Carney vante une firme du secteur nucléaire qu’il avait achetée chez Brookfield
Lors du débat des chefs en français, le chef du Parti libéral du Canada Mark Carney a vanté les mérites de l’énergie nucléaire en réponse à une question de l’animateur Patrice Roy. Dans la foulée de cette réponse, Mark Carney a mentionné deux compagnies dans le domaine du nucléaire avec lesquelles il avait fait affaire alors qu’il travaillait pour Brookfield Asset Management. En 2023, Brookfield avait formé un partenariat avec la firme d’extraction d’uranium, Cameco, pour acheter la Westinghouse Electric Company. Brookfield avait alors acquis 51 % de Westinghouse, tandis que Cameco avait obtenu le reste, selon un communiqué de presse (nouvelle fenêtre) publié à l’époque. Cet achat avait été effectué au sein du Brookfield Global Transition Fund, un fonds d’investissement qui était co-géré par Mark Carney à l’époque. Ce dernier a été un dirigeant chez Brookfield Asset Management de 2020 à 2025, jusqu’au moment où il s’est lancé en politique et est devenu chef du Parti libéral et premier ministre. Au Canada, la réglementation en matière d'énergie nucléaire relève du gouvernement fédéral, qui a notamment investi des centaines de millions dans le développement de ce secteur plus tôt cette année. « Nous avons un grand avantage ici au Canada. Nous avons de l'uranium, c'est un des avantages. Nous avons des grandes sociétés nucléaires, y compris CANDU, Westinghouse et puis Cameco », a-t-il dit. Mark Carney a alors commencé à parler de la technologie des En date du 31 décembre, selon des documents rendus publics par Brookfield Asset Management, Mark Carney avait des options d'achat d'actions dans cette firme, d'une valeur de 6,8 millions de dollars américains. Mark Carney a affirmé à plusieurs reprises qu’il a collaboré avec le Commissariat à l’éthique lors de son passage en politique pour établir une fiducie sans droit de regard, dans laquelle il a placé tous ses actifs, et qu’il n’a plus accès qu’à de l’argent comptant et à ses biens immobiliers personnels. De plus, il a établi des écrans anti-conflits d’intérêts en tant que premier ministre pour ne pas intervenir dans des dossiers qui touchent Brookfield. La politologue Geneviève Tellier se demande toutefois si certains des actifs placés dans la fiducie de Mark Carney ne seraient pas liés à son passage chez Brookfield, ajoutant qu’une réponse claire à ce sujet devrait être fournie d’ici les élections fédérales du 28 avril. Dans une déclaration écrite, le député conservateur Michael Barrett critique le fait que le chef libéral n’a jamais voulu dévoiler s’il détient ou non un intérêt financier dans Brookfield. Selon les conservateurs, la réponse de Mark Carney constituait un effort de promouvoir l’énergie nucléaire et la firme Westinghouhse. En réponse aux questions de Radio-Canada, le Parti libéral a affirmé que Mark Carney dépasse les exigences légales en matière d’éthique.C’est une grande occasion
, a affirmé Mark Carney lors du débat, tout en indiquant que chaque province avait le choix d’investir ou non dans le nucléaire.petits réacteurs
modulaires, dans laquelle plusieurs firmes, dont Westinghouse (nouvelle fenêtre), sont actives, mais il a été interrompu.Une question de transparence
De nommer des entreprises directement dans un débat des chefs, alors qu’il a peut-être des intérêts dans ces entreprises ou qu’il a bénéficié de ces entreprises-là, je pense que ça soulève de grandes questions d’éthique
, dit la professeure à l’Université d’Ottawa.Je veux bien croire que la loi ne l’oblige pas, mais moralement et pour des questions de transparence, on devrait avoir plus d’informations
, ajoute Geneviève Tellier.Si Westinghouse en venait à obtenir des milliards en financement public au Canada, Mark Carney en profiterait presque assurément
, allègue le député conservateur. [Il] devrait proactivement dévoiler tous ses actifs et tous ses conflits d’intérêts avant que les Canadiens n’aillent voter. Si Carney n’a rien fait de mal et n’a rien à cacher, il ne devrait pas avoir de problème à le faire.
Il est bénéficiaire d'une fiducie sans droit de regard et ne connaît pas la composition actuelle des biens de cette dernière
, a affirmé un porte-parole du Parti libéral, Mohammad Hussain.Par définition, il ne connaît pas l'activité de la fiducie sans droit de regard, y compris les ventes ou les désinvestissements. En ce qui concerne son filtre anti-conflits d’intérêts, il a été établi de manière proactive avec les conseils du commissaire à l'éthique pour gérer tout conflit réel ou perçu qui pourrait se manifester
, a ajouté le porte-parole libéral.
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