Le logement, un enjeu électoral en Haute-Côte-Nord
En Haute-Côte-Nord, la difficulté qu'éprouvent les citoyens à trouver un logis qui correspond à leurs besoins inquiète autant les élus, les organismes que les résidents, qui voient le problème grandir depuis des années. À Tadoussac, les témoignages abondent. Des familles, des personnes âgées, des travailleurs étrangers et des travailleurs saisonniers de la région peinent tous à trouver un logement convenable. La massothérapeute entend de nombreuses histoires de clients qui souhaitent faire leur vie à Tadoussac, mais qui se butent à un marché maigre et compétitif. Une maison en Haute-Côte-Nord Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin Selon elle, l’enjeu est anxiogène pour les citoyens et menace la survie du village à long terme. On est content que [les gens souhaitent] s’installer. Ça fait des enfants dans une école. Ça fait un village vivant. Sauf qu’il n’y en a plus, de maisons. Mélanie Lebel est une résidente de Tadoussac. Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin La Municipalité tente d’ailleurs de chercher des solutions avec son comité logement. Elle veut identifier des terrains propices à la construction de nouvelles maisons ou de nouveaux immeubles résidentiels. Le maire de Tadoussac, Richard Therrien, évalue toutefois que l'un des enjeux est d'attirer les promoteurs pour multiplier l'offre de logements. Le maire de Tadoussac, Richard Therrien Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin À quelques kilomètres au nord de Tadoussac, à Sacré-Cœur, l’enjeu trouve aussi écho. Les personnes à faible revenu, entre autres, ne savent plus où trouver un logis. La directrice de l'Office municipal d'habitation (OMH) de Sacré-Cœur, Jennifer Gauthier, est d’avis que la situation est urgente. Tous mes logements à prix modique sont pleins. On a besoin de projets de construction. [...] Il va y avoir des gens dans la rue. On ne veut pas ça. Ça fait augmenter le taux de criminalité. La directrice de l'Office municipal d'habitation (OMH) de Sacré-Cœur, Jennifer Gauthier Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin Selon des élus, citoyens et responsables d’organismes rencontrés en Haute-Côte-Nord, des pistes de solution restent à concrétiser. Plusieurs espèrent que le prochain gouvernement fédéral mettra en place des mesures tangibles pour mieux composer avec le problème d'accès au logement. Radio-Canada a questionné les candidats des principaux partis dans la circonscription de Côte-Nord–Kawawachikamach–Nitassinan à ce sujet. La candidate conservatrice, Mélanie Dorion, propose notamment d’offrir un allégement fiscal aux entrepreneurs afin de stimuler le développement de projets immobiliers. La députée bloquiste sortante Marilène Gill souhaite faciliter l’accès à une première habitation, notamment en abolissant certaines taxes. De son côté, le candidat libéral, Kevin Coutu, indique que plusieurs logements doivent être construits par l’entremise du programme Maisons Canada des libéraux. Il reconnait toutefois que le programme devra être adapté aux réalités nord-côtières, comme les coûts de construction sont plus élevés. Pour sa part, la candidate du Nouveau Parti démocratique, Marika Lalime, n’a pas répondu à nos questions au moment d’écrire ces lignes. Le Parti Rhinocéros a également un représentant dans la circonscription, Sébastien Beaulieu. Un candidat indépendant, Gilles Babin, est également dans la course. Le Parti vert et le Parti populaire n'ont pas de candidat dans la région. Le jour du scrutin aura lieu le 28 avril.C’est comme un cycle sans fin. Ça ne s’en va nulle part
, lance une résidente de Tadoussac, Mélanie Lebel, qui habite le village depuis 13 ans.
[Par exemple, j’ai des clients, dans la catégorie de 65 ans et plus, qui voudraient bien libérer leur maison pour qu’une petite famille puisse bien s’installer. Mais où va-t-on aller? Il n’y a pas d’endroit pour rester
, raconte Mme Lebel.
Ce n’est pas facile et ça va être long, je pense. On n’est pas la seule municipalité, je pense que c’est un problème général au Québec et qu’on est pas la seule municipalité [à vivre cette situation]. C’est encore plus difficile pour un petite village de 800 personnes
, fait-il valoir.
Constat semblable à Sacré-Cœur
L’année dernière, quand je suis rentré en poste, j’avais un logement de vacant sur 27 logements. Cette année, j’ai douze demandes en attente. Je suis pleine
, explique-t-elle.
Des candidats questionnés
La stratégie du logement [du fédéral] actuellement n’est pas assez généreuse. Il faut investir davantage d’argent encore
, a déclaré Mme Gill, mercredi matin, lors d’une conférence de presse virtuelle.
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