Rencontre avec trois visionnaires du domaine des technologies
Malgré son rôle moteur d'innovation, le secteur technologique peine à atteindre la parité. Les femmes font face à des obstacles systémiques, comme le manque de financement et la sous-représentation. Nous avons rencontré trois entrepreneuses dont les parcours résilients illustrent leur ingéniosité à transformer les défis en solutions technologiques concrètes. Bukky Wonda, fondatrice de Shirah Technologies, a puisé dans son expérience en cabinet d'immigration pour développer une plateforme qui utilise l'intelligence artificielle pour simplifier un processus souvent perçu comme complexe et stressant. Après avoir mené plus de 1000 consultations, elle a constaté à quel point l'abondance d'informations pouvait désorienter les candidats à l'immigration. Sa solution? Une application qui analyse le profil de l'utilisateur et le dirige vers le consultant approprié. Pour elle, c'est une sorte de GPS de l'immigration, qui guide les utilisateurs à travers plus de 80 voies légales d'immigration au Canada. Avec Shirah, Bukky Wonda veut devenir le GPS de l'immigration au Canada Photo : Radio-Canada / Arzouma Kompaore Face au coût élevé et à la désinformation fréquente dans le domaine de l'immigration, Bukky Wonda explique que le but est de rendre le processus plus accessible à tous. Nous voulions créer un outil qui permette aux gens de faire les choses eux-mêmes, en toute sécurité, avec un soutien si nécessaire. Comme plusieurs de ses pairs, Bukky Wonda a dû surmonter des obstacles considérables dans un secteur dominé par les hommes. Elle dénonce un phénomène en particulier : le mentorat excessif. Lourdes Juan a cofondé Knead Tech à la suite d'une expérience marquante. En 2013, en accompagnant son cousin pour récupérer des produits invendus d'une boulangerie, elle s'attendait à quelques baguettes, et elle s'est finalement retrouvée avec 100 kg de pain. Lourdes Juan, cofondatrice de Knead Tech, revient sur son expérience dans le domaine de la technologie albertaine. Photo : Radio-Canada / Arzouma Kompaore Cette prise de conscience a donné naissance à Leftovers Foundation, qui est devenu l'un des principaux organismes de récupération alimentaire du pays. Par la suite, Lourdes Kuan a cofondé Knead Tech, un logiciel de gestion logistique qu'elle surnomme Lourdes Juan, cofondatrice de Knead Tech, veut sensibiliser le monde entier au gaspillage alimentaire. Photo : Radio-Canada / Arzouma Kompaore Si, après 18 mois, l'organisme a finalement trouvé des investisseurs engagés dans l'impact social et soutenant une femme PDG, elle explique qu'elle a dû faire face à la réalité du terrain en devenant cofondatrice d'une entreprise technologique. Lever des fonds a été difficile pour l'entreprise sociale malgré les compliments, car les investisseurs semblaient peu intéressés. Les gens qui avaient les poches les plus profondes ne se souciaient pas de l'environnement, ne se souciaient pas d'apporter de la nourriture à d'autres personnes, ne se souciaient pas de la pauvreté. Et c'était vraiment, vraiment difficile. Nathalie Lessard est une pionnière dans le domaine de l'apprentissage en ligne. Elle a toujours été à l'avant-garde avec ses formations immersives. Cofondatrice d’abord de ParDeux en 2010, elle s'est spécialisée en formation immersive utilisant casques de réalité virtuelle, réalité augmentée et jeux sérieux. Ensuite, elle a cocréé U-Xpertise, un logiciel-service qui gère tout le cycle de formation, avec la conviction que la technologie doit servir la pédagogie, et non l'inverse. Nathalie Lessard, pionnière de l'apprentissage en ligne Photo : Radio-Canada / Fournie par Nathalie Lessard Nathalie Lessard milite pour un apprentissage axé sur l'expérience utilisateur, contribuant à rendre la technologie attractive et inclusive. Son approche pédagogique repose sur l'idée que l'enseignement des bases devrait s'appuyer sur la technologie, tandis que le développement de la pensée critique requiert une approche humaine. C'est une conviction qu'elle maintient fermement. Elle soutient en outre que la rareté des femmes programmeuses généralistes et la persistance du plafond de verre lorsqu'une femme souhaite lever plusieurs millions pour un projet technologique constituent un vrai problème dans le secteur des technologies. Elle souligne malgré tout l'évolution des mentalités. J'essayais vraiment d'expliquer aux gens [que] ça [ne] vient pas remplacer un professeur; ça vient l'aider justement à [focaliser], lui, sur son expertise Nathalie Lessard est l'une des pionnières de l'apprentissage en ligne depuis plus de 25 ans Photo : Radio-Canada / Fournie par Nathalie Lessard Ces trois entrepreneuses partagent des valeurs qui définissent leurs approches. Lourdes Juan privilégie la collaboration à la compétition, recommandant aux gens de s'entourer d'un conseil de mentors bienveillants et stratégiques. Bukky Wonda, elle, voit la persévérance et la réinvention comme clés du succès, considérant l'échec comme une étape plutôt qu'une forme de honte. Nathalie Lessard, pour sa part, milite pour un design plus humain dans le secteur de la technologie et considère la francophonie comme un atout pour développer des produits bilingues plus inclusifs. La francophonie, ça a toujours été un écosystème à part. Et je pense que, pour la première fois, les gens veulent créer des choses bilingues, veulent cohabiter un petit peu plus, peu importe, là, si c'est en français ou en anglais. En somme, on peut dire que ce qui unit ces trois femmes, c'est leur capacité à agir et à s'affirmer dans un milieu qui ne leur a pas toujours fait de place. Elles démontrent que l'innovation ne se limite pas aux lignes de code et aux algorithmes, mais qu'elle peut émerger d'une intuition profonde ou d'un refus d'accepter le statu quo. En créant des solutions technologiques pour des problèmes concrets, Bukky Wonda, Lourdes Juan et Nathalie Lessard vont au-delà de l'innovation; elles tracent également des voies inspirantes pour les générations futures de femmes en technologie.Bukky Wonda – Un GPS pour l'Immigration

Les femmes, surtout noires, sont souvent surmentorées, mais sous-financées
, dit-elle, estimant que les idées, c'est bien; l'argent, c'est mieux
.Lourdes Juan – L'Uber du sauvetage alimentaire

l’Uber du sauvetage alimentaire
. L’application réoriente automatiquement les dons alimentaires vers des organismes dans le besoin, offrant un système de distribution sur mesure et améliorant la logistique pour les bénévoles.
Nathalie Lessard – Pionnière de l'apprentissage en Ligne

Au début, les gens ne comprenaient pas la valeur de l'apprentissage en ligne
, relève-t-elle. 
Une vision collective de l'innovation
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