Des dépanneurs décident d’abandonner la consigne
Des dépanneurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont décidé de cesser de récupérer les canettes et les contenants de plastique, depuis l’élargissement de la consigne le 1er mars dernier. Ils manquent d’espace et de personnel pour répondre aux normes qui sont maintenant exigées. Le propriétaire du dépanneur Super Sagamie de Saint-David-de-Falardeau avait prévu un espace pour entreposer les contenants consignés, lorsqu’il a fait construire son commerce en 2023. Tout juste situé au pied des monts Valin, l’établissement reçoit un achalandage important, autant des citoyens du secteur que de villégiateurs. Boris Tremblay est propriétaire du dépanneur Super Sagamie, à Saint-David de Falardeau.
Photo : Radio-Canada / Myriam Gauthier Il pensait ainsi être prêt en prévision de l’élargissement de la consigne, mais en recevant les directives de Consignaction, cet automne, il a constaté que l’espace aménagé n’était pas suffisant. C’est qu’on n’a pas la superficie nécessaire pour reprendre obligatoirement les consignes. Donc, en partant, ça demandait des signatures de contrats, des exigences à l’extérieur du commerce. Ce qu’on avait comme bâtiment n’était pas conforme avec ce qu’ils demandent. Depuis l’élargissement de la consigne le 1er mars aux contenants de plastique de boissons de 100 millilitres à 2 litres, il a donc dû se résigner à arrêter d’offrir le service. Le personnel doit également être formé en lien avec les nouvelles règles, expose-t-il, ce qui a eu aussi un impact dans sa réflexion. Des dépanneurs ont cessé de prendre les contenants consignés depuis l’élargissement de la consigne aux contenants de plastique, le 1er mars dernier. Photo : Radio-Canada / Myriam Gauthier Les clients doivent maintenant parcourir 11 kilomètres pour aller dans la municipalité voisine afin de déposer leurs contenants consignés. Boris Tremblay n’est pas le seul dans cette situation. Emmanuel Ross-Morel, qui possède trois dépanneurs dans les secteurs de Canton-Tremblay, Arvida et Shipshaw, à Saguenay, a décidé lui aussi d’abandonner la consigne. L’espace insuffisant et le manque de personnel l’ont amené à prendre cette décision. Emmanuel Ross-Morel est propriétaire du dépanneur Maestro de Canton-Tremblay, sur la route 172. Il possède également deux autres dépanneurs, à Arvida et à Shipshaw. Photo : Radio-Canada / Myriam Gauthier L’entrepôt qu’il utilisait à l’arrière de son dépanneur Maestro, à Canton-Tremblay, pour entreposer canettes et bouteilles de plastique, n’était maintenant pas assez grand pour accueillir l’augmentation du volume prévue. Le propriétaire y entrepose maintenant des produits de son inventaire et utilise l’espace récupéré ailleurs dans le bâtiment pour aménager une boucherie. L’entreprise Récupération du Saguenay, qui ramasse les contenants consignés dans les commerces de la région et de plusieurs autres régions, constate que l’augmentation du volume a découragé certains commerçants depuis le 1er mars. Marie-Ève Bouchard est présidente de l’entreprise Récupération du Saguenay. Le volume de l’entreprise a augmenté depuis l’élargissement de la consigne le 1er mars. Photo : Radio-Canada / Myriam Gauthier Elle mentionne d’ailleurs que le volume traité par Récupération du Saguenay a augmenté, depuis le 1er mars. On constate une augmentation, par rapport à la même date l’année passée, d’au moins 30 %, puis avec les discussions que j’ai eues cette semaine, on s’attend à un autre 30 % dans les prochaines semaines. L’abandon de la consigne a également des conséquences financières pour les commerces et crée du mécontentement auprès de la clientèle. Ces machines sont utilisées pour consigner les canettes et les contenants en plastique. Photo : Radio-Canada / Myriam Gauthier Celui qui est nouvellement propriétaire de son dépanneur à Canton-Tremblay doit faire face à la colère de certains clients. Il n’a pas été possible de parler à un représentant de Consignaction, qui est responsable de la modernisation de la consigne dans la province.Quand j’avais fait bâtir le bâtiment, on avait fait un entrepôt extérieur, complètement à part, à cause des senteurs, à cause des dégâts que ça fait
, explique Boris Tremblay, en nous faisant visiter l’espace extérieur aménagé à cette fin.

Saint-Honoré a un emplacement qui est en train de s’installer de façon permanente. Parce qu’il va y avoir des emplacements temporaires, permanents, puis il y a en a d’autres qui vont être partenaires
, indique-t-il, en expliquant les différents types de lieux de consigne prévus par Consignaction.Un manque de personnel
Démêler tout ça, ça prend beaucoup de temps. C’est moi qui le faisais, ça fait que je n’avais pas vraiment le temps de démêler les consignes dans trois commerces différents. Puis il n’y a pratiquement personne qui a envie de faire ça…
lance-t-il.
Une augmentation du volume
Il y en a quelques-uns qui ont abandonné face au volume qui arrivait, indique la présidente de l’organisation, Marie-Ève Bouchard. On les comprend, on espère qu’ils ont fait le bon choix. Mais, sinon, le volume s’est transféré chez d’autres détaillants, tout près.

Des conséquences financières
C’est sûr que ça ne nous fait pas plaisir et on est conscient que ça ne fait pas plaisir à la population, souligne Boris Tremblay. Nous, les gens, quand ils venaient porter les consignes, ils repartaient avec un montant, et souvent, ils le dépensaient à l’intérieur du commerce.
Ce n’est pas une question de mauvaise volonté
, ajoute de son côté Emmanuel Ross-Morel. 
Ici, ça arrive souvent que les clients qu’on ne connaît pas beaucoup, qu’ils s’en aillent avec leur sac et soient en maudit après nous autres. Ils nous qu’ils ne reviendront plus
, partage-t-il.
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