Plusieurs recrues quittent l’armée canadienne dès leur première année, selon un rapport
Si les Forces armées canadiennes ont réussi à attirer de nouveaux effectifs depuis le début de l'année 2025, les retenir reste un défi. Selon un nouveau rapport interne obtenu par CBC News, plusieurs recrues quittent la vie militaire peu de temps après leur enrôlement. Parmi les raisons évoquées par les nouveaux membres, on retrouve la difficulté à s'adapter à la vie militaire, mais aussi les longs délais de formation. Dans certains cas, les recrues doivent attendre plus de 206 jours avant d'être formées. Les ressources limitées entraînent des retards Le colonel Chris Hunt s'adresse aux soldats du 41e Groupe-brigade du Canada lors d'un entraînement en Alberta, en octobre 2024. (Photo d'archives) Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh Charlotte Duval-Lantoine, directrice des opérations de l'Institut canadien des affaires mondiales au bureau d'Ottawa, croit que le ministère de la Défense aborde la crise de manière trop linéaire – il attend de régler le problème de recrutement avant de s'attaquer au système de formation. Lors d'un point presse organisé l'hiver dernier, la cheffe d’état-major de la Défense, Jennie Carignan, a elle aussi reconnu que la formation constituait un problème. La cheffe d’état-major de la Défense, Jennie Carignan, reconnaît que le temps de formation des nouvelles recrues constitue un problème. (Photo d'archives) Photo : 2e division du Canada / Cavalier Marc-André Leclerc La générale Carignan avait affirmé que des efforts étaient faits pour améliorer la formation de base, l'étape précédant la formation professionnelle, qui est au cœur du problème de rétention. La lieutenante-générale Lise Bourgon avait pour sa part affirmé que les Forces armées canadiennes essayaient d'explorer des partenariats extérieurs avec différents établissements d'enseignement pour tenter de désengorger le système. Plusieurs nouveaux membres qui ont quitté l'armée ont énoncé que les commandants supérieurs n'ont pas les bonnes priorités. Pourtant, en 2022, l'armée dévoilait sa Stratégie de maintien des effectifs des Forces armées canadiennes, un document de 90 pages qui faisaient des recommandations pour remédier au problème de rétention. Dans le cadre de ce plan, le chef d'état-major de la Défense de l'époque, le général Wayne Eryre, a créé le Bureau de programme du maintien des effectifs. Mais voilà que le bureau a été contraint de fermer jeudi, faute de financement. Selon Mme Duval-Lantoine, il s'agit là d'un schéma classique. Avec les informations de Murray Brewster de CBC NewsLes taux d'attrition les plus élevés au sein des Forces armées canadiennes sont observés parmi les grades les plus bas et les membres les plus récents
, indique le rapport, qui souligne que, pour l'exercice 2023-2024, 9,4 % des membres nouvellement enrôlés ont démissionné, contre une moyenne de 4,3 % pour l'ensemble des forces armées.Des mois avant de recevoir leur formation
Il n'y a pas assez de formateurs, d'équipement, d'installations de formation et d'autres soutiens pour atteindre les objectifs de formation de manière efficace
, indique le rapport, rédigé en avril 2025.qui frustrent considérablement les [nouveaux] membres, qui sont souvent contraints de travailler involontairement à temps partiel pendant plusieurs mois
.
Une méthodologie à revoir
Lorsque vous attendez votre formation, votre moral peut s'effriter très rapidement, dit-elle. Nous devons vraiment changer la façon dont nous parlons de l'état actuel du personnel. Nous ne pouvons pas nous contenter de chiffres.
Il ne sert à rien de recruter si l'on ne retient pas les gens
, avait-elle alors déclaré.
Des priorités mal définies
Ses finances et son personnel ont été réaffectés pour soutenir les efforts de reconstitution des Forces armées canadiennes
, peut-on lire dans un communiqué publié jeudi soir.Depuis 2022, nous entendons dire que les questions de personnel sont une priorité pour les Forces armées canadiennes. Mais lorsque nous regardons vers le bas, nous constatons que les militaires ne joignent pas le geste à la parole
, affirme-t-elle.
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