils ont tous deux souligné qu’ils appuyaient davantage le développement d'énergies renouvelables. Autrement, personne n’a parlé des Autochtones lors des quatre autres grands thèmes du débat : immigration et affaires étrangères, identité et souveraineté, coût de la vie et guerre commerciale. Le leader du Bloc québécois a d’ailleurs utilisé ce dernier enjeu-clé de la campagne pour dénoncer l’absence des questions autochtones en point de presse. Comment ça se fait que quand, dans un contexte de négociations avec les États-Unis […], que personne n'ait dit : où sont les nations autochtones autour de la table? Ça n’a pas été soulevé. Ce sont des nations à part entière avec un droit à l’autodétermination qui pourraient être des alliés précieux dans une négociation face aux États-Unis. Ses propos font d’ailleurs écho à ceux de la cheffe nationale de l’Assemblée des Premières Nations (APN), Cindy Woodhouse Nepinak. Dès les premières salves de ce conflit commercial en décembre, elle a interpellé les partis et le gouvernement pour faire valoir la place des Premières Nations dans la réponse du Canada aux hostilités économiques. Autre dossier que Mme Woodhouse Nepinak a à cœur : le déficit d’infrastructures dans les communautés autochtones, y compris la pénurie de logements. Les chefs ont longtemps croisé le fer sur ce sujet, mais sans mentionner l’état déplorable de la situation pour les Autochtones. Pourtant, l’an dernier, la vérificatrice générale du Canada n’avait pas manqué d’écorcher Ottawa dans ce dossier, se disant L’APN, elle, citait dans un rapport publié l’an dernier une étude selon laquelle il fallait 108 803 logements supplémentaires pour faire face au surpeuplement, au remplacement et à la croissance démographique des Premières Nations. Il faudrait, d’après les calculs de l’Assemblée, des investissements de 135,1 milliards de dollars d’ici 2030 pour combler le déficit de logements entre les communautés des Premières Nations et le reste du Canada. Justin Trudeau s’était engagé à combler le fossé qui s’élève à 349,2 milliards de dollars quand on prend compte tous les besoins en infrastructures (écoles, eau potable, routes, adaptation aux changements climatiques, etc.).Je ne me suis pas rendu [là], mais je l’avais remarqué, que l’enjeu autochtone était complètement évacué, dans les aspects culturels, à tous égards
, a réagi Yves-François Blanchet en point presse après le débat lorsqu’interrogé sur l’absence des questions autochtones durant la joute.
il faut favoriser la majorité
, a-t-il indiqué, citant en guise d’exemple l’appui d’un nombre important de Premières Nations dont les territoires se trouvent le long du tracé de l’oléoduc Northern Gateway, en Colombie-Britannique.
une partie de leurs impôts directement aux Premières Nations pour combattre la pauvreté
.jamais
de tels projets. Il pourrait certes avoir recours à des leviers exécutifs pour que les projets passent à Ottawa, mais il faut avoir l’approbation des provinces et le soutien des communautés autochtones
également, a-t-il nuancé.Guerre commerciale et logements
absolument découragée de voir que la situation a si peu changé et que tant de personnes et de familles autochtones continuent de vivre dans des logements de qualité inférieure
.
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