Les bières du Broadway introuvables hors de la Mauricie
Le contexte difficile dans le marché des bières artisanales a forcé la microbrasserie Broadway de Shawinigan de cesser la distribution de ses produits hors de la Mauricie afin de concentrer ses efforts sur des activités qui sont plus rentables.
Depuis un an, le Broadway a choisi de recentrer ses opérations à son pub de Shawinigan, et de cesser d’envoyer ses bières dans les commerces hors de la Mauricie. Selon le copropriétaire de la microbrasserie, Jean-Luc Marchand, ce changement a été motivé par un ralentissement dans les ventes de bières.
Les habitudes de consommation ont changé. Je pense que le dollar de plaisir des gens est moins accessible. Les gens vont choisir où ils mettent leur argent, vont continuer à acheter, mais vont peut-être acheter moins, consommer mieux
, a-t-il dit en entrevue à l’émission Toujours le matin.
Il affirme que les microbrasseries ont vu une fluctuation importante des recettes au cours des dernières années.
C'est difficile depuis les trois dernières années. La période de début COVID nous avait donné un élan, un gros boost. Après ça, tous les broue-pub, qui n'avaient pas le droit de distribuer avant, ont maintenant le droit. Donc on s'est retrouvés avec beaucoup plus de monde sur la même tablette
, indique-t-il.
La principale difficulté, selon lui, était qu’il devenait de plus en plus difficile d’arriver à se faire une place en épicerie.
Maintenant, on n'a pas le choix d'engager des représentants, c'est-à-dire qu'il faut débourser pour pouvoir avoir une force de vente à l'extérieur. Puis à un moment donné, on ne peut pas rentrer la bière de force dans les endroits, donc c'était de plus en plus difficile à rentabiliser, ça demandait de plus en plus d'énergie et de temps
, explique-t-il.
Le copropriétaire explique qu’il n’a pas eu le choix de changer son mode de distribution.
On a arrêté de distribuer en dehors de la Mauricie, on met tous nos efforts dans la Mauricie, il faut s'adapter, sinon on meurt tout simplement
, dit-il.
M. Marchand indique que l’équipement de production n’a pas été vendu et qu’il est possible qu’une production de bière de vue de distribution à plus grande échelle revienne éventuellement.
Le volet microbrasserie est encore là. Puis quand le marché va reprendre parce qu'on est très confiant, que le marché va finir par remonter, on va être là.
, ajoute-t-il.
La réputation locale, un argument de vente en croissance
La microbrasserie Broadway s’adapte, selon Jean-Luc Marchand, à une tendance de plus en plus forte dans le domaine des microbrasseries.
L’achat local, c'est rentré dans la tête des gens. Les gens achètent la bière qui est faite au coin de la rue, chez eux. Donc on était fort à Québec, Montréal, les grands centres, mais là, maintenant, il y a une brasserie à chaque coin de rue, donc les gens vont acheter cette bière-là
, explique-t-il.

Les bières de la microbrasserie Broadway sont maintenant offertes exclusivement en Mauricie.
Photo : Radio-Canada / Jean-François Fortier
Il n’est pas le seul à observer cette tendance dans l’industrie. Le chargé de projet de l’Association des microbrasseries du Québec, Eric Grypinich, croit que c'est dans leur communauté que les microbrasseries sont les plus fortes pour faire la promotion de leur bière.
Il faut être fort chez vous, à partir du moment que tu es fort chez vous et que tu sers bien tes consommateurs et ta communauté, tu sers les gens qui veulent en faire un petit peu plus avec ta marque, avec ta brasserie
, explique-t-il.
Il indique que le contexte économique fait en sorte que les gens ont moins tendance à aller explorer des bières méconnues lorsqu’ils achètent dans leur quotidien.
Les gens, ils ont moins d'argent, donc ce qu'ils veulent, c'est être certain que la bière qu'ils vont acheter va être bonne, qu’elle va rejoindre tout ce qu'ils veulent dans un choix de bière. C'est ça qui fait que, présentement, on a un petit peu plus de difficultés parce qu’on n'est plus dans l'exploration, mais on est plus dans des produits qui sont vraiment réguliers
, affirme-t-il.
Il indique qu'une tentative d’aller vendre sa bière au-delà d’un rayon de 50 km autour de la brasserie fait en sorte que le brasseur se retrouve au sein d'une zone où la compétition est forte et où d'autres ont pu tisser des liens avec leur communauté.
D’après une entrevue à l’émission Toujours le matin
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