Manifestation pour le logement social à Rimouski
Plus d’une soixantaine de personnes ont manifesté mercredi soir dans les rues de Rimouski pour demander à Québec d’investir davantage dans le logement social face aux logements locatifs trop rares ou inabordables dans la région. Des groupes communautaires solidaires du Bas-Saint-Laurent et même de Montréal ont pris part au rassemblement.
Rassemblés vers 17 h devant les bureaux de la députée de Rimouski Maïté Blanchette Vézina, les manifestants ont d’abord scandé des slogans avant d'emprunter le boulevard Jessop puis la rue Saint-Germain.
Organisée dans le cadre de la deuxième édition de la grève sociale au Bas-Saint-Laurent, cette manifestation clôt une journée de mobilisation et d’ateliers à travers la région sous la thématique Le logement, un droit!
.
Ça va mal au niveau du logement au Bas-Saint-Laurent
, affirme Cassandre Vassart-Courteau, co-coordonnatrice du Comité Logement Bas-Saint-Laurent qui organise l'événement. Les gens, ils ne déménagent plus parce qu'ils n'ont plus d'autres options. On peut imaginer qu’il y a plein de gens qui restent dans des logements insalubres, qui restent dans des relations violentes, qui restent avec des propriétaires qui les intimident quotidiennement parce qu'ils ont nulle part d’autre où aller
, s’indigne-t-elle.
Son organisme soutient que des investissements dans le logement social sont indispensables à la sortie de crise qui sévit dans la région. Pour nous, c'est vraiment important que l'on construise des coopératives, des HLM, des OBNL d'habitation qui sont basés sur le revenu des gens,
avance la co-coordonnatrice.

Cassandre Vassart-Courteau, la co-coordonnatrice du Comité Logement Bas-Saint-Laurent qui organise la manifestation, affirme que des investissements dans le logement social sont indispensables dans la région.
Photo : Radio-Canada / Raphaëlle Ainsley-Vincent
Selon elle, les locataires ont généralement davantage de contrôle sur leur milieu de vie à l'intérieur de ces modèles d’habitation. Quand c'est les gens qui vivent quelque part qui s'occupent du logement, il y a de meilleures chances que ce ne soit pas insalubre
, illustre Mme Vassart-Courteau.
Des groupes solidaires de Montréal au Bas-Saint-Laurent
Des groupes de défense des droits des locataires montréalais ont aussi participé au rassemblement.

L’organisatrice communautaire Marie-Ève d'Entremont (à gauche), qui travaille au comité logement du Plateau-Mont-Royal, a fait la route avec ses collègues pour participer à la manifestation à Rimouski et démontrer leur solidarité.
Photo : Radio-Canada / Raphaëlle Ainsley-Vincent
L’organisatrice communautaire Marie-Ève d'Entremont, qui travaille au comité logement du Plateau-Mont-Royal à Montréal, explique qu'il était important pour les employés de son organisme de se déplacer dans la région pour pour montrer leur soutien aux enjeux spécifiques locaux. Tout en reconnaissant que les réalités à Montréal et à Rimouski diffèrent, elle constate des similitudes.
Il y a des réalités que nous, on connaît depuis très longtemps : la montée de l'itinérance, des choses comme ça […]. Il faut que ce soit mis de l'avant parce qu’il faut que les mesures soient prises maintenant avant que ça atteigne des niveaux comme ceux qu'on a à Montréal ou à Québec.
Les femmes et les personnes trans : grandes victimes
En marchant avec le contingent, l’agente de développement pour la Table de concertation des groupes de femmes du Bas-Saint-Laurent, Émilie Laliberté, dont l’organisme prend part activement à la grève sociale, rappelle la précarité accrue que vivent les femmes et les personnes trans en matière de logement.
Une crise du logement, ça veut dire que les personnes qui sont victimes de violence conjugale ne peuvent pas se reloger
, mentionne-t-elle. Cette situation les expose à un risque accru de violences et de féminicide.
Ces personnes vivent aussi en général de plus faibles revenus, ajoute-t-elle, ce qui les rend moins compétitives
dans la recherche d’un appartement ou plus à même de subir des discriminations.

Émilie Laliberté, agente de développement de la Table de concertation des groupes de femmes du Bas-Saint-Laurent
Photo : Radio-Canada / Raphaëlle Ainsley-Vincent
Les logements sont tout à fait inadaptés pour le revenu, ici. Une personne qui cherche un 4 et demi à Rimouski, on a fait des recherches sur Kijiji, ça ressemble à 1200-1300 $ par mois, ce n'est vraiment pas abordable pour les femmes de la région.
La co-coordonnatrice du Comité Logement Bas-Saint-Laurent, Cassandre Vassart-Courteau, explique que la grève sociale au Bas-Saint-Laurent, en cours jusqu’au 4 mai, permet aux organismes communautaires participants de se rencontrer et de s’éduquer sur différentes thématiques touchant les droits sociaux, comme la justice pour les personnes migrantes, la défense des services sociaux et de la santé et le droit au logement.
Ces thématiques là, en fait, elles parlent toutes de la même chose, elles parlent de politique d'austérité, de politiques discriminatoires envers les personnes immigrantes, envers les personnes trans, envers même les familles qui ont de la misère à se loger.
, conclut-elle.
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