Victoires politiques, mais des luttes à terminer contre le cancer
La 4e campagne électorale de Luc Berthold dans Mégantic—L'Érable—Lotbinière se termine par une éclatante victoire, même si le parcours électoral des dernières semaines a été bien différent des courses précédentes. L'élu de 59 ans a reçu un diagnostic de cancer de la prostate en février dernier. Et, il n'est pas le seul à avoir fait campagne dans ce contexte difficile. Le conservateur Jacques Gourde a reçu le même diagnostic en janvier dernier.
Malgré la maladie, les deux hommes ont sillonné leur circonscription et ont été réélus. Lundi, alors que les électeurs se rendaient aux urnes, ils ont accepté de nous parler de leurs parcours des derniers mois.

Luc Berthold aux côtés de sa femme Caroline, ses filles Marie-Soleil et Justine.
Photo : Radio-Canada / Guylaine Bussière
Il est près de 17 h, Luc Berthold arrive d'une tournée dans Lotbinière, à l'extrémité nord de sa circonscription qui a été redécoupée et dont le territoire compte plus de 7000 km2. Il est attablé à la terrasse du Choco-Latté, un bar laitier de Thetford Mines.
Sa femme Caroline Levesque et ses deux filles Marie-Soleil et Justine viennent le rejoindre pour partager les dernières heures de cette journée de scrutin. La famille est tissée serrée autour du candidat qui a fait campagne alors qu'il est en convalescence.
Je me suis fait enlever la prostate au mois de février
, dit-il, en refilant son lait frappé à l'une de ses filles.
La convalescence de Luc Berthold, qui devait durer trois mois, a été écourtée par le lancement de la campagne. Pour celui qui a été maire de Thetford pendant 7 ans avant de se lancer en politique fédérale en 2015, il n'était pas question que le cancer gagne la partie et l'empêche de se représenter.

Le conservateur Luc Berthold savoure sa victoire.
Photo : Radio-Canada
Sa passion pour la politique l'a emporté sur la maladie, même s'il a dû ralentir la cadence et penser à sa santé: J'aurais voulu en faire plus, j'ai été obligé de modérer un peu , mais pour moi c'était important quand même de montrer aux gens que j'étais là malgré les épreuves.
Parlant d'épreuves, en plus du cancer, Luc Berthold a perdu son fils en février. David, 28 ans, s'est enlevé la vie. C'est bien évidemment encore très difficile pour lui d'en parler publiquement : on est des humains comme les autres, tout ce qui arrive à tout le monde nous arrive aussi.
En traitement pendant la campagne
Il est près de 13 h , Jacques Gourde nous accueille au Resto 2000 à Lévis dans le secteur Saint-Etienne, son quartier général en ce jour d'élection.
Avec son large sourire et sa bonne humeur, personne ne peut se douter qu'il recevait son 24e traitement de radiothérapie quelques heures plus tôt. Mon dernier traitement est vendredi. Ma radiologiste m'a dit que les effets de la radiothérapie vont durer environ trois semaines, puis après ça je devrais retrouver mon énergie habituelle.

Jacques Gourde peut compter sur l'appui de sa famille.
Photo : Radio-Canada / Guylaine Bussière
Jacques Gourde a appris qu'il était atteint d'un cancer de la prostate agressif le 13 janvier, le jour de son anniversaire.
Ses traitements ont commencé avec le lancement de la campagne électorale. Il a tenu malgré tout à se représenter. Le député, qui rêve de devenir le conservateur québécois à avoir tenu le plus longtemps en poste, admet qu'il a dû faire passer sa santé avant sa campagne électorale : j'ai dû faire une campagne un peu modifiée dans le sens que j'aurais peut-être aimé rencontrer plus de gens.
Mais ses électeurs ne semblent pas inquiets de son état. De passage devant le bureau de scrutin de sa petite communauté de Saint-Narcisse-de-Beaurivage, un électeur répond avec confiance : il n'y a pas de troubles, c'est un fonceur.

Jacques Gourde a été aisément réélu dans Lévis–Lotbinière avec plus de 12 000 voix d'avance.
Photo : Radio-Canada / Guylaine Bussière
Jacques Gourde dit lui aussi faire preuve d'optimisme face à son cancer, il garantit d'ailleurs que s'il est élu il sera à Ottawa pour l'ouverture de la prochaine session.
Est-ce que la maladie rend plus humain? Il était déjà sensible aux problèmes de santé des autres, explique t-il, mais vivre soi-même avec un cancer c'est autre chose. Il y a une certaine solitude qui s'installe dans chaque individu quand tu as un cancer, tu te retrouves personnellement face à un ennemi qui t'attaque, au niveau psychologique faut être prêt à accepter ce combat, à accepter les effets secondaires.
Mais le Jacques Gourde philosophe refait vite place au Jacques Gourde combatif. En début de campagne, j'avais deux combats, l'élection et mon cancer, aujourd'hui on va régler un des deux combats, et d'ici le prochain mois on va régler le deuxième, je vais avoir eu un printemps très chargé puis haut en émotions.
La soirée lui donnera raison, il sera élu pour la septième fois avec une écrasante majorité, ce combat est donc réglé pour le moment.
22 h 10 à Thetford-Mines
Des cris de joie se font entendre, Luc Berthold remporte un quatrième mandat. Avec émotions, il remercie ceux qui lui ont fait confiance malgré une campagne où il a été moins présent. Pour son cancer, il reverra son médecin au mois de mai pour un suivi.

Le conservateur Luc Berthold savoure sa victoire.
Photo : Radio-Canada
Pour son fils, il ajoute la voix nouée par l'émotion " c'est la première victoire ou tout mon monde n'est pas avec moi, j'aimerais qu'il soit là. Puis il ajoute : je veux me servir de ce mandat là pour faire quelque chose pour les personnes comme David.
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