Chiffres à l’appui, Nick Suzuki est bel et bien un centre numéro un
Tel un Perceval dans sa quête du Graal, le Canadien de Montréal a longtemps cherché le joyau élusif qui viendrait cimenter son attaque : un véritable premier joueur de centre. En Nick Suzuki, le Tricolore semble enfin l'avoir trouvé. Le capitaine de l'équipe vient de connaître la meilleure saison de sa carrière et s'est imposé non seulement comme meneur offensif des siens, mais également comme un membre de l'élite de la LNH. Suzuki a conclu le calendrier avec 30 buts et 59 mentions d'assistance, pour un total de 89 points, ce qui le place au 13e échelon dans la ligue, à égalité avec l'attaquant des Rangers de New York, Artemi Panarin. L'attaquant ontarien s'est illustré dans plusieurs facettes du jeu, démontrant qu'il peut faire profiter ses coéquipiers de savantes passes, mais aussi être un buteur prolifique. À preuve, à travers le circuit Bettman, seuls Nikita Kucherov, Nathan MacKinnon et David Pastrnak ont inscrit plus de buts et enregistré plus d'aides que Suzuki. Nick Suzuki s'est adressé à la foule du Centre Bell à l'issue du dernier match de la saison. Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis Les prouesses offensives de l'athlète de 25 ans arrivent comme un vent de fraîcheur pour Montréal, qui a connu des années de vaches maigres à l'attaque lors des 25 dernières saisons. Avant Suzuki, le dernier attaquant du Canadien à avoir inscrit au moins 80 points en une saison était Alex Kovalev, en 2007-2008, alors qu'il avait amassé 84 points. Pire encore, le Russe était le seul autre membre du CH à l'avoir fait depuis le tournant du 21e siècle. À ce chapitre, les Glorieux n'ont pas fait honneur à leur nom. Depuis la saison 2000-2001, deux équipes ont enregistré moins de saisons de 80 points ou plus que Montréal, soit les Golden Knights de Vegas (1) et le Kraken de Seattle (0). Rappelons que les Golden Knights sont dans la LNH depuis 2017, alors que le Kraken s'y est greffé en 2021. À l'opposé du spectre, le Lightning de Tampa Bay mène le bal avec 33 saisons d'au moins 80 points, suivi des Penguins de Pittsburgh (29) et de l'Avalanche du Colorado (25), toutes des équipes qui ont connu leur part de succès dans ce premier quart de siècle. Bien qu'on ne puisse pas affirmer que la corrélation soit parfaite, ça ne peut certainement pas nuire de compter année après année sur des attaquants étoiles qui produisent à un rythme effréné. Le constat est encore plus effarant lorsqu'on se penche sur les saisons d'au moins un point par match sur la même période. Sur une base d'un minimum de 60 matchs disputés, donc en excluant de facto les saisons écourtées de 2012-2013 et 2020-2021, Suzuki et Kovalev sont encore seuls sur leur île avec le Canadien. Cette fois, il n'y a que Seattle qui a fait pire avec zéro, alors que Pittsburgh trône au sommet avec 34, en grande partie grâce aux 14 saisons de Sidney Crosby. Si, comme l'ont démontré les statistiques, Montréal n'a pas joui d'une abondance de joueurs vedettes en attaque dans les dernières années, la progression de son capitaine est sans équivoque. Régulier comme une horloge, Suzuki a vu sa moyenne de points par match augmenter chaque saison depuis son arrivée chez les professionnels, pour atteindre un nouveau sommet encore une fois cette saison. Il est également passé bien près de franchir le plateau des 90 points, ce qui aurait été une première depuis Vincent Damphousse et Pierre Turgeon en 1995-1996. Si la logique se maintient, ça ne pourrait être qu'une question de temps pour le centre droitier. Si Suzuki a connu un bon début de saison, il s'est davantage illustré lors des dernières semaines. Visiblement fouetté par le fait de ne pas avoir été sélectionné pour la Confrontation des 4 nations, il a été tout simplement fumant au retour de la pause. En 26 matchs, Suzuki a récolté 37 points, ce qui lui vaut le 4e rang de toute la LNH derrière Robert Thomas (40), le prochain lauréat du trophée Art-Ross, Nikita Kucherov (39), et David Pastrnak (38). Il a donc devancé des joueurs comme Sidney Crosby, Auston Matthews et Nathan MacKinnon, pour ne nommer que ceux-là. Depuis la pause de la Confrontation des 4 nations, Nick Suzuki s'est imposé comme un des meilleurs pointeurs de la LNH. Photo : imagn images via reuters connect / Eric Bolte Pour ce faire, il a dû démontrer sa force de caractère et son leadership. À l'approche de la date limite des transactions, Suzuki a pris un moment pour discuter avec Kent Hughes et demander à ce que le groupe de joueurs demeure inchangé, ce à quoi le directeur général a rétorqué que l'équipe devait d'abord faire le travail. Suzuki a bien compris le message, inscrivant 13 points lors des cinq matchs suivants, cinq affrontements dont le Canadien est sorti victorieux. De quoi forcer l'état-major à prioriser le statu quo, un vote de confiance qui a porté ses fruits. Si Montréal est aujourd'hui dans le portrait des séries éliminatoires, c'est grandement attribuable à la production de son meneur. Reste à voir s'il pourra à nouveau porter l'équipe sur ses épaules et permettre au Canadien de causer la surprise en éliminant les Capitals de Washington au premier tour. Advenant que ce ne soit pas le cas, Suzuki pourrait tout de même ajouter l'expérience à son bagage et faire un pas de plus dans sa quête d'un Graal bien à lui.
Une progression constante

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