Le Nord-ouest albertain réclame plus d’écoles francophones
Le Conseil scolaire du Nord-Ouest (CSNO) cherche à répondre à la croissance de la population francophone dans le nord-ouest de l’Alberta. Sa directrice générale, Brigitte Kropielnicki, a soumis à la province, au début du mois d'avril, un plan d’immobilisations articulé autour de trois priorités : une deuxième école à Grande Prairie, un projet pilote à Slave Lake, et une étude de faisabilité à High Level. Situé à Saint-Isidore, le CSNO dessert les ayants droit à l'éducation francophone selon l'article 23 de la Charte canadienne, et il gère une école à Grande Prairie, à Peace River et à Falher, toutes allant de la prématernelle à la douzième année, avec des services de garde. Cependant, avec l’émergence de nouvelles familles francophones, les infrastructures actuelles sont insuffisantes, a indiqué Mme Kropielnicki, soulignant la nécessité d’améliorer l’accès à l’éducation en français dans ces régions. La priorité numéro un du plan est l’ouverture d’une deuxième école francophone à Grande Prairie, dans le nord de la ville. L’unique école actuelle, l’École Nouvelle Frontière, est située dans le sud-ouest, loin d’une importante concentration de familles francophones. Le Conseil appuie sa demande sur des données de Statistique Canada qui montrent une concentration importante de francophones dans le nord de Grande Prairie et dans le comté environnant. C'est prouvé que quand l'école est proche, les parents ont tendance à inscrire leurs enfants à l'école francophone, mais quand l'école est trop loin, ils choisissent les écoles anglophones près de chez eux. Selon la directrice générale, ce projet figure dans les demandes du CSNO depuis 2015, mais il n’a pas encore reçu le feu vert provincial. Elle espère une annonce La deuxième priorité du Conseil consiste à étudier l’ouverture d’un programme francophone à Slave Lake. Une tentative similaire avait été menée il y a plus de 15 ans, sans succès. À cette époque, il y avait peu de parents intéressés par l'éducation francophone, indique Mme Kropielnicki. Parmi ces rares parents, il y avait Édith Simard, qui a passé près de 10 ans à Slave Lake. Installée en Alberta il y a presque 30 ans, elle a passé une décennie à Calgary, avant de côtoyer de près la réalité des francophones hors des grands centres. Le contraste entre l’abondance des ressources francophones à Calgary et la rareté à Slave Lake l’a d'ailleurs profondément marquée. Édith Simard vit aujourd'hui à Drayton Valley, mais elle a passé près d'une dizaine d'années à Slave Lake. Photo : Radio-Canada Pour Édith Simard, la réalité du terrain s’est imposée avec force. Malgré son engagement et les efforts investis dans un projet pilote, les résultats n’ont pas permis de justifier la création d’une classe, d’une école ou même d’un centre communautaire. On ne pouvait pas prouver, à travers ce projet, que ces regroupements de francophones formaient un ensemble suffisant pour faire valoir leurs droits garantis par l'article 23, ceux des ayants droit. Sa fille Victoria a dû fréquenter un programme d’immersion, qui finira par fermer, faute d’élèves. Aujourd’hui, la croissance démographique ravive l’intérêt pour l'éducation francophone, et le CSNO dit recevoir de plus en plus d’appels de parents intéressés par cette dernière. Plutôt que de demander la construction immédiate d’une école, le CSNO propose de commencer modestement, avec un programme dans des installations temporaires ou partagées, comme cela a été fait ailleurs en Alberta. La troisième priorité du Conseil vise High Level, où la population francophone est difficile à quantifier. Une étude de faisabilité permettra de vérifier si une programmation en français pourrait y voir le jour. Même l’absence de programme d’immersion laisse la porte ouverte à une offre unique. Le travail du CSNO est un processus de longue haleine. Chaque année, les conseils scolaires de l’Alberta soumettent leur plan d’immobilisations au ministère de l’Éducation de la province. Mais les délais d’approbation peuvent être longs. Malgré les incertitudes, le CSNO avance. Le projet de modernisation de l’école Héritage, à Falher, priorisé pendant près d’une décennie, a récemment obtenu son financement; une étape encourageante pour les autres projets à venir.Une nouvelle école à Grande Prairie
le plus tôt possible
.Étendre les services à Slave Lake et à High Level
Je sortais du grand bastion des écoles francophones à Calgary, dit-elle. J’étais confiante. J’arrivais du Québec. Je n’avais jamais eu l’expérience de perdre mon français.

Ma bataille à moi, à Slave Lake, c’était d’aller à la rencontre des francophones, et j’en ai rencontré de tous les âges. Mais ce n’était jamais suffisant.
Slave Lake change; on voit de plus en plus de familles francophones s’y installer pour le travail ou autre. On veut vérifier s’il y a un réel besoin et commencer petit, avec un programme
, précise la directrice générale.On ne va pas demander une école pour 200 élèves si on a 20 inscriptions. On débute avec ce qui est réaliste et on s’ajuste.
Vision et patience
Ce n’est pas parce qu’un projet est sur papier qu’il sera financé. Parfois, il faut attendre plusieurs années. L’école des Quatre Vents, à Peace River, a attendu 12 ans
, fait remarquer la directrice générale, Brigitte Kropielnicki.
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