La Fonderie Horne atteint les cibles fixées pour la qualité de l’air en 2024
La Fonderie Horne annonce avoir atteint la cible fixée avec le gouvernement du Québec en termes d’émission d’arsenic pour l’année 2024, soit pour la période entre le 16 mars 2024 et le 15 mars 2025. L’entreprise appartenant à Glencore a enregistré une concentration moyenne annuelle d’arsenic de 39,1 nanogrammes par mètre cube d’air (ng/m3) alors que la cible à atteindre en vertu de sa plus récente autorisation ministérielle était de 45 ng/m3. Il s’agit d’une baisse de 46,5 % depuis le début de l’entente avec Québec. La Fonderie Horne confirme du même coup avoir atteint les cibles fixées dans cette entente pour tous les métaux dans l’air comme le plomb, le nickel et le cadmium. L’an dernier, la concentration d'arsenic était de 45 nanogrammes par mètre cube d’air (ng/m3) entre le 16 mars 2023 et le 15 mars 2024. L’entreprise souligne que 99 % de la zone urbaine de Rouyn-Noranda avait un taux inférieur ou égal à 15 ng/m3 d’arsenic pendant la même période. À l’aréna Glencore, situé à environ 500 mètres de l’entreprise, la moyenne annuelle a été de 7,8 ng/m3. La Fonderie Horne assure faire un suivi quotidien des émissions de métaux dans l’air et dit ne pas avoir eu à ralentir ses opérations pour atteindre les cibles. La Fonderie Horne a ajouté des dépoussiéreurs à haute performance à la fin de 2023 pour tenter d’aspirer les métaux dans l’air à l’usine. Photo : Radio-Canada / Jean-Marc Belzile L’entreprise attribue cette baisse des deux dernières années à l’ajout de quatre dépoussiéreurs pour aspirer les métaux dans l’air à l’usine et à proximité, l’ajout d’un dôme pour entreposer les concentrés de cuivre et l’asphaltage de routes sur le site. La Fonderie Horne a ajouté un dôme pour entreposer le concentré et compte réaliser des ajustements en 2025 pour diminuer le transport du concentré sur le site. Photo : Radio-Canada / Jean-Marc Belzile Questionnée à savoir pourquoi ces projets n’ont pas été réalisés avant alors qu’ils ont déjà eu un impact significatif sur les émissions de l’entreprise, Marie-Élise Viger explique qu’il fallait d’abord comprendre d’où provenaient les émissions. Marie-Élise Viger est directrice environnement pour les opérations cuivre en Amérique du Nord chez Glencore. Photo : Radio-Canada / Jean-Marc Belzile Elle dit aussi que l’entreprise veut travailler dans le secteur des concentrés de cuivre en 2025. En novembre 2024, Radio-Canada révélait que le projet AERIS, tel que présenté à la population, a été abandonné par la Fonderie Horne pour une question de coûts. Il s’agissait du projet phare visant à réduire les émissions, alors évalué à près de 1 milliard de dollars. Plusieurs projets sont associés à la diminution des émissions de métaux de l'air. (Photo d'archives) Photo : Gracieuseté : Fonderie Horne La Fonderie Horne était alors à la recherche de solutions pour diminuer les émissions, mais à moindre coût. L’entreprise souhaitait arriver à réduire ses émissions à même les bâtiments existants. La direction n’a pas confirmé les informations de Radio-Canada. Marie-Élise Viger affirme que l’étude de faisabilité du projet AERIS a été déposée et que le projet est toujours en révision au siège social de Glencore. Elle ne sait pas à quel moment la décision sera prise par la multinationale. Jennifer Ricard-Turcotte, porte-parole de Mères au front de Rouyn-Noranda et leurs alliés/alliées. Photo : Radio-Canada / Jean-Marc Belzile La porte-parole de Mères au front à Rouyn-Noranda, Jennifer Ricard-Turcotte, rappelle que tous les contaminants émis par la Fonderie ne sont pas mesurés. Elle ajoute qu'en ce qui concerne le périmètre urbain, même à 15ng/m3, la cible est loin d'être atteinte. « À15 mg, ce n'est pas encore la norme. On sait que la norme de 3 nanogrammes par mètre cube est aussi un compromis parce que dès qu'on est exposé, peu importe la quantité, il y a des conséquences. Dans l'étude de caractérisation des sols menée par la direction régionale de santé publique, on sait que 50% des sols sur tout le périmètre urbain sont contaminés au-delà des normes les plus sévères au Canada », insiste Mme Ricard-Turcotte.
