Une méthode de travail improvisée a causé la mort d’un travailleur d’Hydro-Québec
La Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) estime qu’une méthode de travail improvisée est à l’origine de la mort par électrocution d’un travailleur d’Hydro-Québec le 19 septembre à Val-d’Or. Cette journée-là, le travailleur et un collègue devaient raccorder des bretelles de cuivre au poste de distribution d’Hydro-Québec. Au moment d’installer la troisième pièce, le travailleur, qui était aussi chef électricien et responsable des travaux, a déplacé sa plateforme élévatrice à proximité d’une barre qui était sous tension. Peu après, un lien électrique s’est créé entre la bretelle faite de cuivre et la barre sous tension, ce qui a causé la mort du travailleur par électrocution. Dans son rapport d’enquête, la CNESST affirme que la méthode de transport et d’installation de la bretelle présentait des lacunes d’application du code de sécurité des travaux de l’employeur. Ce code prévoit qu’une distance minimale de 0,9 mètre devait être respectée entre un élément conducteur et une barre sous tension. Les deux extrémités de cette pièce, qui mesurait trois mètres, dépassaient de chaque côté de la plateforme au moment du levage, qui s’est fait à l’horizontale. Le travailleur s’affairait à déplacer une pièce d’équipement en cuivre à proximité d’une zone sous tension. Photo : Gracieuseté, CNESST Dans son rapport, la CNESST rappelle que, pour prévenir de tels accidents, il est essentiel d’élaborer des méthodes et des techniques sécuritaires, qui tiennent compte des dimensions des outils et des composantes à manipuler. La CNESST affirme que l’enquête ne vise pas à cibler un ou des coupables, mais bien à identifier des causes et des mesures de prévention. Ceci dit, le dossier demeure à l'étude pour déterminer si un constat d’infraction sera donné à Hydro-Québec. Martin Roy, inspecteur, Steve McCann, directeur de la prévention et inspection, et Vincent-Audy Lacroix, responsable des communications pour la CNESST en Abitibi-Témiscamingue.
Photo : Radio-Canada / MARC-ANDRE LANDRY La CNESST demandera par ailleurs aux syndicats concernés d’informer leurs membres des conclusions de l’enquête, en leur rappelant l’importance de respecter les distances d’approche minimales lorsque des travaux sont effectués à proximité de pièces sous tension.La technique de travail, de transport et l’installation ont été improvisées, explique l’inspecteur Martin Roy. Cette méthode a fait en sorte qu’il était impossible de respecter la distance d’approche établie par l’employeur pour respecter le code de sécurité.

Idéalement, il faut chercher à ne pas faire de travaux à proximité de pièces sous tension, ajoute l’inspecteur. Mais quand c’est impossible, les méthodes de travail doivent tenir compte des distances d’approche. Il faut aussi que les personnes en autorité exercent une surveillance constante pour que les procédures mises en place soient respectées.

On a un an pour évaluer le tout, à partir du moment de l’événement. Une décision n’a pas encore été prise
, précise Steve McCann, directeur de la prévention et inspection en Abitibi-Témiscamingue pour la CNESST.Ça nécessite une prise en charge par le milieu dans ces situations-là, ajoute M. McCann. C’est autant la responsabilité des employeurs que des travailleurs d’identifier le danger et de mettre en place les mesures de prévention.
Advertising by Adpathway