La semaine prochaine, une délégation de Rouyn-Noranda se rendra à Québec en lien avec le plan de valorisation de la ville. Des rencontres sont prévues avec plusieurs ministères, dont celui de l'Environnement. La mairesse Diane Dallaire. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Gabriel Poirier En attendant, la mairesse Diane Dallaire a tenu à remercier et féliciter les employés et équipes de la Fonderie. Cibles en vertu de l’autorisation ministérielle
Années Émissions d'arsenic en nanogrammes par mètre cube (ng/m3) 2023 65 ng/m3 2024 45 ng/m3 2025 45 ng/m3 2026 45 ng/m3 2027 15 ng/m3 C’est un accomplissement des efforts mis en place autant sur les projets que sur les opérations de tous les jours
, affirme Marie-Élise Viger, directrice environnement pour les opérations cuivre en Amérique du Nord chez Glencore.
On est venu aussi raccorder la cheminée de la roue de coulée et la cheminée de la baryte au système des gaz. Tous ces projets ont permis de réduire les émissions et la concentration d’arsenic dans l’air ambiant
, affirme Marie-Élise Viger.
Une fois qu’on a les sources, il faut s’assurer que l’équipement est efficace pour venir filtrer, capturer ces émissions. On a fait des essais pilotes avec certains types de médias filtrants. [...] Cette année on a appris de ces appareils-là. On a continué de les opérer et on est venu aussi faire des améliorations dans d’autres dépoussiéreurs qu’on a déjà sur le site avec ces apprentissages qu’on a faits avec les nouveaux dépoussiéreurs
, dit Marie-Élise Viger.
C’est un secteur qu’on a identifié comme étant contributif aux concentrations qu’on retrouve. On est à travailler pour comprendre les mouvements de camion qu’on a dans ce secteur. Le matériel qu’on manipule, qu’on retrouve par terre. Comment on peut venir ramasser ce matériel-là, améliorer la gestion du matériel, réduire le trafic qui pourrait réduire la poussière qui va relever
, ajoute Marie-Élise Viger.Les projets majeurs toujours en attente d’approbation

Pendant cette révision, on a quand même décidé d’aller de l’avant et de continuer l’ingénierie détaillée pour toute la partie de captation et traitement des gaz. Pour nous c’est une partie critique du projet et on ne peut pas se permettre d’attendre le retour pour continuer les travaux
, affirme-t-elle.Toujours loin de la norme, selon Mères au front

Les particules que les scientifiques jugent les plus dommageables, qui sont les particules ultrafines, elles ne sont même pas mesurées ici à Rouyn-Noranda. Et puis on mesure les concentrations dans l'air des contaminants seulement qu'une journée sur deux, c'est à dire 50 % du temps. L'autre moitié du temps, on en a aucune idée de ce qui se passe
, dit-elle, ajoutant que les 39,1 ng/m3 concernent seulement la moitié du temps.Une délégation de Rouyn-Noranda à Québec

Ils se sont investis et il y a des résultats qui convainquent que le travail a été fait
, a-t-elle commencé.C'est une étape, une belle étape de franchie, mais les travaux doivent se poursuivre pour répondre non seulement aux cibles de l'autorisation ministérielle, mais il y avait aussi la question de déposer un plan visant le 3 nanogrammes. Bref, tout ça va faire partie de la prochaine autorisation
, a-t-elle ajouté.
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